Archives pour la catégorie Société d’hier et d’aujourd’hui

« Cendrillon du trottoir » : chronique et réflexions (par Ana Minski)

« La Belle au bois dormant a fait une overdose de tranquillisants » Bianca Cendrine Bastiani, dans son roman autobiographique Cendrillon du trottoir, publié chez JDH éditions, retrace sa descente aux enfers dans le milieu de la prostitution, de la pornographie et du BDSM (Bondage, Discipline, Sadisme et Masochisme). Le premier chapitre s’ouvre sur une violence…

« Cendrillon du trottoir » : chronique et réflexions (par Ana Minski)

Survivre au BDSM, au porno et à la prostitution, interview de Bianca Bastiani.

Autobiographie disponible sur Amazon et toutes les plateformes, chez les libraires sur commande et chez l’éditeur : https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-trottoir/ Avant Propos : Cendrine Bianca Bastiani nous a bouleversées avec son excellent roman autobiographique, Cendrillon du Trottoir. Parce qu’elle a cette capacité à traduire à l’écrit, avec beaucoup de justesse, les épisodes les plus sombres et les plus […]

Survivre au BDSM, au porno et à la prostitution, interview de Bianca Bastiani.

Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

25 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

En ce 25 novembre, je voulais vous parler d’un combat qui me tient particulièrement à coeur, la lutte contre toute forme de violence sexiste ou sexuelle. En tant qu’ancienne prostituée et ex-star de la pornographie sado-masochiste, je témoigne dans mon autobiographie « Cendrillon du trottoir » afin de porter la parole des victimes. https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-trottoir/

Les machos sont partout. La misogynie est omniprésente que ce soit dans les médias ou dans le monde du travail. Le mouvement #meetoo à pris de l’ampleur mais ce n’est pas suffisant. Il reste tant à faire encore… Les femmes ne devraient plus avoir de peur, de honte ni subir de pressions. Il faut oser dénoncer et parler. Le silence tue ! Beaucoup trop de femmes meurent encore sous les coups de leurs compagnons. C’est une véritable hécatombe. La loi du silence doit cesser.

Je jette une bouteille à la mer. Je recherche des journalistes prêts à interviewer une féministe convaincue. Les sévices et les maltraitances sexuelles, je ne connais que trop. J’aurais beaucoup à dire… N’hésitez pas à me contacter ! Je répondrai à toutes vos questions avec franchise et sincérité.

Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir »

Cendrillon du trottoir – JDH Éditions

Le destin d’une Cendrillon dans l’enfer du sadomasochisme Ce texte de Magnitudes 8, étrange et envoûtant, poétique et réaliste à la fois, ne donne pas dans le voyeurisme, ni dans le reportage,…

https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-tr

Vivre avec la bipolarité ; une lutte de tous les instants.

24 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Mon sourire n'est qu'une façade.

Mon sourire n’est qu’une façade.

Tu te couches, tu prends des médocs, cocktail bien dosé, anti-psychotique double dose et xanax. Tu rajoutes 2 CBD car t’es une ancienne fumeuse de cannabis. 1h30 du mat, tu ne dors toujours pas. Tu te lèves, tu reprends du xanax. Dans ta tête, tout se bouscule, tout se mélange. Tu sais que tu dois dormir sinon cette putain de maladie aura ta peau. 2h30, tu t’endors enfin d’un sommeil sous ordonnance. 2 heures plus tard tes troubles obsessionnels compulsifs alimentaires te réveillent. Tu te diriges en mode somnanbule vers la cuisine. Tu manges quelques carrés de chocolat. Tu te recouches. Tu te rendors avec un goût sucré dans la bouche. T’as même pas le temps de penser à tes futures carries.


Lendemain matin, t’émerges vers 9h30, t’es dans le brouillard des cachets de la veille. Tu traines sous la couette. Tu te motives. Tu te lèves péniblement. Tu ouvres les volets, tu te rinces les dents. Tu recraches plein de chocolat. Tu te maudis. Tu te dis demain, je prendrai sur moi pour ne pas craquer. Mais tu sais que tu te mens à toi-même, tu sais que le trouble alimentaire sera plus fort.

Tu vas à la cuisine, tu prépares ton petit déjeuner et ta ricoré (t’as banni le café depuis longtemps déjà). Tu avales ton thymoregulateur et d’autres médocs pour tes comorbitités. T’en as déjà marre et la journée ne fait que commencer. T’as l’impression de passer ton temps à bouffer des médocs.

Tu t’installes dans ton fauteuil électrique comme une petite mamie, tu prends ta vapote et ta dose de nicotine, tu regardes ta tablette, tes réseaux sociaux. T’es une auteure maintenant. Mais la vérité, c’est que t’es une no-life… Il est 11h, t’es encore en pyjama à parler à un mur.

Tu vas aller prendre ta douche, faire l’effort de te vêtir. Cet APM, tu vas écrire, travailler à un prochain roman ou alors tu vas glander, t’es forte pour ça. T’as pas de vie. T’es pathétique ma pauvre fille. Et demain, demain tout recommencera, la même journée, les mêmes médocs, les mêmes addictions. Chocolat, nicotine, CBD, réseaux sociaux, cachtons…

Bianca Bastiani Auteure.

CONFINEMENT ET TROUBLES PSYCHIQUES

1er Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Le trouble bipolaire

Le trouble bipolaire

En cette période de confinement, je tenais à vous parler des troubles psychiques. En effet, je souffre de bipolarité. Dans la famille Bastiani, nous avons payé un lourd tribut à la maladie mentale. Plusieurs de mes proches sont atteints de diverses pathologies. Cela va du simple TOC à la schizophrénie en passant par l’épilepsie et le TDAH.

J’ai écouté l’allocution de notre président. J’ai bien noté qu’il parlait de mesures assouplies pour les handicapés. Je n’en sais guère plus à ce sujet… Il n’a rien détaillé, rien acté. Nous restons donc dans le flou concernant notre sort. Nous sommes malades et confinés.

Le lendemain du discours présidentiel, j’ai tenté de joindre le secrétariat psychiatrique. Leur standard était saturé. Impossible de parler à quiconque. Je n’étais visiblement pas la seule à nourrir des inquiétudes concernant ces mesures liberticides tellement injustes, de surcroît pour nous les malades psychiques.

Lors du premier confinement en mars, mon traitement déjà lourd a été augmenté pour me permettre de supporter plus sereinement la situation. J’ai commencé à avoir des comportements désorganisés par exemple, me lever en pleine nuit pour dévorer du chocolat. Actuellement, j’en suis au même point, beaucoup de cachets et toujours des fringales nocturnes pour combler l’anxiété. Comment vais-je faire face à ce second confinement, moi qui suis si fragile ?

La bipolarité se caractérise par des humeurs fluctuantes s’apparentant à de véritables montagnes russes. C’est dû à une anomalie dans la chimie de notre cerveau. Nous n’y sommes pour rien, nous ne contrôlons rien. Bref, en deux mots, ce n’est pas de notre faute ! Les médicaments nous aident à réguler nos humeurs. Ça fonctionne plus ou moins bien selon le contexte de vie. Alors en confinement, privés de sorties, de loisirs, comment ne pas devenir complètement fous ? Ce n’est déjà pas évident pour les « normotypiques »… Imaginez pour nous !

Le jeudi, veille du confinement, ma meilleure amie Valérie est venue me rendre visite. Nous sommes allés nous promener dans la nature. Ensuite, nous avons bu un thé en discutant. Elle m’a dit : « Finalement, le confinement ne changera pas grand-chose pour toi. Tu ne sors pratiquement pas… » Je lui ai rétorqué que dans la vie, j’aimais avoir le choix. Il est vrai que j’ai souvent tendance à m’enfermer dans ma bulle, à me replier sur moi-même, surtout quand je ne suis pas au mieux de ma forme. Mais il suffit d’un rien pour que soudain, je ressente l’envie de sortir de ma coquille. Un rayon de soleil, le chant d’un oiseau et je décide alors d’aller en vélo au bord du lac avec un bouquin, sans me préoccuper ni l’heure ni de me munir de leur fichue attestation. Je lui ai expliqué que je ne pourrais plus me rendre à mes séances de sophrologie et de gymnastique si bénéfiques pour mon équilibre. Lorsque Valérie m’a quittée, je l’ai serré très fort contre moi en l’embrassant sur les deux joues et cela au mépris de tous les gestes barrières. Quand la révérais-je ?

Je vis seule. À part ma meilleure amie, je rencontre très peu de monde. Mes activités au sein de l’association dispensant les cours de « sophro » et de « gym » vont beaucoup me manquer. Ces rendez-vous hebdomadaires rythmaient ma vie, constituant mon unique lien social. Mes consultations médicales avec mon psychiatre et mon infirmière du CMP (centre médico-psychologique) sont très importantes pour gérer correctement ma pathologie. Lors du premier confinement, tout cela se réduisait à des appels téléphoniques. J’angoisse à l’idée de ne devoir de nouveau parler à mon psy et mon infirmière que par téléphone. Ce n’est pas pareil à un entretien dans un bureau.

Ce second confinement sera une catastrophe pour tous les malades psychiques. Les conduites à risque vont se multiplier, les pathologies s’exacerber, les addictions et les idées suicidaires deviendront monnaie courante. À terme, il y aura beaucoup d’hospitalisations. La psychiatrie est le parent pauvre du système de santé français avec un cruel manque de moyens et de soignants.

Je vais tenter de rester forte. Je vais me réfugier dans ma passion, l’écriture. Écrire pour survivre puisque désormais nous ne vivons plus. Je pense très fort à tous les malades. Je leur souhaite beaucoup de courage.

Bianca Bastiani.

VIVRE OU SURVIVRE?

31 Octobre 2020

Rédigé par Cécile Ducomte

Le Président de la République a annoncé à tous les français un nouveau confinement … Un autre confinement. Je passerai les détails des raisons qui ont exigé cette mesure, n’exerçant ni une profession dans le milieu médical, ni dans la recherche scientifique, et n’étant d’aucune compétence pour juger du bien-fondé de cette mesure de moins en moins exceptionnelle.

Mais cette fois, le confinement sera différent. En effet, il a prévu, avec l’aide de son Premier Ministre, de nous indiquer précisément ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. Ce qui doit rester ouvert, et ce qui doit être fermé. Ainsi, certains pourront sortir, mais d’autres non.

Je suis une citoyenne Lambda, habitant dans le Sud Ouest de la France, où il fait généralement bon vivre. Je suis une musicienne de passion et de métier. Nous reviendrons sur cela tout à l’heure. Intriguée par cette idée, j’ai donc entrepris des recherches sur le mot « essentiel », mot qui revient assez souvent dans les discours ces temps-ci.

J’ai donc ouvert mon bon vieux Larousse, qui trône fièrement au milieu des très nombreux romans de notre bibliothèque, aussi variée qu’elle puisse l’être avec une musicienne passionnée de nature, de fantastique, un compagnon ingénieur, passionné de manga, de science (fiction et réelle), et deux étagères entières consacrées à la littérature jeunesse, que j’affectionne particulièrement et qui a fait et continue à faire le bonheur de mes trois enfants.

Voici donc ce que j’ai lu :

Essentiel, essentielle : adjectif (du bas latin essentialis, qui a trait à l’essence).

Voilà qui est intéressant. Voici maintenant sa définition.

* Qui est indispensable pour que quelque chose existe. Exemple cité pour corroborer cette noble définition : L’air est essentiel à la vie.

* Qui est d’une grande importance ; principal, capital.

Passons maintenant aux synonymes.

* constitutif, foncier, intrinsèque, vital.

Voyons à présent les antonymes, ou contraires. Attention, accrochez-vous :

* accessoire, secondaire, superflu, inutile.

Ma parenthèse du Larousse est terminée. Place à la réflexion personnelle.

Je vais donc citer ce que je pense être essentiel à la survie des êtres humains que nous sommes. La santé, la nourriture, l’eau, avoir un toit sur la tête. Pour revenir sur ce dernier point, rappelons que les Hommes préhistoriques ont commencé à se sentir protégés dans les grottes façonnées dans les roches. A partir de ce fait capital, l’humanité a passé l’essentiel de sa vie à développer l’art, les transmissions de savoirs, s’inventer des histoires, à s’unir, et à mettre au point leurs stratégies de progrès. Les premières véritables interactions sociales durables sont nées lorsqu’ils se sont enfin sentis à l’abri. L’humanité a donc, avant toute chose, entrepris la construction d’abris de fortune, naturels ou inventés avec les moyens du bord, afin d’échapper aux grands prédateurs, comme aux petits, et aux aléas météorologiques. J’ai évoqué ce sujet dans « L’appel de Clara » qui sortira prochainement aux éditions jdh.

Chaque être a besoin d’éléments vitaux pour survivre. Nous sommes tous d’accord.

J’adresse mon admiration à l’ensemble du personnel médical, qui, malgré le manque de moyens de plus en plus flagrant, est toujours au front, donnant le meilleur de lui-même, pour nous garantir le plus important de tous les points : la santé.

Les grands magasins de distribution alimentaires seront ouverts pour assurer à la population un approvisionnement en nourriture. J’adresse d’ailleurs un énorme mot d’amour à mon fils aîné, qui suit une formation de transporteur routier, et qui, lui aussi, comme tous ses collègues, sera sur le front lors de ce mois de confinement, sur les routes en l’occurrence.

Autre point déclaré essentiel : les écoles, collèges et lycées. Certains jeunes se sont retrouvés perdus et déboussolés, au printemps, avec des cours assurés à distance, par mail, et autres moyens déployés par des enseignants qui ont assuré avec beaucoup de compétence et une énergie que nous n’imaginons même pas. Un nouveau confinement serait une catastrophe pour certains de ces jeunes qui pourraient cette fois perdre pied totalement. J’entends donc cette préoccupation du gouvernement.

Passons maintenant à ce qui n’est pas essentiel. Le superflu donc, l’inutile. Eh bien c’est simple : il s’agit de tout le reste ! L’art, la littérature, le sport, les passe-temps, les loisirs qui nous sont chers, la danse, les soirées entre amis, les liens entre les gens.

Pour moi, ce n’est pas du superflu cela. Nos anciens ont besoin de visites, de se sentir aimés, soutenus, de sentir notre main dans la leur pour leur dire que nous ne les oublions pas et que nous tenons à eux. Ils semblent être, eux aussi, les grands oubliés de ce gouvernement et des victimes collatérales de mesures censées les protéger mais qui peut les faire mourir de chagrin et de solitude.

Les artistes, aussi, sont les grands perdants de ces confinements, qui semblent vouloir devenir une « norme ».

Que serait un monde sans musique ? Sans art ? Sans sport ? Sans restaurant ? Sans détente, sans activités qui nous permettent de vivre et non juste de survivre ? Est-ce ce monde-là que vous voulez offrir à vos enfants ?

Comme le disait si justement Wagner : « On peut très bien vivre sans musique, mais moins bien. »

Je vous invite à réfléchir un instant sur cette notion d’essentiel.

Hier, dans mon jardin, j’ai observé les couleurs de la nature. Qu’elle est belle sous le soleil d’octobre ! Depuis ce matin, je contacte tous mes élèves pour assurer mes cours de piano et de flûte traversière en distanciel. Ce n’est pas amusant. Pour certains élèves, c’est dur car je ne suis pas à côté d’eux pour les encourager, j’ai du mal à les corriger dans leur posture. Je serai derrière un écran, où il est toujours plus difficile de faire passer les notions sans les montrer directement. Mais nous allons y arriver. Je ne suis pas à plaindre.

Je pense avec un énorme pincement au cœur à tous mes amis intermittents du spectacle, durement éprouvés. Je pense aussi aux « petits » magasins, non indispensables, où il fait bon déambuler, dans les centre-ville. A tous les artisans qui, à la sueur de leur front, nous offrent des produits d’une qualité et d’une beauté qui valent largement tous ces produits industriels « Made in China » remplissant les grands magasins. Je pense aussi aux restaurateurs, qui doivent encore se réinventer pour ne pas disparaître ni mettre la clé sous la porte.

Pour Noël, qui arrive à grands pas, tentons de les soutenir, ce sont nos amis, nos voisins. Tentons aussi de faire travailler l’agriculture de proximité. En France, nous avons énormément de chance de bénéficier d’une variété de produits locaux exceptionnels. Potirons, citrouilles, pomme de terre, fruits et légumes de saison, riches en vitamines, produits issus de l’amour du métier et non du sacro-saint rendement. Quand on aime, on ne compte pas.

Comprenez que la vraie résistance est pacifique. Elle passera par nos choix, nos actes, nos achats, nos pensées (ne sous-estimons pas le poids de nos pensées), et notre aspiration à vivre dans un monde meilleur, où régnera pour tous la paix, la joie, le bonheur et l’harmonie. Car cela, ce n’est pas la survie mais c’est juste … la VIE.

A nous de choisir qui nous voulons nourrir : les géants, qui sont les grands gagnants de cette nouvelle misère, ou les plus humbles qui la subissent, durement impactés par ces confinements dont ils ne sont pas forcément responsables. A nous de contrer cette pensée unique dont on veut imprégner la population, en nous indiquant ce qui est bon ou pas pour nous. Pensons par nous-même et élevons notre esprit pour renvoyer de la lumière et non de l’obscurité.

Préférez-vous seulement survivre ou bien vivre ? Préférez-vous un monde déshumanisé manipulé par quelques milliardaires avides, ou un monde où chacun trouverait son bonheur, surtout dans le vivre ensemble ?

Cécile Ducomte

Cécile Ducomte

Joyeux noël à nos enfants de 2020 à leur disparition (l’enfance malmenée par le gouvernement Macron)

31 Octobre 2020

Rédigé par Laetitia Cavagni

Joyeux noël à nos enfants de 2020 à leur disparition  (l'enfance malmenée par le gouvernement Macron)

2020 : année fantastique. Année magique. Année de tous les possibles.

Année où nos enfants, formés à la vigilance anti-attentats depuis 2015, apprennent qu’ils sont potentiellement dangereux pour leur famille désormais.

Ce jour, je lis les consignes sanitaires renforcées de la rentrée scolaire de nos collégiens.

Les élèves ne bougent plus de leur classe. Ce sont les enseignants qui se déplacent. Jusque là rien qui ne choque ma réflexion. Ensuite.

Ensuite, je subis une diatribe violente quant aux nouvelles consignes. Interdiction de se mélanger. Interdiction de découvrir l’autre. Interdiction de sortir de son cercle lors des repas ou lors des temps de pause.

Les espaces de récréation sont délimités par niveau.

Interdiction de faire lien. Interdiction de donner un sens à sa journée par nos contacts avec l’autre.

Interdiction de respirer.

Nous demandons donc à un collégien, un pré-adolescent ou un adolescent de se taire, de ne pas être en opposition, de suivre les règles. Cherchez l’erreur, Monsieur Blanquer et Monsieur Macron.

Nous n’avons pas les mêmes adolescents à la maison.

Chez moi, ces ventres à pattes s’expriment, questionnent, se cherchent et nous trouvent.

Nous punissons nos anciens par sécurité. Nous nous disons bienveillants en les isolant de ceux avec lesquels ils sont en lien. Nous les maltraitons autant que nous les préservons par ces gestes barrières. Imaginez poursuivre le peu de vie qu’il vous reste, seul. Seuls beaucoup le sont déjà.

Nous punissons nos enfants. Ecole-Dodo. Ecole-Dodo. Ecole-Dodo.

Nous, adultes, étouffons et même si notre raison se fait un chemin au cœur de notre nécessité humaine d’être libre mais et les enfants.

Quelque soit son âge, il finira par nous dire « MERDE ». aura t-il tort ?

NON. Je n’apprendrais pas à mes enfants à avoir peur de l’extérieur.

Je ne leur apprendrais pas qu’ils peuvent tuer leurs grands-parents si, un jour, ils leur font un câlin.

Nous pouvons respecter des règles tout en respectant sa propre liberté.

NON. Je ne ferais pas d’eux des schizophrènes en devenir. Ces jeunes que je côtoie professionnellement depuis quelques années.

Ceux dont mon amie, éducatrice spécialisée, s’occupent. Ils ont entre 3 ans et 6 ans.

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre et Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, vous ne déciderez pas de la vie de nos enfants. Ni dans ce présent ni pour leur avenir.

Dans vos paquets de noël, sous le sapin de l’Elysée, on ne trouverait que des maladies enveloppées de papier doré, des vaccins mortellement ennuyeux, des boîtes de jeux « que faire en cas d’attentats ? ».

de la peur, de la haine, du dégoût, de la méfiance. Attention ! La haine créé une pensée unique et non une réflexion multiple. La haine créé le nationalisme.

Je peux vous en parler. Je l’ai vécu, enfant. J’ai vu les gens mourir. J’ai vu les gens se tuer par leurs certitudes.

Dans leurs cadeaux de noël, je vais, avec amour, proposer des livres, des rires, du soleil et un bon rôti de bœuf au foie gras…tant qu’on peut encore.

Bonne route, les enfants.

Croyez en vous.

Laetitia Cavagni, écrivaine, poétesse, maman. Humaine.