Archives pour la catégorie Société d’hier et d’aujourd’hui

La femme libre sur un site de rencontre

(une tête ou un cul?)

Je tente une expérience qui m’interpelle à force d’en entendre causer par les célibataires de mon entourage.

Il y a ceux qui cherchent du sérieux. Ceux qui cherchent une discussion et de l’amitié. Et puis, il y a ceux qui cherchent une relation qu’on nomme casual.

Je veux comprendre pourquoi on ne se rencontre plus ailleurs que sur la toile. Pourquoi on ne se parle plus.

Je crée mon profil en passant par l’application Facebook Rencontres. Il y a déjà ma photo de profil (visiblement de bombasse) qui attire un nombre impressionnant de futurs prétendants si je puis les nommer ainsi.

Je ne mens sur aucune information. Il faut inscrire ce qui a de l’intérêt pour soi, si on fume et si on boit. Pourquoi ne pas demander si on se drogue ? Ha oui, et sa confession religieuse ou pas.

Évidemment, a t-on des enfants. Et les animaux ?

L’application nous dit de rajouter des photos. Allez, je m’y colle. Une sexy, la montagne, les livres.

Franchement, vais-je vraiment croire que les photos de la montagne intéressent ?

Et, je décide d’indiquer « relation casual ». Rien de sérieux.

Je ne veux pas blesser quelqu’un qui a une envie de tomber amoureux et d’être à deux.

Ce qui m’intéresse, c’est comment les hommes chassent les femmes dans ce contexte virtuel.

Parce que oui, ne nous leurrons pas, c’est de la chasse à cour.

Je ne suis pas juste. Je n’ai pas encore regardé du côté des femmes mais un homme m’avoue qu’il voit passer de nombreux faux profils féminins. Ce sont des asiatiques et elles ne cherchent clairement ni une aventure ni une relation honnête. Plutôt du cash, du flouze, du pèze.

Lui est dans une démarche sincère et pontentiellement amoureuse alors, mesdames, soyez pas des peaux de vache, bordel.

Je l’ai même rencontré loin de cette application. Il n’a jamais été question de sexe. Nous avons discuté. C’est donc en bonne voie pour une jolie amitié simple.

Je constate aussi ceci : beaucoup écrivent « amitié, discussion, relation casual, relation sérieuse. »

On est pourtant d’accord sur le fait qu’aucun de ces critères n’a le même sens. Tu veux discuter avec une pote, baiser la petite chaudasse qui passe ou te caser avec une femme bien pour toi ?

Ces différentes demandes ne donnent aucune envie de répondre positivement. Trop d’informations.

Faisons un arrêt sur image quant aux photos de profil. Je les regarde toutes. Celle du profil ne correspond malheureusement pas toujours à celles qui suivent. C’est fort dommage car être soi est pourtant ce qui fonctionne le mieux. Putain, mais on s’en fout de ceux qui jugent.

Par contre, messieurs, il y en a qui ne font aucun effort. Cessez de vous exposer avec vos supers bolides. On s’en bat les cacahuètes de ce qu’il y a sous vos capots.

Vous nous pensez réellement aussi vénales. Vous n’avez pas encore entendu parler de l’indépendance ?

Hé, j’ai un secret. Je bosse moi aussi.

Et, s’il vous plaît, un effort d’écriture que diable ! Plaire à l’autre n’est ce pas aussi démontrer que l’on peut aller plus loin plus haut ?

Naïve je suis, naïve je resterais.

Et pour moi ?

Les demandes affluent. Je supprimerais mon profil plusieurs fois pour le réactiver différemment et pourtant, les demandes ré-affluent. En montrer le plus de soi est ce qui attire.

Dernièrement, un auteur m’a appris quelque chose de juste et sensé : l’apparence prime sur le squelette de la personne.

Certains tentent et retentent. Allez savoir pourquoi alors que je dis non à plusieurs reprises. Visiblement, la notion de consentement n’est pas encore claire en virtuel.

Je me fais cette réflexion : une femme, une jolie femme de surcroît, c’est une aubaine pour ceux qui veulent tremper leur nouille. Ils pensent très sincèrement que femme libre signifie femme « open bar ».

Ho oui, vas-y Johhny fais glisser ton gourdin entre…Houla, je m’égare. Je vous prie de m’en excuser.

Indiquer « femme libre » attise l’agressivité chez certains mâles. Le refus est impossible à entendre et leur manière de s’adresser à moi est remplie de crudité. Il n’y a absolument aucune séduction ni même d’élégance. Je leur suis déjà acquise.

Il y a aussi tous ces jeunes coqs qui se pensent des hommes. Je vous relate cette conversation.

F., 25 ans, plutôt beau garçon est particulièrement direct. Je me permets de lui dire :

  • Je ne m’intéresse pas aux petits garçons. C’est certainement mon côté maternel qui ressort.
  • J’ai un diplôme supérieur et je bosse depuis longtemps maintenant.
  • Ta condition sociale et professionnelle ne font pas de toi un homme. C’est même arrogant de dire cela voire immature. Tu n’es pas encore un homme.

Et, il insiste le bougre. Il cherche une femme plus âgée pour l’expérience. J’hésite entre souffler d’agacement et rire.

Je mets fin à cette discussion stérile.

Pourtant, il refera une demande. Bref…

il y a aussi ces hommes qui s’affirment libertins et en couple libre. J’ai l’expérience du libertinage et de la liberté. Ce ne sont que des menteurs à eux-mêmes et à nous.

Ils n’ont jamais pris cette liberté mais 50 ans est arrivé soudainement. Ils veulent séduire sur la toile pour être plus discret ou se pensant plus discret.

Ils sont, malgré tout, plus subtils que leurs congénères plus jeunes.

Seront-ils vraiment capables d’assumer ces relations extra-conjugales ? Ont-ils conscience qu’ils entrent en relation avec quelqu’un qui n’est pas leur conjointe et qu’il va falloir cloisonner ces deux univers ?

Jeunes ou plus âgés, tous réclament des photos de corps nus. Je finis par demander à l’un d’eux s’il fait son marché et sa réponse est :

-je ne fais que commencer.

Que répondre à tant de délicatesse masculine.

Vous pourriez me dire qu’au fond, je sais où je mets les pieds. C’est que vous ne connaissez pas le monde libre. Il ne s’agit pas uniquement de sexe.

Les femmes et les hommes libres entretiennent aussi des relations avec ceux qui sont leurs amants et leurs amantes.

Le respect, le partage sont présents.

Le site de rencontre type « relation casual »

La relation casual est la relation occasionnelle mais pas forcément uniquement tournée vers le sexe. On peut aussi aller se balader, boire un verre, rire, voir un film et avoir de la tendresse. C’est une autre forme d’attachement et même d’amour. Cet amour n’entache en rien la relation inscrite que vous avez dans votre vie conjugale. Elle vous donne le droit, si vous tombez sur la ou les bonnes personnes, d’être qui vous êtes entièrement, pleinement et pour vous épanouir.

Ce n’est pas le coup d’un soir. On peut continuer à la nommer occasionnelle car jamais vous ne construirez un avenir ni ne vivrez ensemble.

Elle peut être belle. Parfois, elle se transforme en simple amitié.

Ce n’est pas la femme en petite tenue sur les réseaux sociaux qui expose clairement son envie. Et pourquoi pas me dire-vous ? Elle est tout aussi respectable.

La relation libre vous remplit de la différence de l’autre. Aucun n’est le même et aucun ne comble quelque chose. Le consentement est réel. Ce n’est pas jeu. C’est une relation adulte et non une tromperie.

Car oui, ce qui est moche, c’est d’être malhonnête avec celui ou celle qui a déposé toute sa confiance entre vos mains depuis si longtemps.

Soyez donc honnête et clair ou alors remontez vos petites culottes et vos caleçons.

Je n’ai pas joué avec les hommes avec lesquels j’ai discuté. J’en ai refusé la majorité pour discuter avec ceux qui me semblaient sains.

D’ailleurs Facebook, a fini par me dire « faites une pause » puisque je refusais 95% des demandes.

Cet exercice de pêche à la ligne est épuisant.

Une femme qui affirme et qui est ce qu’elle est dans la vie de tous les jours, partout, dans la rue, sur la toile n’est pas souvent considérée comme un être humain avec une tête. Désirer l’autre même sans vouloir construire quelque chose ensemble ne signifie pas être irrespectueux ni être une chienne.

Vous n’avez aucun droit de faire preuve d’autant de laideur car nous sommes libres.

Un site de rencontre n’est pas un lieu de consommation. Mais, je le croyais juste un lieu supplémentaire de rencontres.

On ne prône rien. Chacun se vit comme bon lui semble. Par contre, évitez de jouer avec celles et ceux qui ne vivent pas l’amour comme l’entend la morale sociale et religieuse.

Si vous ne pouvez assumer ce mode de vie et de pensée, laissez-nous donc en paix. À qui faisons-nous du mal ?

Ce que je crois sincèrement, c’est que vous nous jalousez ou que vous nous craignez car nous représentons tout ce qui vous frustre ou vous semble décadent.

Erreur.

La bien-pensance et la certitude sont des fléaux dans notre société.

Ma liberté m’appartient.

Je suis une bonne mère et une bonne compagne.

Tu es un bon père et un bon compagnon.

Peu m’importe le reste. Alors peu vous importe le reste.

Laetitia CAVAGNI

poétesse et écrivaine

Dis maman, c’est quoi? Mais c’est quoi être une femme?

Et tout débuta ainsi comme une discussion banale de mère et de fille mais aussi de mère et de fils.

L’un dit à l’autre qu’il a un pénis et « pas toi ». et l’autre dit à l’un « moi, je peux faire un bébé ».

Dans notre parole intra-familiale, vous n’entendrez jamais ceci «Moi, je suis un garçon. Je suis plus fort que toi. »

Cela aurait pu survenir évidemment.

Quand on est une fille, si on a les cheveux courts, on est un garçon et quand on est un garçon, porter du rose féminise. Les poupées ne se mélangent pas toujours aux voitures.

Ha et pleurer ! Pleurer n’est pas une fonction uniquement féminine. Des animaux pleurent parfois. Se posent-on la question de leur sexe ? Non, cela nous touche.

Un garçon qui pleure est apte à se défendre. Une fille qui pleure peut vous en coller quelques unes aussi.

Le pénis a, avant tout, une fonction biologique. Il ne définit pas de quoi nous serons capable. C’est donc exactement la même donne pour un vagin.

Tout milieu social, quelqu’il soit, familial, scolaire, amical, véhicule ce type de discours.

Tout lien social peut aussi, et se doit, de démonter les pensées pré-installées dans la tête des enfants.

Être une femme c’est être de chair et de sang. C’est respirer. C’est aimer et haïr. C’est réfléchir et dire. C’est se taire et penser.

C’est être comme les autres.

Être une femme, c’est ne pas attendre que l’on nous tienne une porte pour l’ouvrir. C’est l’ouvrir à soi-même et aussi aux autres.

Dis maman, c’est quoi le féminisme ? C’est que pour les filles ?

Non, le féminisme, bien que créé par les femmes, n’est pas une notion nécessaire uniquement aux femmes. C’est comme savoir réparer une roue. Y’a pas que les garçons qui ont besoin de l’apprendre.

Le féminisme, c’est être respectueux de l’autre en tant qu’être humain. C’est défendre. C’est combattre. C’est avoir et être une VOIX et une VOIE.

Le féminisme, c’est démontrer que chacune a sa place là où elle le souhaite quelques soient ses attributs physiques.

C’est exprimer clairement une égalité qui devrait être acquise et non imposée par une législation. N’y a t-il pas quelque chose d’infantilisant à devoir attendre une légifération pour signifier ses compétences et ses capacités ? Pour signifier une place due ?

Est ce à dire que sans les votes d’autres, principalement masculins, il ne nous est pas permis ou possible d’être, d’agir ?

Permission. N’est ce donc pas le but de ces lois ? Nous donner le droit de. Devons-nous être traîtées comme des criminelles ou des enfants car nous portons un vagin

et non un pénis ? « Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les reigles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faictes sans elles »

Michel de Montaigne

Essais III

Le féminisme, mon enfant, c’est ne pas patienter jusqu’à légifération de nos libértes.

C’est, avec nos convictions, nos actions personnelles à chacune, ne pas se soumettre aux bons vouloirs de la permission légale.

Et toi, qui n’est pas une fille mais un garçon, c’est porter ce message que la personne à côté de toi est une personne avant d’être une fille ou un garçon.

C’est ne pas avoir peur de proposer de lui porter son sac. On ne sait jamais si elle porte plainte pour harcèlement.

Car on l’entend si souvent cette frayeur masculine de ne plus pouvoir tenter une approche, même discrète, envers une femme.

Messieurs, je me permets cette remarque. Vous ne faites que supporter tous les à-prioris que nous subissons depuis notre naissance du fait justement de notre naissance. Alors, certes, pour nombre d’entres vous, c’est injuste. Je le reconnais. Seulement, il ne nous est guère possible de constamment séparer le bon grain de l’ivraie. Alors, un conseil, comme nous l’avons fait et le faisons toujours, ayez une VOIX et votre VOIE.

Sachez entendre. Sachez comprendre.

Nous, féministes, ne vous voulons aucun mal. Nous pouvons nous battre et même le préférons, avec vous à nos côtés. Contrairement à l’idée de certains, nous ne sommes pas des castratrices. Nous apprenons de vous comme vous avez à apprendre de nous.

Et comme dans chaque lutte humaine, la solidarité est le meilleur des boucliers.

C’est ne pas avoir peur de la laisser trouver ton chemin sur une carte qu’elle sait lire.

C’est ne pas avoir peur qu’elle prenne une place que tu considère absolument comme la tienne. C’est accepter avec moult intelligence et raison qu’une fille peut te dépasser sans te dévaloriser en tant que garçon.

En tant que parents, nous n’arrêtons pas d’apprendre des choses à nos enfants: ce qu’il faut ou ne faut pas faire, ce qui est important et ce qui l’est moins, l’image que l’on a de soi et du monde qui nous entoure. Parce que ces leçons finissent toujours par avoir un effet, aussi minime soit-il et même si on ne s’en rend pas compte, je crois qu’il est important de ne jamais perdre de vue nos propres idéaux, nos valeurs et nos objectifs, afin de montrer l’exemple.

Comme le disait si bien l’actrice Emma Watson, lors d’un discours aux Nations Unies, les discriminations ont aussi un impact sur les hommes.

Alors, nous devons lutter contre les stéréotypes, les préjugés auprès des enfants.

Nous, parents, devons ancrer les fondements du féminisme et de l’égalité des sexes à la maison afin que ces graines germent à l’extérieur. Ecoles, activités sportives et culturelles. Relations amicales et relations amoureuses.

L’idée principale du féminisme c’est l’égalité. Ce n’est pas la féminité. On s’en fout de votre sexe. On prône l’ouverture d’esprit et l’intellectualisation des situations afin de faire en sorte que notre Terre ronde ne tourne plus carré.

Le féminisme c’est aussi et malgré des avantages de vie que l’on peut avoir, continuer de se battre aux côtés de ceux qui n’ont pas les mêmes chances. Tout n’est pas acquis.

Évidemment que les hommes et les femmes ont de nombreuses différences. Nous sommes différents d’un individu à un autre.

Évidemment que physiologiquement et intellectuellement, des différences sont marquées mais pas innées d’un individu à l’autre. Un sexe ne définit pas la personne que l’on devient.

Les enfants, prenez la différence comme une chance et non une malédiction.

Découvrez les différences au lieu de tenter de les annihiler. Pourriez-vous vivre dans un monde avec un seul épisode de votre dessin-animé préféré ?

J’écris cet article assise confortablement sur mon lit, le nez sur l’écran et le bruit de la pluie battante à mes oreilles. Pendant ce temps, une cuillère mélange la soupe pour les enfants. Cette cuillère est tenue par le père de mes enfants. Mon époux.

Son statut sociaux-professionnel est largement plus élevé que le mien. Nous avons conscience, l’un comme l’autre, qu’au vu de son salaire, je pourrais ne plus travailler. Devenir un cliché ?

Mais, vous savez ce qu’il me dit lui « le fait que tu travailles, ça apporte le beurre sur nos épinards parce que sinon, ils seraient bien fades. »

Au-delà de la question financière, il y aussi l’épanouissement. Et de sa part, ce n’est pas de l’arrogance.

Un homme féministe sait qu’une femme féministe ne hait pas les hommes. Il sait, qu’avant tout, c’est dans son intimité et dans son éducation qu’il doit changer la couleur des choses.

L’égalité pour une féministe, c’est le respect dans son entièreté de l’autre quelqu’il soit dans sa liberté de vivre comme il l’entend et, non pas d’acquérir, mais d’avoir aussi, ce à quoi il a le droit de prétendre depuis sa naissance sans permission infantilisante.

Le féminisme, chez une femme ou chez un homme, c’est faire preuve de bon sens. C’est se regarder en face et reconnaître sa propre responsabilité et enfin changer.

Mais nous femmes

avons déposés les armes

pas les nôtres

les vôtres

nos attaques

ne sont pas empreintes de violences

nos frappes

ne sont pas des bombes d’indifférences (…)

A ceux qui nous pensent

des apparences

nous répondons

par nos évidences

nous écrivons

pleine de consistance

pour eux

nous débouchons nos stylos

grâce à eux

l’encre coule à flots

ailes déployées

poussez-nous dans le vide

nous n’avons jamais peur de vos haines

nous sommes déjà lointaine

article et poème de Laetitia CAVAGNI

écrivaine, poétesse et assistante sociale

journal d’une journée d’une assistante sociale

Jour 93 440 

La gestion du temps « Que de temps perdu à gagner du temps »

Hmmm ! Maudit réveil ! Va falloir que je me lève. 6H27.

Mon agenda de la journée est la première image qui apparaît dans mon esprit. Putain ! Et pourquoi pas Keanu Reeves ou, à la limite, Sean Connery du temps de « appelez-moi Bond. James Bond ».

6h30. Cher journal, j’ai réussi à me lever à 6h30. Et ce maudit agenda qui ne me lâche pas.

Il faut dire que j’ai une secrétaire qui se persuade que je peux voir six patients en, exactement, 2h30. Oui, oui. Nous les assistantes sociales pouvons accueillir un patient, l’écouter, trouver une solution et appliquer la solution en 30 minutes.

On est un sacré service après-vente. Sauf que moi, je leur dis pas « tu viens plus aux soirées ? »

Remarque, mon journal, je vais éviter.

Il y a cette patiente, vois-tu, qui est persuadée que l’on taillera la bavette dans le thé ensemble et chez elle en plus. Ben ouais et tout cela en me contant combien elle admire Dexter Morgan, le médecin légiste qui découpe des gens, et ce tueur qui défonce la gueule d’un éducateur spécialisé dans un livre qu’elle adore.

Et sinon, le thé est sucré à ???? Bref !

Mais, je ne suis pas de très bonne humeur aujourd’hui. Je réfléchis. Je pense. Comment expliquer à ma secrétaire que je ne suis pas médecin et que je ne propose pas des consultations à bobos ?

À l’école, on nous apprend la diplomatie, la reformulation et surtout pas l’attaque frontale. On n’est pas des CRS.

Sur le terrain, on apprend ceci « ni bonne, ni nonne, ni conne ».

comment osciller entre ces deux notions de survie tout en restant souriante, lisse telle une future miss France ?

  • Bonjour B. comment vas-tu ?

Je fais un effort d’approche. Elle répond qu’elle va bien, l’insolente recouverte de son poncho d’une couleur grisâtre jamais lavé. Ils sont dans le sud-ouest et ils ont toujours froids ici… Je m’égare.

Elle me sourit aussi. Je sens un agacement contracter ma mâchoire. Elle dit :

  • Est ce que tu peux appeler Madame Trucmachinchose ? Elle a laissé plusieurs messages.
  • Il y t-il une urgence à ce que je la rappelle ce jour ?
  • Pour elle oui. Entre deux rendez-vous peut-être.

L’agacement se transforme en réel énervement. Ma bouche s’ouvre.

  • Laetitia, tu viens. La réunion va commencer.

Mon regard noir se pose sur ce psychiatre aux yeux bleus délavés. Il est sacrément beau. Il est drôle. Il est intelligent. Mais, là, je vais, lui aussi le ficeler, et le foutre dans le coffre de ma voiture.

Il me sourit. OK, OK. Je rends les armes…pour le moment.

Voilà, cher journal, comment j’ai dû assumer cet agenda qui ne correspond pas à mon métier…NON ! AGENDA DE MERDE !

Ha, tu crois que cela s’est fini ainsi. Tu me connais pourtant.

Quelques heures plus tard, décidant de partir plus tôt. Rasant les murs pour que cet autre patient cesse de venir me poser la même et sempiternelle question toutes les 15 minutes (malheureusement oui), je la croise, cette malheureuse pour laquelle j’ai nombre de desseins. Hache ? Couteau ? Pelle ?

  • Pourrais-je te dire un mot ?

Je sais être polie et avenante et souriante. Mary Poppins la drogue en moins.

  • Je suis assistante sociale. Je ne recevrais plus les patients en une demi-heure chacun. Il me semble bien l’avoir déjà expliqué. C’est assez contrariant de réitérer une explication à une personne sans pathologie…apparente (la diplomatie s’est perdue en chemin). L’urgence est une vision propre à chacun, vois-tu.

Vous avez vu comme je m’exprime bien.

  • Oui mais tu comprends…blabla et blablabla.

Je n’ai pas écouté l’oeuf kinder derrière son plexiglas.

  • Alors, je vais te le dire autrement. Ne gère plus mon emploi du temps. La prochaine fois, je te l’expliquerai en te donnant les coordonnées d’un dentiste et en devant instruire une demande d’aide exceptionnelle à la sécu pour que tu bénéficies d’un dentier adapté à ta nouvelle face.

Bon, ben, elle a pas tout compris. Elle s’est offusquée. Comprend pas. On ne peut plus rien dire de nos jours. Bordel à cul.

Haaaa, ! Cher journal ! Qu’on est bien dans son lit à te raconter cette douce journée.

Ha zut ! Il faut que je me lève afin de couvrir d’une couverture chaude ma secrétaire bâillonnée dans le grand coffre de ma voiture. Je ne vais pas l’enterrer morte, que diable ! le terreau serait moins fertile pour mes futures plantations.

Pour nous, les assistantes sociales, le travail doit être minutieux…dans le temps aussi.

Et ce n’est pas ce beau gars aux yeux bleus délavés qui viendra te sauver.

Lui et moi devrons discuter, dès demain, de la pâte à tartiner à la pistache avec laquelle il a tenté de m’empoisonner.

L’été va être si agréable dans un jardin aussi bien nourri.

Bonne nuit, mon journal.

Aucun patient n’a été blessé lors de cette journée.

« Cendrillon du trottoir » : chronique et réflexions (par Ana Minski)

« La Belle au bois dormant a fait une overdose de tranquillisants » Bianca Cendrine Bastiani, dans son roman autobiographique Cendrillon du trottoir, publié chez JDH éditions, retrace sa descente aux enfers dans le milieu de la prostitution, de la pornographie et du BDSM (Bondage, Discipline, Sadisme et Masochisme). Le premier chapitre s’ouvre sur une violence…

« Cendrillon du trottoir » : chronique et réflexions (par Ana Minski)

Survivre au BDSM, au porno et à la prostitution, interview de Bianca Bastiani.

Autobiographie disponible sur Amazon et toutes les plateformes, chez les libraires sur commande et chez l’éditeur : https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-trottoir/ Avant Propos : Cendrine Bianca Bastiani nous a bouleversées avec son excellent roman autobiographique, Cendrillon du Trottoir. Parce qu’elle a cette capacité à traduire à l’écrit, avec beaucoup de justesse, les épisodes les plus sombres et les plus […]

Survivre au BDSM, au porno et à la prostitution, interview de Bianca Bastiani.

Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

25 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

En ce 25 novembre, je voulais vous parler d’un combat qui me tient particulièrement à coeur, la lutte contre toute forme de violence sexiste ou sexuelle. En tant qu’ancienne prostituée et ex-star de la pornographie sado-masochiste, je témoigne dans mon autobiographie « Cendrillon du trottoir » afin de porter la parole des victimes. https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-trottoir/

Les machos sont partout. La misogynie est omniprésente que ce soit dans les médias ou dans le monde du travail. Le mouvement #meetoo à pris de l’ampleur mais ce n’est pas suffisant. Il reste tant à faire encore… Les femmes ne devraient plus avoir de peur, de honte ni subir de pressions. Il faut oser dénoncer et parler. Le silence tue ! Beaucoup trop de femmes meurent encore sous les coups de leurs compagnons. C’est une véritable hécatombe. La loi du silence doit cesser.

Je jette une bouteille à la mer. Je recherche des journalistes prêts à interviewer une féministe convaincue. Les sévices et les maltraitances sexuelles, je ne connais que trop. J’aurais beaucoup à dire… N’hésitez pas à me contacter ! Je répondrai à toutes vos questions avec franchise et sincérité.

Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir »

Cendrillon du trottoir – JDH Éditions

Le destin d’une Cendrillon dans l’enfer du sadomasochisme Ce texte de Magnitudes 8, étrange et envoûtant, poétique et réaliste à la fois, ne donne pas dans le voyeurisme, ni dans le reportage,…

https://jdheditions.fr/produit/cendrillon-du-tr

Vivre avec la bipolarité ; une lutte de tous les instants.

24 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Mon sourire n'est qu'une façade.

Mon sourire n’est qu’une façade.

Tu te couches, tu prends des médocs, cocktail bien dosé, anti-psychotique double dose et xanax. Tu rajoutes 2 CBD car t’es une ancienne fumeuse de cannabis. 1h30 du mat, tu ne dors toujours pas. Tu te lèves, tu reprends du xanax. Dans ta tête, tout se bouscule, tout se mélange. Tu sais que tu dois dormir sinon cette putain de maladie aura ta peau. 2h30, tu t’endors enfin d’un sommeil sous ordonnance. 2 heures plus tard tes troubles obsessionnels compulsifs alimentaires te réveillent. Tu te diriges en mode somnanbule vers la cuisine. Tu manges quelques carrés de chocolat. Tu te recouches. Tu te rendors avec un goût sucré dans la bouche. T’as même pas le temps de penser à tes futures carries.


Lendemain matin, t’émerges vers 9h30, t’es dans le brouillard des cachets de la veille. Tu traines sous la couette. Tu te motives. Tu te lèves péniblement. Tu ouvres les volets, tu te rinces les dents. Tu recraches plein de chocolat. Tu te maudis. Tu te dis demain, je prendrai sur moi pour ne pas craquer. Mais tu sais que tu te mens à toi-même, tu sais que le trouble alimentaire sera plus fort.

Tu vas à la cuisine, tu prépares ton petit déjeuner et ta ricoré (t’as banni le café depuis longtemps déjà). Tu avales ton thymoregulateur et d’autres médocs pour tes comorbitités. T’en as déjà marre et la journée ne fait que commencer. T’as l’impression de passer ton temps à bouffer des médocs.

Tu t’installes dans ton fauteuil électrique comme une petite mamie, tu prends ta vapote et ta dose de nicotine, tu regardes ta tablette, tes réseaux sociaux. T’es une auteure maintenant. Mais la vérité, c’est que t’es une no-life… Il est 11h, t’es encore en pyjama à parler à un mur.

Tu vas aller prendre ta douche, faire l’effort de te vêtir. Cet APM, tu vas écrire, travailler à un prochain roman ou alors tu vas glander, t’es forte pour ça. T’as pas de vie. T’es pathétique ma pauvre fille. Et demain, demain tout recommencera, la même journée, les mêmes médocs, les mêmes addictions. Chocolat, nicotine, CBD, réseaux sociaux, cachtons…

Bianca Bastiani Auteure.

CONFINEMENT ET TROUBLES PSYCHIQUES

1er Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Le trouble bipolaire

Le trouble bipolaire

En cette période de confinement, je tenais à vous parler des troubles psychiques. En effet, je souffre de bipolarité. Dans la famille Bastiani, nous avons payé un lourd tribut à la maladie mentale. Plusieurs de mes proches sont atteints de diverses pathologies. Cela va du simple TOC à la schizophrénie en passant par l’épilepsie et le TDAH.

J’ai écouté l’allocution de notre président. J’ai bien noté qu’il parlait de mesures assouplies pour les handicapés. Je n’en sais guère plus à ce sujet… Il n’a rien détaillé, rien acté. Nous restons donc dans le flou concernant notre sort. Nous sommes malades et confinés.

Le lendemain du discours présidentiel, j’ai tenté de joindre le secrétariat psychiatrique. Leur standard était saturé. Impossible de parler à quiconque. Je n’étais visiblement pas la seule à nourrir des inquiétudes concernant ces mesures liberticides tellement injustes, de surcroît pour nous les malades psychiques.

Lors du premier confinement en mars, mon traitement déjà lourd a été augmenté pour me permettre de supporter plus sereinement la situation. J’ai commencé à avoir des comportements désorganisés par exemple, me lever en pleine nuit pour dévorer du chocolat. Actuellement, j’en suis au même point, beaucoup de cachets et toujours des fringales nocturnes pour combler l’anxiété. Comment vais-je faire face à ce second confinement, moi qui suis si fragile ?

La bipolarité se caractérise par des humeurs fluctuantes s’apparentant à de véritables montagnes russes. C’est dû à une anomalie dans la chimie de notre cerveau. Nous n’y sommes pour rien, nous ne contrôlons rien. Bref, en deux mots, ce n’est pas de notre faute ! Les médicaments nous aident à réguler nos humeurs. Ça fonctionne plus ou moins bien selon le contexte de vie. Alors en confinement, privés de sorties, de loisirs, comment ne pas devenir complètement fous ? Ce n’est déjà pas évident pour les « normotypiques »… Imaginez pour nous !

Le jeudi, veille du confinement, ma meilleure amie Valérie est venue me rendre visite. Nous sommes allés nous promener dans la nature. Ensuite, nous avons bu un thé en discutant. Elle m’a dit : « Finalement, le confinement ne changera pas grand-chose pour toi. Tu ne sors pratiquement pas… » Je lui ai rétorqué que dans la vie, j’aimais avoir le choix. Il est vrai que j’ai souvent tendance à m’enfermer dans ma bulle, à me replier sur moi-même, surtout quand je ne suis pas au mieux de ma forme. Mais il suffit d’un rien pour que soudain, je ressente l’envie de sortir de ma coquille. Un rayon de soleil, le chant d’un oiseau et je décide alors d’aller en vélo au bord du lac avec un bouquin, sans me préoccuper ni l’heure ni de me munir de leur fichue attestation. Je lui ai expliqué que je ne pourrais plus me rendre à mes séances de sophrologie et de gymnastique si bénéfiques pour mon équilibre. Lorsque Valérie m’a quittée, je l’ai serré très fort contre moi en l’embrassant sur les deux joues et cela au mépris de tous les gestes barrières. Quand la révérais-je ?

Je vis seule. À part ma meilleure amie, je rencontre très peu de monde. Mes activités au sein de l’association dispensant les cours de « sophro » et de « gym » vont beaucoup me manquer. Ces rendez-vous hebdomadaires rythmaient ma vie, constituant mon unique lien social. Mes consultations médicales avec mon psychiatre et mon infirmière du CMP (centre médico-psychologique) sont très importantes pour gérer correctement ma pathologie. Lors du premier confinement, tout cela se réduisait à des appels téléphoniques. J’angoisse à l’idée de ne devoir de nouveau parler à mon psy et mon infirmière que par téléphone. Ce n’est pas pareil à un entretien dans un bureau.

Ce second confinement sera une catastrophe pour tous les malades psychiques. Les conduites à risque vont se multiplier, les pathologies s’exacerber, les addictions et les idées suicidaires deviendront monnaie courante. À terme, il y aura beaucoup d’hospitalisations. La psychiatrie est le parent pauvre du système de santé français avec un cruel manque de moyens et de soignants.

Je vais tenter de rester forte. Je vais me réfugier dans ma passion, l’écriture. Écrire pour survivre puisque désormais nous ne vivons plus. Je pense très fort à tous les malades. Je leur souhaite beaucoup de courage.

Bianca Bastiani.

VIVRE OU SURVIVRE?

31 Octobre 2020

Rédigé par Cécile Ducomte

Le Président de la République a annoncé à tous les français un nouveau confinement … Un autre confinement. Je passerai les détails des raisons qui ont exigé cette mesure, n’exerçant ni une profession dans le milieu médical, ni dans la recherche scientifique, et n’étant d’aucune compétence pour juger du bien-fondé de cette mesure de moins en moins exceptionnelle.

Mais cette fois, le confinement sera différent. En effet, il a prévu, avec l’aide de son Premier Ministre, de nous indiquer précisément ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. Ce qui doit rester ouvert, et ce qui doit être fermé. Ainsi, certains pourront sortir, mais d’autres non.

Je suis une citoyenne Lambda, habitant dans le Sud Ouest de la France, où il fait généralement bon vivre. Je suis une musicienne de passion et de métier. Nous reviendrons sur cela tout à l’heure. Intriguée par cette idée, j’ai donc entrepris des recherches sur le mot « essentiel », mot qui revient assez souvent dans les discours ces temps-ci.

J’ai donc ouvert mon bon vieux Larousse, qui trône fièrement au milieu des très nombreux romans de notre bibliothèque, aussi variée qu’elle puisse l’être avec une musicienne passionnée de nature, de fantastique, un compagnon ingénieur, passionné de manga, de science (fiction et réelle), et deux étagères entières consacrées à la littérature jeunesse, que j’affectionne particulièrement et qui a fait et continue à faire le bonheur de mes trois enfants.

Voici donc ce que j’ai lu :

Essentiel, essentielle : adjectif (du bas latin essentialis, qui a trait à l’essence).

Voilà qui est intéressant. Voici maintenant sa définition.

* Qui est indispensable pour que quelque chose existe. Exemple cité pour corroborer cette noble définition : L’air est essentiel à la vie.

* Qui est d’une grande importance ; principal, capital.

Passons maintenant aux synonymes.

* constitutif, foncier, intrinsèque, vital.

Voyons à présent les antonymes, ou contraires. Attention, accrochez-vous :

* accessoire, secondaire, superflu, inutile.

Ma parenthèse du Larousse est terminée. Place à la réflexion personnelle.

Je vais donc citer ce que je pense être essentiel à la survie des êtres humains que nous sommes. La santé, la nourriture, l’eau, avoir un toit sur la tête. Pour revenir sur ce dernier point, rappelons que les Hommes préhistoriques ont commencé à se sentir protégés dans les grottes façonnées dans les roches. A partir de ce fait capital, l’humanité a passé l’essentiel de sa vie à développer l’art, les transmissions de savoirs, s’inventer des histoires, à s’unir, et à mettre au point leurs stratégies de progrès. Les premières véritables interactions sociales durables sont nées lorsqu’ils se sont enfin sentis à l’abri. L’humanité a donc, avant toute chose, entrepris la construction d’abris de fortune, naturels ou inventés avec les moyens du bord, afin d’échapper aux grands prédateurs, comme aux petits, et aux aléas météorologiques. J’ai évoqué ce sujet dans « L’appel de Clara » qui sortira prochainement aux éditions jdh.

Chaque être a besoin d’éléments vitaux pour survivre. Nous sommes tous d’accord.

J’adresse mon admiration à l’ensemble du personnel médical, qui, malgré le manque de moyens de plus en plus flagrant, est toujours au front, donnant le meilleur de lui-même, pour nous garantir le plus important de tous les points : la santé.

Les grands magasins de distribution alimentaires seront ouverts pour assurer à la population un approvisionnement en nourriture. J’adresse d’ailleurs un énorme mot d’amour à mon fils aîné, qui suit une formation de transporteur routier, et qui, lui aussi, comme tous ses collègues, sera sur le front lors de ce mois de confinement, sur les routes en l’occurrence.

Autre point déclaré essentiel : les écoles, collèges et lycées. Certains jeunes se sont retrouvés perdus et déboussolés, au printemps, avec des cours assurés à distance, par mail, et autres moyens déployés par des enseignants qui ont assuré avec beaucoup de compétence et une énergie que nous n’imaginons même pas. Un nouveau confinement serait une catastrophe pour certains de ces jeunes qui pourraient cette fois perdre pied totalement. J’entends donc cette préoccupation du gouvernement.

Passons maintenant à ce qui n’est pas essentiel. Le superflu donc, l’inutile. Eh bien c’est simple : il s’agit de tout le reste ! L’art, la littérature, le sport, les passe-temps, les loisirs qui nous sont chers, la danse, les soirées entre amis, les liens entre les gens.

Pour moi, ce n’est pas du superflu cela. Nos anciens ont besoin de visites, de se sentir aimés, soutenus, de sentir notre main dans la leur pour leur dire que nous ne les oublions pas et que nous tenons à eux. Ils semblent être, eux aussi, les grands oubliés de ce gouvernement et des victimes collatérales de mesures censées les protéger mais qui peut les faire mourir de chagrin et de solitude.

Les artistes, aussi, sont les grands perdants de ces confinements, qui semblent vouloir devenir une « norme ».

Que serait un monde sans musique ? Sans art ? Sans sport ? Sans restaurant ? Sans détente, sans activités qui nous permettent de vivre et non juste de survivre ? Est-ce ce monde-là que vous voulez offrir à vos enfants ?

Comme le disait si justement Wagner : « On peut très bien vivre sans musique, mais moins bien. »

Je vous invite à réfléchir un instant sur cette notion d’essentiel.

Hier, dans mon jardin, j’ai observé les couleurs de la nature. Qu’elle est belle sous le soleil d’octobre ! Depuis ce matin, je contacte tous mes élèves pour assurer mes cours de piano et de flûte traversière en distanciel. Ce n’est pas amusant. Pour certains élèves, c’est dur car je ne suis pas à côté d’eux pour les encourager, j’ai du mal à les corriger dans leur posture. Je serai derrière un écran, où il est toujours plus difficile de faire passer les notions sans les montrer directement. Mais nous allons y arriver. Je ne suis pas à plaindre.

Je pense avec un énorme pincement au cœur à tous mes amis intermittents du spectacle, durement éprouvés. Je pense aussi aux « petits » magasins, non indispensables, où il fait bon déambuler, dans les centre-ville. A tous les artisans qui, à la sueur de leur front, nous offrent des produits d’une qualité et d’une beauté qui valent largement tous ces produits industriels « Made in China » remplissant les grands magasins. Je pense aussi aux restaurateurs, qui doivent encore se réinventer pour ne pas disparaître ni mettre la clé sous la porte.

Pour Noël, qui arrive à grands pas, tentons de les soutenir, ce sont nos amis, nos voisins. Tentons aussi de faire travailler l’agriculture de proximité. En France, nous avons énormément de chance de bénéficier d’une variété de produits locaux exceptionnels. Potirons, citrouilles, pomme de terre, fruits et légumes de saison, riches en vitamines, produits issus de l’amour du métier et non du sacro-saint rendement. Quand on aime, on ne compte pas.

Comprenez que la vraie résistance est pacifique. Elle passera par nos choix, nos actes, nos achats, nos pensées (ne sous-estimons pas le poids de nos pensées), et notre aspiration à vivre dans un monde meilleur, où régnera pour tous la paix, la joie, le bonheur et l’harmonie. Car cela, ce n’est pas la survie mais c’est juste … la VIE.

A nous de choisir qui nous voulons nourrir : les géants, qui sont les grands gagnants de cette nouvelle misère, ou les plus humbles qui la subissent, durement impactés par ces confinements dont ils ne sont pas forcément responsables. A nous de contrer cette pensée unique dont on veut imprégner la population, en nous indiquant ce qui est bon ou pas pour nous. Pensons par nous-même et élevons notre esprit pour renvoyer de la lumière et non de l’obscurité.

Préférez-vous seulement survivre ou bien vivre ? Préférez-vous un monde déshumanisé manipulé par quelques milliardaires avides, ou un monde où chacun trouverait son bonheur, surtout dans le vivre ensemble ?

Cécile Ducomte

Cécile Ducomte

Joyeux noël à nos enfants de 2020 à leur disparition (l’enfance malmenée par le gouvernement Macron)

31 Octobre 2020

Rédigé par Laetitia Cavagni

Joyeux noël à nos enfants de 2020 à leur disparition  (l'enfance malmenée par le gouvernement Macron)

2020 : année fantastique. Année magique. Année de tous les possibles.

Année où nos enfants, formés à la vigilance anti-attentats depuis 2015, apprennent qu’ils sont potentiellement dangereux pour leur famille désormais.

Ce jour, je lis les consignes sanitaires renforcées de la rentrée scolaire de nos collégiens.

Les élèves ne bougent plus de leur classe. Ce sont les enseignants qui se déplacent. Jusque là rien qui ne choque ma réflexion. Ensuite.

Ensuite, je subis une diatribe violente quant aux nouvelles consignes. Interdiction de se mélanger. Interdiction de découvrir l’autre. Interdiction de sortir de son cercle lors des repas ou lors des temps de pause.

Les espaces de récréation sont délimités par niveau.

Interdiction de faire lien. Interdiction de donner un sens à sa journée par nos contacts avec l’autre.

Interdiction de respirer.

Nous demandons donc à un collégien, un pré-adolescent ou un adolescent de se taire, de ne pas être en opposition, de suivre les règles. Cherchez l’erreur, Monsieur Blanquer et Monsieur Macron.

Nous n’avons pas les mêmes adolescents à la maison.

Chez moi, ces ventres à pattes s’expriment, questionnent, se cherchent et nous trouvent.

Nous punissons nos anciens par sécurité. Nous nous disons bienveillants en les isolant de ceux avec lesquels ils sont en lien. Nous les maltraitons autant que nous les préservons par ces gestes barrières. Imaginez poursuivre le peu de vie qu’il vous reste, seul. Seuls beaucoup le sont déjà.

Nous punissons nos enfants. Ecole-Dodo. Ecole-Dodo. Ecole-Dodo.

Nous, adultes, étouffons et même si notre raison se fait un chemin au cœur de notre nécessité humaine d’être libre mais et les enfants.

Quelque soit son âge, il finira par nous dire « MERDE ». aura t-il tort ?

NON. Je n’apprendrais pas à mes enfants à avoir peur de l’extérieur.

Je ne leur apprendrais pas qu’ils peuvent tuer leurs grands-parents si, un jour, ils leur font un câlin.

Nous pouvons respecter des règles tout en respectant sa propre liberté.

NON. Je ne ferais pas d’eux des schizophrènes en devenir. Ces jeunes que je côtoie professionnellement depuis quelques années.

Ceux dont mon amie, éducatrice spécialisée, s’occupent. Ils ont entre 3 ans et 6 ans.

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre et Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, vous ne déciderez pas de la vie de nos enfants. Ni dans ce présent ni pour leur avenir.

Dans vos paquets de noël, sous le sapin de l’Elysée, on ne trouverait que des maladies enveloppées de papier doré, des vaccins mortellement ennuyeux, des boîtes de jeux « que faire en cas d’attentats ? ».

de la peur, de la haine, du dégoût, de la méfiance. Attention ! La haine créé une pensée unique et non une réflexion multiple. La haine créé le nationalisme.

Je peux vous en parler. Je l’ai vécu, enfant. J’ai vu les gens mourir. J’ai vu les gens se tuer par leurs certitudes.

Dans leurs cadeaux de noël, je vais, avec amour, proposer des livres, des rires, du soleil et un bon rôti de bœuf au foie gras…tant qu’on peut encore.

Bonne route, les enfants.

Croyez en vous.

Laetitia Cavagni, écrivaine, poétesse, maman. Humaine.