Archives pour la catégorie Poésie

Elle en il

Je suis une fille par erreur
Il faut que je porte des soutifs
Alors que je veux qu’on me coupe les tifs

Je veux qu’on me regarde avec peur
Mais il faut que je sois douce
Que je sente bon la vanille en mousse

Je veux aimer une femme
En toute virilité
Sans cette féminité
À l’intérieur je suis vacarme

Laissez-moi donc vivre
Laissez-moi donc me choisir
Laissez-moi me choisir

Je ne suis pas un Pierre
Un Paul ou un Jacques
Il faut que je fasse mes prières
Que je ne fasse aucun drame

Je suis un futur ventre
Une grotte un antre
Mais moi je veux pas qu’on y entre

Je veux pas de vos hormones en X
Je veux du Y
Je veux pas d’hymen

Je veux plaire aux filles
Avec mes muscles et mes abdos
Même si je suis pas très beau

Je veux leur offrir des fleurs et des clichés
Peut-être que je serais démodée
Mais je les aimerais
Comme je voudrais qu’on m’aime

Je les aimerais
Car je saurais ce que sait
Lorsque le corps saigne
Que ça peut faire de moi une teigne
Ces cycles douloureux
Ces symptômes affreux

Je veux alourdir mes mains
Je veux le poil dru
Être chauve ou chevelu
Je veux gommer mes seins

Je deviens une femme
Voilà bien tout mon drame
Je suis une princesse
Je suis ce prince qu’on évince

Je n’ai pas de robustesse
Alors j’essaie
Je m’esquinte
Alors j’essaie

Cette silhouette je l’éreinte
Je veux pas qu’on l’étreigne
Je veux pas qu’on la retienne
Je veux qu’elle s’éteigne

Le temps a passé
Je n’ai jamais osé
Je suis restée elle
Alors que je voulais être il

On m’avait élevé en elle
Sans une porte en il
J’ai pas réussi à me faire la belle
J’étais jamais dans le mile

J’ai refusé qu’on me remplisse
J’attendais que ça se finisse
J’suis devenue la vieille dame
Voilà bien tout mon drame

Laissez-moi donc vivre
Laissez-moi donc me choisir
Laissez-moi me choisir

Je suis pas un Pierre
Un Paul ou un Jacques
Il faut que je fasse mes prières
Et je n’ai fait aucun drame

                                                30.05.2021

Laetitiacavagni@copyrighttousdroitsreserves2021

Lettre à Lionel

19 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani et publié depuis Overblog

Illustration de Dasha Friedlova artiste.

Illustration de Dasha Friedlova artiste.

Lionel, j’aurais voulu t’écrire le plus beau des poèmes.

J’aurais voulu te dire le plus merveilleux des « je t’aime ».

Cependant, tu ne m’as donné que haine.

Tu m’as offert la violence et les coups.

Fallait-il que tu sois fou ?

Pourtant je t’ai aimé jusqu’au bout.

Alors, je t’ai écrit « Cendrillon du trottoir ».

Lionel, je t’ai vomi dans le noir.

Je t’ai haï du fond de mon désespoir.

Je fus ta Cendrillon, ton objet, ton jouet.

Lionel, tu m’as prostituée.

Pauvre poupée, tu m’as désarticulée.

De t’avoir trop aimée, je fus coupable

De tant d’actions inavouables.

« Cendrillon du trottoir » n’est pas une fable.

C’est la réalité, notre vérité scandaleuse,

Mon existence entre tes mains scabreuses.

Je fus ta putain, ta salope, ta gagneuse.

J’ai ravalé mes larmes.

Entre tes mains, j’ai vécu trop de drames

Pour avoir succombé à ton charme.

Lionel, je ne te dirai plus « je t’aime ».

Plus jamais je ne t’écrirai de poèmes.

Sache cependant que je n’ai plus de haine.

 Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir »

Cendrillon du trottoir – JDH Éditions

Le destin d’une Cendrillon dans l’enfer du sadomasochisme Ce texte de Magnitudes 8, étrange et envoûtant, poétique et réaliste à la fois, ne donne pas dans le voyeurisme, ni dans le reportage,…

Amour impossible

16 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

Illustration de Dasha Friedlova artiste.

Illustration de Dasha Friedlova artiste.

Pour commencer, j’ai l’intention de raconter mon amour perdu dans le lointain, mon amour impossible dont les effluves aujourd’hui encore me bouleversent et font mon cœur chavirer comme au large les navires.
Naguère j’étais fille de joie, mais joyeuse, je ne l’étais guère.
Mes yeux pleuraient de honte et un soir, tu m’as tendu la main alors que je marchais sur le fil du rasoir, fragile acrobate des bas fonds.
J’étais une de ces fleurs de trottoir qui se fanent sur le bitume, mais dans ton regard je me suis vue princesse.
Les autres n’en voulaient qu’à mes fesses…
Dans tes caresses, j’étais si belle.
Mais on n’échappe pas à son destin surtout s’il est aux mains d’un vilain.
Faute de dignité où me draper, j’ai revêtu ma mini-jupe de cuir pour jouer la poule aux œufs d’or.
Quand tu n’étais pas là, je criais, mais en vain, personne ne m’entendait.
Les cris de désespoir restent muets quand on vit au ras des pâquerettes.
Et puis je t’ai perdu parce que le jour ne peut épouser la nuit…
Alors pendant un moment, de battre mon cœur s’est arrêté.

Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir ».

Cendrillon du trottoir – JDH Éditions

Le destin d’une Cendrillon dans l’enfer du sadomasochisme Ce texte de Magnitudes 8, étrange et envoûtant, poétique et réaliste à la fois, ne donne pas dans le voyeurisme, ni dans le reportage,…