Archives pour la catégorie Littéraire en vrac

Christophe Cazenove ou l’homme qui croque le monde des enfants

                                  Les mots de la bande-dessinée

En quelques mots de son enfance à aujourd’hui…

Loin d’une coquetterie inutile, Christophe Cazenove avoue son bel âge presque avancé de 51 ans lorsqu’on lui demande de se présenter. Celui où l’on entre dans la catégorie des séniors mais où il est encore possible de mâchouiller des malabars car on a toujours toutes ses dents.

Simplicité abordable et non feinte sont les mots qui nous viennent à l’esprit en le croisant, non par hasard, à une séance de dédicace pour la BD Les Sisters et Les Petits Mythos. Le cynisme ne passera pas par cet auteur à succès.

« Pour moi, le meilleur moyen de garder les pieds sur Terre est de ne jamais perdre de vue l’essentiel, le lecteur (…) car si j’arrive à vivre de mon travail c’est bien grâce à lui. »

Arrivé sur notre planète directement à Martigues (avec des histoires et des couleurs dans son bagage ?), il se plonge dans la lecture enfantine et magique de sa maman : le journal de Mickey. Les bande-dessinées ne seront pas loin de son regard. Lucky Luke, Boule et Bill, Les petits hommes… et tant d’autres œuvres littéraires rencontrées durant notre enfance.

Il est sage, naïf. Il vit dans un univers entouré de livres et de jeux qu’il crée sans se faire trop de copains. Sa timidité rêveuse se fera plus discrète afin qu’un lien se tisse avec ses lecteurs. « Je peux m’adresser aux autres avec un masque social d’auteur de BD. »

Le masque est peut-être efficace mais il ne cache pas cette douceur et cette gentillesse avec lesquelles il aborde de jeunes fans (ou moins jeunes) parfois eux-mêmes intimidés. Il prend le temps de les écouter et de leur répondre.

Enfant, il tente de comprendre ce mystère de réussir à « raconter une histoire grâce à de simples dessins. »

Adulte, il sera celui qui créera ce mystère et deviendra alors un raconteur d’histoires à bulles.

Il dessinouille comme il dit mais il écrit surtout. Il scénarise. Il joue avec l’enfance tout en comprenant le sérieux de leur univers. Qui ça ? Ceux qui créent des règles incompréhensibles et s’embellissent la vie. Ceux qui ne rient pas alors que nous le ferions.

Ces petits êtres qui comprennent bien mieux que nous où l’on va mais surtout où l’on ne devrait pas aller. Les biens nommés : les enfants.

Il se raconte un peu au détour, d’une phrase, on apprend qu’il s’était fixé un délai pour faire taire son souhait d’être publié. Il a l’audace et le courage de combattre cette rigidité et peut-être ce découragement pour écouter juste un message sur son répondeur. OUF ! Le destin a décidé autre chose pour lui. La maison d’édition BAMBOO s’intéresse à lui. Il quitte les rayons froids pour les crayons chauds.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Cazenove

Dis Christophe, écrire des BD, c’est sérieux ou c’est pas sérieux ?

(la question qui fâche)

Y’a une dame là qui s’appelle Natacha Polony et la dame, elle a dit que l’on ne pouvait pas entrer dans la lecture par la bande-dessinée. Cela ne créerait pas d’images mentales et ne permettrait pas une culture littéraire.

Donc, je pars du postulat que, selon cette dame, la bande-dessinée n’est pas de la littérature. Alors qu’est-ce donc ?

Une bande-dessinée n’est pas un livre » article de Thierry Groesteen du blog neuf et demi http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?article289

Ça a bien une couverture, un quatrième de couverture et des pages reliées. Y’a des images, certes mais y’a aussi des mots.

Et, un livre de Haïkus, est-ce de la littérature ? Des mots, des dessins. Tout presque pareil.

Pourtant, le premier pas d’un enfant dans la lecture est jonché d’images et non de mots.

Que penseraient donc Man Ray et Paul Eluard de leur livre « Les mains libres » ? Poésies et dessins s’y côtoient.

J’dis ça, j’dis rien.

Christophe Cazenove ne se moque pas de l’enfance ou de l’adolescence. Il l’observe. Il s’en inspire. Il a compris que les enfants sont des êtres sérieux. Il m’apprend aussi que ces petits ont un souci pointilleux, au cordeau, du détail dans le dessin. Ils remarquent l’assiette non mangée. La tasse toujours pleine. Et cela tout en comprenant le second degré de l’histoire.

Ils captent le fil rouge entre la bulle et le dessin.

Il est, comme nombre d’auteurs en littérature, « un adulte qui n’est rien d’autre qu’un enfant plus âgé que les autres. »

Je me suis intéressée à l’entrée dans la lecture des enfants. Natacha Polony, que l’on ne présente pas, la dame aux cheveux oranges soulève deux points : la BD n’est pas de la littérature et la BD rend l’entrée dans la lecture médiocre voire peut abêtir les enfants.

Grâce à une amie éducatrice spécialisée auprès de jeunes enfants handicapés psychiquement, je lis et tente de déchiffrer un article sur la symbolisation mentale. « De la symbolisation primaire à la symbolisation secondaire » Bernard Golse, cairn.info.

Je comprends que la présence et l’absence de l’objet ont une importance dans l’apprentissage notamment dans les premières années. En fait, c’est l’atmosphère émotionnelle de la rencontre qui produit une inscription psychique.

Si la découverte ou l’apprentissage se font dans un moment d’anxiété ou sans interaction, la symbolisation ne se fera pas correctement.

L’apprentissage des mots passent par l’image et ensuite par le mot. L’enfant aura fait un lien entre ce qu’il a connu et rangé dans un tiroir de sa jolie tête grâce à ce qu’il aura vu, touché, goûté etc…

Madame Polony, cela n’empêchera pas d’apprécier de grands auteurs français comme Victor Hugo ou Fedor Dostoievski (je parle pour moi qui fut d’une lenteur d’apprentissage exceptionnelle).

Et si la question était plutôt : Pourquoi ne réussit-on pas à transporter un enfant à travers les histoires des Rougon-Macquart ou de Madame Bovary ?

Peut-être parce que nous en faisons une étude de cas, de texte et non une aventure, une vision de la vie d’autres ou même de tenter de créer un lien entre l’histoire et le lecteur.

C’est finalement ce que réussissent Christophe Cazenove et les dessinateurs qui l’accompagnent.

Le décor est déjà posé. On me le représente mais en-dehors de la bulle, il y a le reste à imaginer. Ce chemin qui ne se poursuit pas. Cette discussion qui ne semble pas terminée.

Comment le personnage va se sortir d’une situation embarrassante ?

Vont-ils se revoir ?

Comme dans un livre sans images.

Il nous faut enfin sortir de l’élitisme littéraire à la française.

J’ai appris à lire grâce à Marcel Pagnol. J’ai appris à aimer les questions grâce à Mafalda et à accepter avec elle, l’absurdité de l’humanité. J’ai appris à rire de l’adulte avec Calvin et Hobbes.

Comme disait Jean Cocteau « Un général ne se rend jamais, même à l’évidence ». Dommage. Vous fermez une porte aux enfants. Celle de la première mentalisation.

La BD, lors de salons du livre, n’est pas toujours mise au premier plan. Nous leur préférons les grands noms de la littérature actuelle à ce qui nous fait du bien rapidement.

Allez flâner dans les librairies et comptez le nombre d’adultes dans ce rayon. La BD est ouverte à tout type d’écriture. Elle ne cloisonne pas.

Il en faut bien du talent pour réussir à intéresser en se permettant d’apporter un univers déjà peint. Et puis, zut, si cela détourne aussi de cet écran plat qui appauvrit l’imaginaire, peu importe le support, non ?

La naissance d’une BD

Il était une fois une discussion entre un scénariste et un dessinateur (ou entre lui et lui-même).

Il y a l’histoire d’abord puis le dessin. Le scénario voyage du scénariste au dessinateur. Il traverse ce pont à de multiples reprises.

« Je n’attends pas d’un dessinateur qu’il illustre simplement l’histoire mais qu’il lui donne corps, qu’il lui insuffle la vie, du rythme… »

C’est ce travail d’équipe qui permet à l’histoire de s’incarner. Le scénario est un squelette à réveiller. Le scénariste interpelle le dessinateur et ce dessinateur rend vivant ce squelette.

Christophe Cazenove m’apprend ce qu’est l’encrage : ce moment où le dessinateur passe du crayonnage à l’encre. Le trait est alors définitif.

D’autres professionnels ont une importance dans cette création. Le coloriste. L’imprimeur. L’éditeur.

Coloriste ? c’est-à-dire ? « La couleur, ce n’est pas juste mettre du rouge ici et du bleu là-bas, il s’agit de créer des ambiances afin de renforcer l’immersion du lecteur dans les pages dessinées. »

Un lien qui aboutit à une œuvre que l’on veut lire après 6 à 8 mois de travail en moyenne. Tout pareil qu’un livre sans images.

Car le travail est réel. C’est sérieux la construction d’une BD. Il y a aussi ce qui se déroule entre la première case et la dernière case. L’habillage avec les jeux de mots. Ecrire pour celui qui va dessiner. Se creuser la tête pour le faire rire. Et surtout, oui surtout, écouter ce qui se trame autour de soi afin de s’en inspirer.

Et donc, ne jamais perdre le fil avec l’imaginaire des enfants. Leur monde tourne vite. Il change et se transforme en en éclair.

Bamboo, la maison d’édition de Christophe Cazenove est fondée par Olivier Sulpice en 1997. L’idée germe en 1991 suite à sa rencontre avec le dessinateur Henri Jenfèvre. Ils se lient d’amitié et se lancent ensemble dans la publicité en proposant des illustrations.

Ils prennent le temps. Ils se font connaître, alimentent leur réseau.

Cette maison d’édition est le rêve d’un ado qui lit Franquin et Gotlib, qui aime fluide glacial et le potache. Il n’apprend pas sur les bancs de l’école mais par des rencontres.

La BD d’humour est leur sceau principal mais Olivier Sulpice balaiera le spectre de la BD avec d’autres collections comme la fantasy, le manga, le réaliste.

Des BD à la réalisation de dessins-animés. Des BD aux produits dérivés. Des BD au cinéma.

La maison d’édition assoit une place mais sait garder ses auteurs. Elle les suit. Elle échange. Elle les défend et défend leur création. Ce basique d’un travail d’éditeur qui manque à certaines maisons d’édition ou même l’auteur est un produit.

Cela ne semble pas la ligne directrice de Bamboo.

Les BD de cet enfant scénariste

Je me suis présentée à lui, moi-même, quelque peu intimidée mais avec cette promesse faite à une Emma de 9 ans. Oui, j’irais faire dédicacer ta Sisters.

Voilà, c’est fait.

Il ne le sait pas mais il lui a offert un petit bonheur. Alors, évidemment, Emma est une enfant. Elle est passée à autre chose en deux minutes chrono.

Mais, elle passe parfois derrière moi et lit ce que j’écris des fois que « t’écrives n’importe quoi » sur les Sisters.

Christophe Cazenove, c’est aussi Les Petits Mythos, du Boule et Bill, Les gendarmes, les pompiers, foot maniacs, Mes cops, Les amies de papier, Les insectes en BD, Tizombi… et il ne s’arrêtera sûrement pas à celles citées car il y en d’autres passées et à venir.

https://www.bamboo.fr/scenariste-christophe-cazenove-18.html

Le mot de la fin aux enfants

« heu que j’adore vos histoires. J’espère que le dernier tome va sortir vite. »

« c’est drôle quand Marine comprend pas quelque chose et qu’elle fait autre chose à la place. »

« c’est tout, j’arrive spaghettis Lili »

Ha si, lorsque vous croiserez Christophe Cazenove, n’hésitez pas à lui offrir du chocolat mais pas sûr alors qu’il soit encore à votre écoute alors…à vos risques et périls 🙂

                                                                            Laetitia CAVAGNI

                                                                            Poétesse et écrivaine

Salon du livre virtuel À PLUMES D’ELLES: la ROMANCE

Bonjour lecteurs et lectrices,
D’ici quelques jours, nous ouvrirons un nouveau bal littéraire virtuel sur le salon à plumes d’elles : celui de la ROMANCE.
Elle sera belle, sombre, aventureuse, fantastique et tant d’autres qualités.
Venez donc à la rencontre d’auteures et auteurs de romance afin d’égayer cet été à venir. Stand, jeux, gourmandises et rebondissements.
Plage, montagne Ou ville.
Découvrir est un désir de tous les instants.
Lire est un plaisir qui se transporte partout.
Nous accueillons nos premiers auteures et auteurs.
D’autres sont à venir derrière notre rideau…
N’hésitez pas à vous abonner sur la page Facebook.

L’équipe À PLUMES D’ELLES 🖤❤

Mémoires de déesse – Philippe Hasard

Philippe Hasard auteur discret de ce joli roman « Mémoires de déesse »

Notre auteur

Philippe Hasard est auteur depuis 10 ans entre les lignes de son beau métier de professeur des écoles.

Sur les bancs de l’école, il y a trouvé une première voie. Celle qui l’embarque vers l’archéologie et l’histoire de l’art. Ce chemin a son importance car il y étudie ce qui le fascine et ce qui fera son écriture.

 Né en 1965 dans les Ardennes, Philippe Hasard vit désormais à Montpellier. Passionné par l’Antiquité, l’archéologie et les voyages, il ramène de ses périples des idées de roman à partir d’un objet archéologique.

La poésie a, avant tout roman, jonché ses feuilles et coulé de son encre jusqu’à la découverte mystérieuse d’un tesson de céramique.

Il aime imaginer à partir d’un objet créé il y a longtemps de cela et inventer ainsi son histoire.

On le croit volontiers curieux de ce monde qui l’entoure cherchant constamment ce que celui-ci nous cache pour mieux nous l’écrire en délicatesse.

Cela fait de lui un voyageur et dans son sac, il nous ramène ses histoires.

On le sent homme serein d’où son intérêt pour ces objets qui nous survivent malgré l’agitation extérieure.

Il a une empathie d’écrivain. Il vit ses personnages. Il devient eux. Il regarde et voit comme eux. Il sent et ressent comme eux.

Son livre

Lorsque nous demandons à Philippe Hasard de nous raconter comment lui est venu l’idée de cette déesse traversant le temps et les vies, il évoque le site archéologique de Morgantina. Un site perdu en Sicile.

Il nous raconte aussi comment la statue ayant fait la richesse de cet endroit, statue exposée aux Etats-Unis, fut à l’origine de textes de lois régissant la protection des objets archéologiques et commandant la restitution d’objets à leur pays d’origine.

D’ailleurs, la statue dont il nous parle sera rendue à l’Italie.

Cette statue est l’incarnation de « « Mémoires de déesse ». Elle vit et est ballottée d’un pays à un autre, d’un temps à un autre.

Dans un exercice d’écriture peu évident, Philippe Hasard réussit à capter le monde autour de cette statue et à nous le conter. Il nous livre des chapitres courts car ceux-ci sont des souvenirs de cette déesse statufiée.

Il évoque les travers du monde de l’art où un objet, pourtant témoin de notre Histoire, devient un vulgaire objet de commerce et de contrebande.

Il dira « cette statue monumentale témoigne des enjeux économiques, politiques et culturels dont elle a été victime (…). »

Un roman court mais particulièrement bien documenté et recherché. Pour cela, Philippe Hasard a pris le temps d’interviewer les employés du musée de Sicile, de rencontrer un guide au fait de l’histoire de cette statue. Il lit aussi de nombreux articles.

Un roman historico-archéologique mais un roman où nous devenons aussi, comme l’auteur, cette statue n’ayant pas prise sur le monde.

Philippe Hasard s’attelle déjà à son prochain roman. Son objet archéologique sera une amphore romaine.

Il développe aussi un concept intéressant de lecture pour adulte et enfant à travers un livre et un jeu.

https://sites. Google.com/view/unehistoireapartager

site de l’auteur : https://sites.google.com/view/philippe-hasard

interview sur RPH : htpps://youtube/2wEKOoB8QLc

Laetitia Cavagni

écrivaine et poète

Sébastien Didier : plume de l’ombre mais écrivain de lumière

Dans une ville fort fort lumineuse tricotées de msytères italiens et d’austérité à la française, nacquit un auteur quelque part dans ce siècle alors encore existant, le 20 ème siècle.

Dans cette ville donc,située au fond de la baie des anges, Sébastien Didier vit le jour et pour notre plus grand plaisir de lectrices à A plumes d’elles, avec le talent de l’écriture.

Nous l’imaginons nourri d’images et de musiques, des histoires défilant déjà dans sa tête de futur créateur de livres à suspense. Un suspense que l’on pourrait même décrire comme atypique dans son dernier livre « Cequ’il nous reste de Julie » sorti le 1er avril de cette année.

Mais, n’allons pas trop vite dans la découverte de Sébastien Didier.

L’auteur encore enveloppé de sa chrysalide

Il se lance d’abord dans le mileu de la presse et de la publicité. Milieu qui, finalement, font de lui un bon communiquant sur ses réseaux sociaux actuels. https://www.facebook.com/sebastien.didier.7

https://www.instagram.com/sebastiendidierauteur/

Il débute l’écriture simplement en tentant des concours sur la plateforme fyctia (https://www.fyctia.com/ ). il arrive, l’air de rien, en finale d’un concours grâce à « Je ne t’oublie pas ». C’était en 2017. Ce même livre se verra aussi sélectionné au salon du livre de Paris lors d’un coucours de thriller.

Cela lui est insuffisant et il réitère son crime en 2018 en se présentant au concours du meilleur thiller VSD Michel Bussi avec son deuxième opus « Les yeux bleus ».

Nous le pensons bon communiquant et cela s’avère efficace notamment lorsqu’il décide d’auto-publier son premier livre « Je ne t’oublie pas ».

il a compris que même le talent doit se démontrer en se mettant soi-même en vitrine tout en gardant la pudeur appréciable et peu commune à nombre d’artistes.

Quelques mois plus tard, une maison d’édition le contacte et lui propose un (vrai) contrat de (grand) futur auteur qui petit à petit sème ses cailloux blancs et accrochent ses lecteurs par des histoires que l’on peut qualifier d’extraordinaire dans un monde ordinaire. La maison d’édition Hugo crée une nouvelle collection : Hugo Suspense.

Sébatien Didier a en fil rouge ceci : tout peut arriver à n’importe qui. Nous pourrions être le sauveur ou l’assassin.

Il retravaille « Les yeux bleus » et celui-ci est aussi publié dans la collection Hugo suspense en 2020. Et, encore, oui encore, il se rend coupable d’une écriture de talent car voilà « Les yeux bleus » parmi les 10 sélectionnés pour le Prix de L’évêché.

« Le Prix de l’Évêché–Polars du Sud est un prix littéraire créé en 2018, à l’initiative de diverses personnalités issues des instances de la Police Nationale, de deux clubs Rotary de la région de Marseille et de lecteurs passionnés de littératures policières.

Le prix a pour but de récompenser chaque année un ouvrage dont le scénario se déroule le grand sud de la France (du Languedoc-Roussillon aux Alpes-Maritimes, y compris les Alpes du sud et la Corse) et dont l’intrigue et la qualité de l’écriture sont particulièrement remarquables. »

https://www.bepolar.fr/Prix-de-l-Eveche-Polars-du-Sud-La-selection-2021

L’auteur enveloppé de l’homme

Nous l’imaginons solitaire, la plupart du temps, dans un vieux t-shirt d’un groupe de rock. Peut-être irlandais. Une bière belge posée près de ce qui lui sert de support d’écriture. Un ordinateur ? Un cahier ? Quelques stylos ? Un dictionnaire ?

Ne révélons pas tout de son intimité d’auteur.

Ce qu’il ne cache pas, est :

Son amour pour la musique qui rythme et fait chanter les mots de ses livres. Il aime le rock oui. Ce qui le transporte et que ses phrases sonnent bien à nos oreilles après avoir sonnées aux siennes. Parois, il gratte quelques morceaux et chante quelques titres.

Cet auteur malin a créé une playlist qui accompagnera notre lecture de « Ce qu’il nous reste de Julie ».

Nous avons aimé « Prepare to fall » de Amy Mac Donald. Elle chante :


Te sens-tu seul quand tu es entouré parle monde que tu connaisT’es-tu déjà senti dépriméComme si t’étais six pieds sous terre

Et, à ce moment-là, page 224, je lis «j’étais ému de le retrouver aussi. Beaucoup de pensées m’assaillirent alors. Et parmi celles-ci en surnageait une, poignante.

Qu’avais-je fait de ces années ? ».

A vous d’être des curieux intelligents en lisant la suite.

Son inspiration est multiple qu’elle vienne de la musique mais aussi du cinéma voire de ce qu’il observe du monde, des gens. Un détail. Un événement. Son imagination déroule des histoires alors qu’il vous parle du temps qu’il fait ou qui passe. Se demande-t-il ce que vous feriez si, par hasard, un inconnu vous appelait par erreur sans parler. La ligne se coupe soudainement mais vous avez pu entendre, au loin, un train.

Vous ouvrez le journal quelques jours plus tard, comme chaque matin, un café fumant et fort posé sur la table collante du petit-déjeuner de vos enfants.

Un cadavre a été retrouvé près d’une voie ferrée.

Que feriez-vous ? Coïncidence ou signe du destin ?

Voilà ce qu’il imagine en nous parlant.

Il écrit en construisant un pont entre ses histoires et les lecteurs. Il nous permet, avec simplicité et bienveillance, de nous aventurer sur ce pont sans crainte de ce genre que l’on dit à suspense. Il humanise son récit et le rend accessible même pour les pétochards.

On sent qu’il vit l’écriture de ses histoires. Il travaille sans plan. Il se surpend autant qu’il nous surprend. Mais, attention, c’est un auteur intelligent qui maîtrise son métier d’auteur. Ce n’est pas du free style. Il sait où il nous mène.

On imagine parfaitement ses récits sous forme de scénarii et on l’imagine même lui les écrire. Il a le rythme. Il a le style et il a l’amour de ce format d’art dont il nous parle avec générosité.

Il n’écrit pas du sensationnel, du trash qui tranche, du sang qui salit. Il évite les descriptions «m’as-tu-vu» qui restent à traîner dans nos mémoires par le malaise qu’elles provoquent. « je pense d’ailleurs qu’une phrase bien choisie vaut une page mal sentie », dit-il.

Il saupoudre son suspense d’émotions afin que nous nous attachions aux personnages et là, la mécanique de notre cœur, la mécanique de nos sens se laissent emporter par ses histoires si bien écrites.

L’auteur enveloppé de ses œuvres

« Je ne t’oublie pas » est le tout premier à naître de sa plume. Il nous raconte simplement la disparition d’une épouse, celle de Marc Vasseur. Ils vivent dans un lotissement luxueux mais surprotégé du monde extérieur. La police classe l’enquête et tamponne le dossier de la mention « abandon de domicile conjugal ». Mais, Sandra, l’épouse disparue, aurait-elle laissée sa fille Lisa ?

Trois mois s’écoulent. Marc reçoit une photo. Une jeune fille porte un médaillon. Celui de sa femme.

Dans ce livre, l’auteur pose déjà une écriture visuelle au plus proche de ses personnages avec cette impression d’écrire nous-même l’histoire au fur et à mesure des chapitres. On est embarqué d’un côté pour finalement être déposé ailleurs. Qui est le véritable monstre dans l’histoire ?

« La mémoire, sûrement le seul héritage digne de ce nom reçu de cette famille de dingue, pensa-t-elle. Cette faculté à conserver et compartimenter chaque visage, chaque accent, chaque intonation, chaque expression dans la grande bibliothèque de sa pensée et à pouvoir y retourner le moment venu pour en exhumer un ouvrage oublié. »

« Les yeux bleus » est l’horreur d’un assassinat familial. Père, mère et enfants. Cela se passe en 1986.

En 2018, un enfant est enlevé. Son grand-père est jalousé. On pense à l’enfant et l’on se glace. Jusqu’oû se permettra d’aller son père pour le retrouver ?

Il est puissant cet homme. Claude Cerutti. Il a aussi des secrets.

Le récit est construit avec logique et des rebondissements. Et une nouvelle fois, l’auteur ne nous donne que des directions que l’on suit avec confiance mais nous embarque sur un autre rivage. On cherche. On pense avoir compris mais « tel est pris qui croyait prendre ». Sa machination prend forme et on se laisse prendre jusqu’à la fin.

« – Tu vois , Joseph -Marie, l’homme est capable du plus beau , du plus incroyable, du plus irréel. Il construit des bâtiments qui touchent le ciel , il peut aller sur la lune , il soigne des maladies impensables .Mais il est aussi capable du pire . Parce que le pire , malheureusement, c’est souvent ce qu’il y a de plus facile. »

« Ce qu’il nous reste de Julie » est, à mon sens, son meilleur livre. On sent toujours l’efficacité de son écriture mais il y a mêlé sa sensibilité personnelle à la fluidité d’un suspens agréable à suivre. Encore et encore.

Il nous parle de Sébastien, auteur au succès relatif. Celui-ci a quitté sa ville natale, Sainte-Geneviève, au Sud de la France suite à la mort de Julie, son amour d’adolescent. Il ne peut l’oublier cette Julie.

Mais, quoique l’on fuit, quoique l’on tente d’oublier, la vie nous ramène toujours vers nos origines.

Sébastien, sur les conseils d’un libraire, dévore le livre d’une auteure vivant Outre-Manche. C’est l’histoire de Julie, sa Julie. Il ne comprend pas alors il cherche. Il enquête. Julie est-elle réellement morte ? Comment cette inconnue peut-elle décrire avec autant de détails ce que lui-même a vécu ?

C’est un livre que l’on dévore, dont on se remplit. Il nous tourne en tout sens. Il nous détourne pour mieux nous entourlouper. À la Agatha Christie, qu’il affectionne, il nous lance sur des pistes erronées avant de nous récupérer par la main avec humanité et nous fracasse contre la vérité. La seule. Celle de Julie.

Sébastien Didier, dans chacun de ses livres, nous donne cette leçon, cette bonne leçon : ne vous fiez jamais aux apparences de ses histoires mais aussi de ceux que vous côtoyez au quotidien.

Et nous, à A plumes d’elles, nous vous conseillons de la découvrir avec délectation cette écriture qui va du tac au tac sans essoufflement.

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