Archives pour la catégorie Littérature en vrac

Chronique sur les œuvres de Vincent Blénet, auteur atypique.

Rédigé par Laetitia Cavagni et Bianca Bastiani.

Vincent Blenet a eu la gentillesse de nous remettre cinq de ses ouvrages dont le dernier sortira au mois d’avril « Mort sûre d’amours ».

Ce jeune auteur prolixe en écriture nous a permis de lire en autre et aussi ses quatre précédents ouvrages :
Gazhell, Carnets d’une décennie, 666 nuances de braises, De feux et d’encres.

Il a un style qui peut sembler hermétique et froid voire glacial car il ne « mâche pas ses mots » comme on peut le dire vulgairement. C’est donc un style qui peut déplaire mais au moins, il y met ses tripes, sa vision honnête du monde et même ses émotions.
Autant de générosité, ça se remarque et ça se respecte.
Il a, pourtant et malgré cette apparente dureté du verbe, une prose poétique. Il utilise souvent l’envolée poétique afin de décrire une scène ou un personnage. Cela donne un côté romantique à ses œuvres.
Nous retrouvons son engouement pour ce poète qu’était Charles Baudelaire dans sa vision crue et directe de son univers.
Dans ses livres, nous avons pu observer plusieurs thèmes qui semblent l’interpeller de façon presque obsessionnelle :
La religion, les anges, l’enfer et les femmes.
Tous ces thèmes se rejoignent en un mystère insoluble pour ce jeune auteur.
Au fond, n’est-il pas simplement un auteur à l’écriture gothique et noir donc ?
On y ressent une souffrance immense. Sa douleur, il nous la partage.
Vincent Blenet ne cache pas sa maladie. Sa pathologie psychiatrique. Il est bipolaire, schizophrène et vit avec des bouffées délirantes. Est-ce que cela explique cette noirceur romantique en lui en tant qu’auteur ?
Nous serions bien hypocrites de penser que cette noirceur n’a pas sa place dans le monde de la littérature. Le monde n’est pas recouvert de guimauves et d’odeur de roses.
Ecrire est une thérapie addictive pour lui. Nous pouvons déjà compter 17 recueils. Quelle énergie ! quelle soif de partager aussi ! Il pourrait décider de les garder et de nous éviter cette crudité mais il refuse de nous épargner et ce qu’il vit et ce que peut être aussi la réalité intérieure et extérieure.
Parfois, il nous a été difficile de poursuivre la lecture de certains paragraphes choquants pour nous qui ne connaissons pas les méandres de son écriture ni de ses souffrances. Mais, lorsque l’on réussit à surmonter ces tremblements de terre violents, nous avons la surprise de lire des poèmes érotiques. Tous sont dédiés à des femmes connues par l’auteur et avec grand respect. On sent, là aussi, une souffrance due à ces femmes qui ne lui jettent même pas un regard.
Il se met aussi à nu lorsqu’il raconte ce harcèlement scolaire subi du fait de sa différence. Il est malade, a de l’embonpoint et un look de gothique.
On peut le qualifier d’hypersensible frustré par le manque de lien social.
Et, soudainement, il écrit sur sa famille. Son écriture change. Elle devient élégante. On sent cet attachement entre lui et sa mère, entre lui et sa grand-mère.
Parfois, ses histoires nous paraissent décousues. Est-ce des effets de sa maladie ? Peu importe puisque Vincent Blenet à son lectorat.

A plumes d’elles, nous ne jugeons pas les auteurs mais leurs créations. Nous pensons aussi que l’empathie dans ce milieu de l’édition difficile est essentielle.
Qu’on l’aime ou qu’on le craigne, Vincent Blenet y a toute sa place. Il y a de la qualité dans ses livres lorsque l’on dépasse ce mouvement de recul que l’on peut avoir aux premières lignes.
Vous pouvez retrouver ses livres à la maison d’édition « La compagnie littéraire ».
https://www.compagnie-littéraire.com/

Le coeur du monstre de David Krampz.

Rédigé par Bianca Bastiani.

Le roman « Le coeur du monstre » de David Krampz est disponible sur Amazon et à La nouvelle librairie, 11 rue de Médicis, Paris.

https://www.amazon.fr/C%C5%92UR-DU-MONSTRE-DAVID-KRAMPZ/dp/B08S2VSZYD

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur de m’avoir envoyé son premier roman en Service Presse.
David Krampz est acteur. Il signe là une œuvre de fiction au thème contestable, mais néanmoins intéressante. Mon avis sur cette lecture sera mitigé. J’ai eu entre les mains un véritable OVNI littéraire tant par sa forme que par son propos.
Le livre est écrit à la manière d’une enquête reportage agrémentée de nombreux échanges de courriels, mais aussi de poésie, du slam. Les envolées lyriques sont superbes, une écriture à couper le souffle. Indéniablement, David est un auteur même s’il est plus connu en tant que comédien. J’ai adhéré à la narration sous forme de flash-back. Je ne me suis pas perdue dans le récit malgré les fréquents changements d’époque.
Ce roman est empreint de beaucoup de psychologie. Les événements sont présentés du point de vue du « délinquant ». Cela contribue à l’originalité de cette œuvre.
L’auteur nous conte les déboires judiciaires d’un « antihéros », Aryan, au Cambodge, mais aussi en France pour se disculper d’une accusation de viol sur sa fille adoptive Sreya âgée de huit ans. Il nous raconte l’enfer des geôles cambodgiennes, la corruption de tout un pays, police et ONG comprises et le business autour de la pédophilie dont les humanitaires sont complices.
Aryan m’a causé de nombreuses interrogations. Tout au long de l’intrigue, je ne cessais de me poser des questions sur ce « monstre » tellement humain. Son humanité me dérangeait à un point que je ne savais pas dans quel camp le ranger. Était-il un gentil ou un méchant ? Il aime sa fille. Il l’a sorti de la rue, de la mendicité. Il lui a offert un toit et une éducation. Très vite, l’on croit comprendre que les accusations de viol qui ne sont étayées d’aucune preuve sont fausses. Mais qu’est-ce qu’un viol au juste ?
Serya était encore vierge alors que son père a été inculpé. Sa virginité, elle l’a perdu au sein d’une ONG aux pratiques douteuses contre laquelle Aryan se bat bec et ongles. Il soulèverait des montagnes pour mettre la petite à l’abri de cette organisation et la protéger. Insoumis et provocateur, il bouillonne de colère. Don Quichotte des temps modernes, il se bat contre des moulins à vent. Il l’aime sa gamine, un peu trop même…
Je suis féministe et je le revendique. Certains passages m’ont mise mal à l’aise. Je me suis souvent dit, je ne peux pas cautionner de tels propos, même dans une œuvre de fiction, notamment sur la question du consentement… Ce roman aura au moins le mérite de nous faire réfléchir et il nous place dans le cœur du monstre. Je trouve que David Krampz a eu beaucoup de courage de nous livrer une telle œuvre qui sera certainement sujette à débat.

J’ajouterai que j’ai vécu avec un monstre. Il avait lui aussi un cœur, sinon, je n’aurais pas pu l’aimer, mais ça, c’est une autre histoire…
Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir » (autobiographie).

La chaîne YouTube du comédien David Krampz

https://www.youtube.com/DavidKrampZ

BRING ME YOUR LOVE

Charles Bukowski and Robert Crumb

Il s’appelait Charles. Il est né en Allemagne et mort quelque part sur terre mais ça on s’en fout comme il se foutait des convenances et des remarques sur sa grossièreté et… son inconvenance.

Tout ce pot-pourri exécrable a fait de lui le poète d’exception et l’auteur de génie.

Il s’appelait Bukowski. Il est né le 16 août 1920 et mort toujours par là et on s’en fout toujours autant.

Par contre, ce gaillard grassouillet ne pouvait vivre sans cette encre essentielle : l’alcool. « Je continue à lever mon verre, comme s’il se déversait dans un grand vide. J’admets qu’il y a une stupidité ancestrale en moi qui ne peut être résolue. Je continue de boire, de boire… »

Ce personnage inimaginable, presque sorti d’un livre, moi je dirais même de Zola. Bagarreur, vomisseur, sanguinolent. Aimant le sexe et les souillures. Se détruisant mais à coup de vie. Jamais à coup de mort. Il a vécu lui. Intensément. Fiévreusement.

Il semble assommer par la douleur et la mélancolie. Le hasard ? Peut-être pas. Lui qui a eu droit de vivre auprès d’un père violent et tyrannique et d’une mère soumise. Deux extrêmes. Jamais de milieu juste ou de juste milieu.

C’est à 10 ans que l’écriture le rencontre. C’était juste une rédaction dans laquelle il devait raconter la venue du président Hoover. Il invente. Il rapièce. Et, il se découvre.

Lui, l’enfant enfermé et frustré par un père qui a peur de l’échec qu’il se renvoie à lui-même mais le fait payer à son fils et son épouse.

Voilà ! Cela créera l’un des plus grands écrivains au monde qu’on l’aime ou le haisse. On ne le sait pas forcément mais il écrivait avec l’oreille caressée de musique classique. Finalement pas si indélicat le gars.

Et dans l’autre coin du ring ? Robert Crumb. Américain pur souche. Une histoire familiale lambda. Il commence à dessiner très jeune avec ses frères et sœurs. Des personnages à la Disney.

Il réalise des cartes de vœux en début de carrière. Des animaux dans des comics et change de voie en créant des parodies sexistes de bandes-dessinées ou des histoires dépravées.

Il se décrit lui-même dans ses bandes-dessinées. Infidèle, dépressif, obsédé sexuel.

Il refuse la complaisance. Il écrit et dessine sur l’aigreur, la frustration, les fantasmes noirs.

Il est obscène, virulent, mysogyne.

Il fallait alors qu’ils créent ensemble ces deux misanthropes. Et c’est un bijou ce petit livre, à l’air de rien, réédité aux éditions Au Diable Vauvert.

Format simple comme en carton qui ne vous coûtera que 9 balles. Mais putain, il dépote et par ces dessins illustrant parfaitement l’absurde du texte.

Je vous raconte ?

Harry visite une femme. Elle c’est Gloria. Gloire à Gloria, la folle.

Elle l’insulte et se frappe. Elle le rend dingue mais c’est elle qui est folle. C’est sa femme.

« Tu es un fourreur de pute, Harry. Tu fourres les putes. »

Il a été obligé de la faire interner car elle devenait dangereuse pour lui et pour elle.

Étrange scène où le psychiatre apparaît et où la gente dame s’adoucit exprimant son mieux-être.

«Oui, docteur Jensen, j’étais justement en train de dire à Harry à quel point je me sentais plus stable… » Certes.

Je vous laisse découvrir ce dessin incroyable de cette femme corpulente se mettant un gnon dans la tronche. Je vous jure que j’ai encore les côtes qui frétillent.

Alors oui, ces auteurs (et ce livre) ont un côté gnangnan à la « maman, un câlin s’il te plait. J’suis un pauv’e gars qui fait de son mieux. »

Mais, il y a un mais. Mais, il est drôle et surprenant.

Prenons Bukowski et Crumb pour ce qu’ils sont et laissons de côté les porcs.

Ils disent une vérité mais elle peut ne pas être la nôtre.

Ce livre vaut bien qu’on s’y arrête.

Parce qu’en plus ce pauvre bougre d’Harry est envahie par sa maîtresse. Il tente de la faire vibrer sous ses assauts d’homme en rut. Seulement, l’épouse n’est pas loin. Diablesse versatile tapie dans son ombre.

Et je me pose cette question à la fin du livre : est-elle internée par hasard ?

Je ne peux pas non plus m’empêcher de faire le lien avec une épouse de Charles Bukowski. Celle-ci est alccolique, suicidaire, nymphomane. Elle ne supportera pas qu’il écrive. Il devra la quitter pour retrouver sa plus fervente écarteuse de cuisses : l’écriture.

Ces deux auteurs se nourrissent du chaos mais avant tout, le leur.

Alors, en conclusion, juste ce petit mot. Ouvrez donc vos portes-monnaies ou sortez vos cartes bleues, platines…

Prêt ? Achetez-le et passez un moment…à vous de voir.

Moi ? Je me suis souvenue de cette conversation avec l’une de mes patientes. Celle-ci me dit : « j’adore les enfants. J’aimerais en avoir. Parfois, lorsque j’en croise, je voudrais les enlever mais je sais que c’est interdit par la loi. »

Laetitia Cavagni

auteure et poétesse

J’ai tangué sur ma vie de Maryssa Rachel.

Rédigé par Bianca Bastiani.



https://jdheditions.fr/produit/jai-tangue-sur-ma-vie/

Roman de 369 pages dans la collection Magnitude indice 7 pour lecteur informé.

Il est des lectures qui vous marqueront à tout jamais, dont vous ne ressortirez pas indemnes. « J’ai tangué sur ma vie » est de celles-ci. Un livre coup-de-poing, une claque, une cascade d’émotions brutes ! Malgré l’âpreté du sujet, ce roman se lit très facilement. Je n’ai pas pu le lâcher dès lors qu’il a été ouvert. Je l’ai dévoré en à peine quelques jours. J’ai vraiment adoré cet ouvrage .

L’auteure nous conte l’histoire de Dédé, un alcoolique maniaco-dépressif, mais aussi un mari et un père de famille aimant. Dès le départ, on comprend que notre antihéros n’a pas de chance et que pour lui, c’est foutu d’avance. Trop tôt marié à une femme qu’il a engrossée et qui ne l’aimera jamais, André souffrira toute sa vie durant de ce manque d’affection et de tendresse. Françoise est la femme de sa vie, son grand amour. Elle ne lui accordera que mépris et rancune. Après tout, il a gâché son avenir en la mettant enceinte. Dédé fait de son mieux pour être un bon père pour la petite Magali. Il travaille dur pour que sa famille ne manque de rien. C’est un bon élément alors son patron lui offre une promotion, un meilleur salaire et des responsabilités. Mais Dédé n’est pas à la hauteur pour diriger son équipe. Alors, il boit, il cache des bouteilles dans son casier à l’usine pour se donner du courage. Pour faire plaisir à Françoise, il achète une maison avec jardin. Mais sa femme n’est jamais satisfaite. Elle passe son temps à se plaindre. André préfère aller au café en compagnie de ses amis poivrots plutôt que d’entendre des jérémiades incessantes. Entre temps un autre enfant est né, Ludovic. Un pavillon de banlieue, un chien, deux gosses, une jolie femme et des fantômes qui rodent autour de Dédé. Sa maison est construite sur un ancien cimetière. Simone la vieille pute, sa compagne de beuverie le lui a raconté au café. Plus le temps passe, plus il s’abîme, s’écorche et dégringole. Les spectres l’engloutissent . Les angoisses l’étouffent. La bouteille est sa béquille, sa maîtresse et sa meilleure ennemie. Il vomit tripes et boyaux. Il se chie dessus. Il pue de la gueule. Nous assistons impuissants à sa déchéance. Et pourtant il est tellement attachant notre Dédé. Plusieurs fois, j’ai eu envie de le secouer. J’ai espéré en vain qu’il se ressaisisse. Il m’a bouleversée.
J’ai suivi son parcours de cure de désintoxication, en maison de repos et hôpital psychiatrique. Rien n’y fera, il continuera de se détruire en tanguant sur sa vie.

Le style de Maryssa Rachel est percutant, addictif et jalonné de nombreuses références musicales et poétiques. Malgré l’aspect dramatique, l’écriture nous plonge avec délice dans la nostalgie des années 70, 80 et 90. L’ensemble, très vivant et réaliste, ne donne pas dans le pathos. De petites touches d’humour et d’autodérision ont achevé de me séduire. Un très grand livre, sans aucun doute ! Après l’avoir lu, vous ne regarderez plus jamais un alcoolique de la même façon.

Bianca Bastiani Auteure.

Voici les vidéos de Maryssa avec extrait du livre et bande-annonce :

https://youtu.be/jGxSqlvpUTk

https://youtu.be/aFaZ6E-MHXg

Le monde dans le dos – Thomas Melle

Le monde dans le dos – Thomas Melle
Éditions Métailié

Rédigé par Bianca Bastiani

Le monde dans le dos de l’auteur allemand Thomas Melle est un roman singulier qui traite de la maladie de l’auteur, la bipolarité. Souffrant moi-même de ce trouble étrange, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt.


Ce récit autobiographique alternant avec quelques notes personnelles de Thomas et des articles de son blog pourra en déconcerter plus d’un, surtout ceux qui n’ont aucune notion de cette pathologie. Ce livre est à l’image du cerveau de son auteur, foisonnant, exalté, déstructuré. Thomas retranscrit ses émotions exacerbées telles qu’il les a vécues. Ça peut paraître fou, c’est pourtant formidablement bien écrit, sans pathos ni explications médicales inutiles et fastidieuses.

Ça m’a fait l’effet d’un road-movie déjanté. L’auteur raconte ses phases maniaques qui le projettent dans une dimension parallèle, un monde où les stars de la pop vivantes ou décédées lui font vivre des situations effarantes. Thomas est complètement paranoïaque. Il nage en plein délire et seuls ses amis, de plus en plus rares au fil des années qui passent et l’abîment, s’en rendent compte. Thomas allume la télévision et c’est à lui et à lui seul que le présentateur s’adresse. Il écoute une chanson de son groupe préféré et là encore, on parle de lui. S’il lit un bouquin, il y détecte des messages codés le visant. Dans les rues des villes qu’il arpente en tout sens, dans lesquelles il se perd, c’est encore pire… Le monde entier est un complot qui le vise. Il fera de nombreux séjours en hôpital psychiatrique, prendra des médicaments puis cessera son traitement brusquement. Il tombera aussi dans la dépression et tentera de se suicider.


L’auteur ne s’épargne pas. Il se livre à nous en toute sincérité et humilité. Son témoignage est poignant. Ce qui m’a le plus bouleversée, c’est sa dégringolade, son isolement social, son mal-être et les déboires administratifs et financiers qui en découlèrent.


J’espère que vous lirez ce roman et qu’il vous fera prendre conscience à quel point notre société est inadaptée et inhumaine pour les êtres différents, pour tous les Thomas en puissance. J’en fais malheureusement partie et je salue ici le courage de l’auteur. Merci Monsieur Melle d’écrire en notre nom, nous les malades psychiques.

Bianca Bastiani.

Cendrillon du trottoir ou le destin d’une bipolaire dans l’enfer du sadomasochisme

2 Janvier 2021

Rédigé par Bella Doré

Cendrillon du trottoir ou le destin d'une bipolaire dans l'enfer du sadomasochisme

Je souhaite vous parler d’un roman, une autobiographie qui je dois le dire m’a bouleversée.

Un roman qui est avant tout l’histoire d’une vie ou plutôt d’une première vie, celle d’une jeune femme qui a vieilli depuis et c’est reconstruite…
Celle d’une jeune femme qui est tombée sous le charme de la mauvaise personne.
Celle qui, pour ne pas perdre son fils s’est vue tour à tour, par son mari devenu son bourreau, être battue, prostituée et livrée en pâture à des producteurs peu scrupuleux comme actrice de films pornographiques sadomasochistes… 
Certain diront que c’est parce qu’elle était psychologiquement malade, bipolaire pour être précis, mais il n’en n’est rien… Quand vous tombez sous les coups d’un homme comme ça, malade ou non, c’est très difficile de s’en sortir : impossible même pour certaines qui y perdront la vie… 

Ce livre raconte une réalité horrible, atroce que beaucoup aujourd’hui fantasme à travers les films. Dans les faits parce c’est une fiction c’est tolérable… Mais ne croyez pas que ces femmes que l’on torture, viole, brûle, pénètre de force avec tout et n’importe quoi prennent le même plaisir que celui que vous avez à les mater à travers vos écrans… 

Actrices SM ou prostituées, c’est le même combat leur corps ne leur appartient plus, leurs vies sont détruites pour les fantasmes de vieux pervers libidineux…

A travers son roman, l’auteur souhaite dénoncer ce qui a été son calvaire pendant 15 ans. Une vie de débauche et de tortures mais en aucun cas une vie de luxure. Une vie où la mort aurait pu devenir son seule échappatoire.

Faites comme moi, lisez Cendrillon du trottoir ou le destin d’une Cendrillon dans l’enfer du sadomasochisme de Bianca Bastiani, qui dénonce la prostitution et la pornographie SM… 
Soyez touché par ses mots qui décrivent très bien de grands maux et soyez les acteurs de la dénonciation et non de l’idolâtrie d’un mal qui ronge… Car en parler c’est déjà agir contre…

Lire Cendrillon du trottoir c’est entrer dans la tête d’une femme à qui on a tout pris et qui a tout perdu pour ne pas perdre son fils… C’est découvrir caché dans toute cette noirceur une jolie histoire restée à jamais secrète…
Ce livre m’a beaucoup touché pour des raisons qui me sont personnelles, je n’ai qu’un conseil foncez l’acheter.

Printemporel ou la poésie de la violence

2 Janvier 2021

Rédigé par Laetitia Cavagni

Printemporel ou la poésie de la violence

Louise Frottin – JDH Éditions

Louise Frottin signe un texte puissant. Inclassable. D’une poésie éblouissante. Celui qu’une femme qui a accepté de mourir écrirait pour renaître. Ce roman vous sensibilisera à jamais sur le …

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Il se nomme Printemporel et nous raconte l’espoir d’une femme. Une femme qui tente de se réchauffer au soleil d’un hiver perpétuellement glacial.

Elle se nomme Isabelle et elle le rencontre cet homme qui nous fait chavirer par ses promesses, son regard en demande constante que tout soit à sa mesure.

Il est Karl. L’homme. Le seul mais durant un temps. Le temps de la malaxer suffisamment cette femme pour en faire son objet.

Il ne la malaxe pas avec douceur. Il la projette contre ses poings.

Il la veut. Il l’utilise. Il la possède. Son corps est à lui. Sa vie est à lui. Mais pas son cœur.

Isabelle aimera éperdument un autre homme. Chut ! Je vous tairais son prénom d’homme aux notes sensuelles pour ne pas tout vous révéler de ce magnifique et élégant roman.

« Un prénom d’une rare classe.

Simple et efficace.

À ses côtés, j’avais été prise d’une envie viscérale de sortir mes valises.

De les remplir.

Et de partir. »

Venez découvrir l’écriture poétique, caressante de Louise Frottin.

Elle fait d’Isabelle une femme passionnée par la vie et malgré ces violences qu’elle subit au quotidien. Dans son quotidien de violences conjugales.

Je ne me suis pas posée la question que nous allons tous nous poser face à ses douleurs et ses sacrifices : Pourquoi ne le quitte t-elle pas ?

Et, par la suite, Pourquoi ne rejoint-elle pas cet autre homme ?

Pourquoi ? Pourquoi donc Isabelle ?

J’ai été emportée dans son récit et j’ai attendu qu’elle se délivre et me délivre à travers sa potentielle décision de le quitter.

Car Karl ira loin dans ses gestes et ses mots. Il la détruira si fort qu’elle ne se sentira plus une existante. Sera t-elle une survivante ?

Ce roman nous maintient dans une atmosphère pesante mêlée à une lumière presque aveuglante.

Nous avons peur. Nous étouffons souvent mais nous aimons ces descriptions de cette maison qui devient son cœur à notre Isabelle.

Elle l’aime. Elle la fait sienne. C’est sa racine. Cette maison l’ancre dans la violence de son homme mais aussi, étrangement, dans son souffle de vie à elle en tant que

femme. Cette maison est cette vie qu’elle ne fera jamais naître au grand dam de Karl mais pas au sien. Cela sera un lien que son corps ne pourra pas tisser

Bien sûr qu’elle tentera de s’extirper, de se désengluer. Bien sûr qu’elle aimerait ne plus vivre dans cette terreur.

Elle se créera un rythme de vie qui pourrait l’aider à éviter les brimades diverses.

Seulement, l’auteure nous fait parfaitement comprendre que quelque soit le comportement d’Isabelle, rien, absolument rien, ne la sauvera de cette violence.

Et pourtant, l’écriture douce et tendre de Louise Frottin nous préserve de ce qui nourris cette ordure d’homme.

« J’avais fait comme d’habitude, une routine bien huilée.

Tout s’était déroulé à merveille.

J’avais ouvert le placard de l’entrée. (…)

Mardi était un jour ordinaire. »

Tout ce roman est un drame absolu. Le drame de la violence. Il est écrit avec la plume poétique de louise Frottin. Alors, la pilule passe mieux. L’oppressant devient supportable. L’insupportable devient presque beau.

Laisse les choses aller

Laisse les choses partir

Laisse les choses se produire

Rien

Dans ce monde

Ne t’étais promis

Ni ne t’appartient

Tu ne possèdes que toi-même

Rupi Kaur

Printemporelle par Louise Frottin

JDH éditions

Laetitia Cavagni

Poétesse et écrivaine

Ma chronique pour « Coeurs de soldats » de Bella Doré

1 Janvier 2021

Rédigé par Bianca Bastiani

Ma chronique pour "Coeurs de soldats" de Bella Doré
Ma chronique pour "Coeurs de soldats" de Bella Doré

Cœurs de soldats – JDH Éditions

 » Je m’appelle Anna Duquenne, je viens d’être incorporée dans un régiment de la Sécurité Civile après m’être engagée dans l’Armée française. Mon idéale et ma mission : combattre les feux…

Tout d’abord laissez-moi vous préciser que je ne suis pas une lectrice de New-Romance. Lire un livre de ce genre est donc une première pour moi. J’avais quelques à priori et je ne m’attendais pas à un tel engouement de ma part. J’ai été agréablement surprise par cette lecture et je ne regrette pas de m’être laissée tenter.

« Coeurs de soldats » de Bella Doré est le premier tome prometteur d’une saga. Le sous-titre en est « Parce que c’est toi ». Il s’agit d’une histoire d’amour romantique teintée d’un brin d’érotisme au sein de l’armée, dans la Sécurité Civile plus précisément. Ce corps militaire où les tenues sont des treillis bleu marine participe aux opérations sur les feux de forêt et les cataclysmes.Ce roman est très bien documenté sur ce milieu sans être ennuyeux. L’on apprend une foule de détails sur ce monde totalement inconnu pour ma part. L’auteure est une épouse de militaire et cela se ressent bien.

L’intrigue est prenante, addictive. Je l’ai lu en à peine trois jours. Bella nous narre l’histoire d’une jeune recrue qui tombe amoureuse de son beau lieutenant. Les personnages ont une formidable présence et l’on s’attache facilement à leurs aventures. Anna, notre héroïne est une femme forte au caractère bien trempé. L’armée est faite pour elle. Rodolphe Saint James, son supérieur hiérarchique, est charismatique. Le milieu militaire, c’est toute sa vie, sa vocation. Le portrait des autres protagonistes de cette romance hors-norme est également très bien brossé, sans oublier la peste de service, Lisa et le gentil camarade, Liam. Les péripéties et rebondissements sont légion et j’ai été littéralement happée par le récit. Les scènes d’amour sont romantiques sans être sirupeuses et malgré l’érotisme bien présent, ne tombent jamais dans la vulgarité. Cela reste soft et doux, empreint d’une élégance maîtrisée. J’ai apprécié de trouver au début de chaque chapitre des paroles de chansons populaires de variété française.

La plume de Bella Doré m’a fait rêver en me permettant de m’évader d’un quotidien anxiogène en ces temps de Covid. Une lecture qui fait du bien dans la morosité ambiante. J’ai hâte de lire le second tome à paraître prochainement chez Jdhéditions dans la collection « Romance Addict ».

L’auteure est très active sur les réseaux sociaux, notamment Facebook sous l’appellation de AuteureBellaDoré. Elle publie régulièrement de superbes montages photo avec des extraits de ce roman. Elle anime aussi la page JDH de Romance Addict en tant que conseillère éditoriale. « Coeurs de soldats » a inauguré la collection avec un franc succès commercial. N’hésitez pas à suivre cette jeune femme talentueuse mais surtout lisez son livre !

Bianca Bastiani. 

https://www.facebook.com/auteur.belladore

https://www.facebook.com/romanceaddictjdh/

JUSTE UN PETIT BREAK – CAROLE MEUDIC

30 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani et publié depuis Overblog

JUSTE UN PETIT BREAK - CAROLE MEUDIC
JUSTE UN PETIT BREAK - CAROLE MEUDIC

Juste un petit break – Carole Meudic – Éditions Ex Æquo

Clémence a tout : elle occupe un poste en or, elle est mariée au beau Bruno avec qui elle file le parfait amour, elle est mère de trois adolescents, elle mène la vie confortable d’une bobo …

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Facebook de l’auteure.

Juste un petit break de Carole Meudic, un roman au rythme effréné, à la plume alerte et à l’humour décapant nous questionne sur la place de la femme dans notre société. Je l’ai littéralement dévoré. C’est fort bien écrit, souvent très drôle, parfois même caustique et pourtant le fond en est sérieux, le propos féministe. Un livre comme j’aimerais en lire plus souvent. L’auteure maîtrise à la perfection son sujet avec beaucoup d’autodérision et de modernité. Carole enfonce des portes à coup de marteau comme son héroïne, une « wonder-women » en tailleur chic.

Clémence, Clem pour les intimes, a en apparence tout pour être heureuse, un job formidable, un mari aimant, trois adolescents, un bel appartement parisien et des amies. Mais à l’aube de la quarantaine, Clem n’en peut plus. Entre un poste à responsabilités qui lui bouffe son énergie, des enfants hyper connectés aux réseaux sociaux et son couple enlisé dans la routine, elle étouffe. Elle décide donc de s’offrir un petit break en plaquant son travail bien rémunéré pour enfin profiter de sa vie, respirer, souffler. Le beau Bruno, son époux, la soutien dans sa démarche. Cependant il envisage de virer l’employée de maison. Clémence aura désormais tout loisir de se consacrer aux enfants et aux tâches ménagères… Notre personnage au caractère bien trempé ne l’entend pas de cette oreille et compte bien le faire savoir à sa famille. Par le plus grand des hasards, elle intercepte un SMS sur le portable de son mari. Stupeur, incompréhension et colère, elle passe par toutes les émotions. Son Bruno fait le joli cœur sur un site de rencontre ! Son sang ne fait qu’un tour. L’heure de la vengeance a sonné. À l’insu de tous, alors qu’elle est censée partir pour Nice avec les enfants comme chaque été, elle s’embarque avec les trois ados pour le bout du monde, en Uruguay. Clem a réservé une cabane dans un village de hippies sans eau courante, ni électricité et surtout aucune connexion internet. Le confort est spartiate, le dépaysement total et la nature belle à couper le souffle. Qu’adviendra-t-il des protagonistes de cette histoire ? Je vous invite à le découvrir en lisant cet excellent roman.

J’espère vous avoir donné l’envie de découvrir ce tout premier roman de Carole Meudic publié aux éditions Ex Aequo dans la collection Blanche. Je recommande ce livre à toutes les femmes modernes mais aussi aux hommes… infidèles.

Bianca Bastiani, auteure.

Retour de lecture de Cendrillon du trottoir

26 Novembre 2020

Rédigé par Cécile Ducomte et publié depuis Overblog

Cendrillon sur mon piano 🎹🎶🎵

Cendrillon sur mon piano 🎹🎶🎵

Bonsoir à tous !

Je prends enfin un peu de temps pour vous parler de Cendrillon du trottoir de Bianca Bastiani. J’ai lu ce livre un week-end, sur deux soirées, et je suis tellement entrée dans l’histoire que j’ai eu un peu de mal à en décrocher par la suite.

Cendrillon du trottoir c’est l’histoire d’une femme qui a été sous l’emprise du père de son fils pendant de longues années. Celui-ci a abusé de la fragilité psychiatrique de sa « proie » pour lui faire subir les pires humiliations qu’une femme peut vivre. Prostitution, sado-masochisme, et l’enfer de tels milieux qui considèrent les femmes comme de vulgaires objets sans âme.

Nous suivons à travers son récit une descente aux enfers. Tout partait pourtant bien, mais le dérapage n’a pas cessé dès lors que l’emprise a été scellée par la peur de perdre la garde de son enfant. Quelle mère ne serait pas terrorisée à cette idée ? C’est ainsi qu’il a pu la retenir prisonnière d’une geôle qu’il a lui-même façonnée.

Ce qui m’a le plus touchée, au point d’avoir des larmes couler sur mes joues, de colère surtout, c’est l’absence de remords de la part de cet homme, qui pensait agir dans son bon droit, sans tenir compte de l’état de sa femme. Car cette maladie, la psychose maniaco-dépressive met la personne dans un état de grande souffrance si elle n’est pas soignée et suivie de près par un psychiatre. C’est une maladie qui demande des soins, de l’attention et de l’amour de l’entourage pour permettre à la personne de vivre en harmonie. Bianca n’a pas eu cela … Elle a eu en face d’elle un homme qui a utilisé sa faiblesse pour assouvir tous ses vices et ses perversions, dans une violence sans nom… Cet homme, pour moi, est un monstre.

J’applaudis de mes deux mains Bianca d’avoir posé son masque lors de son récit pour se mettre à nu, et nous livrer sa version de l’histoire. Il en fallait du courage ! Je la remercie déjà en tant que femme, car je pense que son récit permettra à d’autres personnes de se livrer elles aussi, de raconter leur histoire, de libérer leur parole. Je remercie aussi Bianca car elle a fait preuve d’une humanité et d’une humilité dans ce témoignage qui l’honorent. Il est temps d’ouvrir les yeux et de cesser de les fermer lorsque le sujet dérange. S’il dérange justement, c’est qu’il a touché un point sensible et donc qu’il va cheminer. Alors Messieurs, Dames, dites-vous que derrière chaque histoire de cet ordre-là, se cachent des drames qu’il est temps de considérer.

Chers lecteurs, cette lecture n’est pas facile, mais le style est tellement prenant que nous entrons à ses côtés avec amitié. Sans oublier sa playlist qui me ravit en tant que musicienne.

Cécile Ducomte

Cendrillon du trottoir – JDH Éditions

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