Archives pour la catégorie Littérature en vrac

Salon du livre virtuel À PLUMES D’ELLES: la ROMANCE

Bonjour lecteurs et lectrices,
D’ici quelques jours, nous ouvrirons un nouveau bal littéraire virtuel sur le salon à plumes d’elles : celui de la ROMANCE.
Elle sera belle, sombre, aventureuse, fantastique et tant d’autres qualités.
Venez donc à la rencontre d’auteures et auteurs de romance afin d’égayer cet été à venir. Stand, jeux, gourmandises et rebondissements.
Plage, montagne Ou ville.
Découvrir est un désir de tous les instants.
Lire est un plaisir qui se transporte partout.
Nous accueillons nos premiers auteures et auteurs.
D’autres sont à venir derrière notre rideau…
N’hésitez pas à vous abonner sur la page Facebook.

L’équipe À PLUMES D’ELLES 🖤❤

Mémoires de déesse – Philippe Hasard

Philippe Hasard auteur discret de ce joli roman « Mémoires de déesse »

Notre auteur

Philippe Hasard est auteur depuis 10 ans entre les lignes de son beau métier de professeur des écoles.

Sur les bancs de l’école, il y a trouvé une première voie. Celle qui l’embarque vers l’archéologie et l’histoire de l’art. Ce chemin a son importance car il y étudie ce qui le fascine et ce qui fera son écriture.

 Né en 1965 dans les Ardennes, Philippe Hasard vit désormais à Montpellier. Passionné par l’Antiquité, l’archéologie et les voyages, il ramène de ses périples des idées de roman à partir d’un objet archéologique.

La poésie a, avant tout roman, jonché ses feuilles et coulé de son encre jusqu’à la découverte mystérieuse d’un tesson de céramique.

Il aime imaginer à partir d’un objet créé il y a longtemps de cela et inventer ainsi son histoire.

On le croit volontiers curieux de ce monde qui l’entoure cherchant constamment ce que celui-ci nous cache pour mieux nous l’écrire en délicatesse.

Cela fait de lui un voyageur et dans son sac, il nous ramène ses histoires.

On le sent homme serein d’où son intérêt pour ces objets qui nous survivent malgré l’agitation extérieure.

Il a une empathie d’écrivain. Il vit ses personnages. Il devient eux. Il regarde et voit comme eux. Il sent et ressent comme eux.

Son livre

Lorsque nous demandons à Philippe Hasard de nous raconter comment lui est venu l’idée de cette déesse traversant le temps et les vies, il évoque le site archéologique de Morgantina. Un site perdu en Sicile.

Il nous raconte aussi comment la statue ayant fait la richesse de cet endroit, statue exposée aux Etats-Unis, fut à l’origine de textes de lois régissant la protection des objets archéologiques et commandant la restitution d’objets à leur pays d’origine.

D’ailleurs, la statue dont il nous parle sera rendue à l’Italie.

Cette statue est l’incarnation de « « Mémoires de déesse ». Elle vit et est ballottée d’un pays à un autre, d’un temps à un autre.

Dans un exercice d’écriture peu évident, Philippe Hasard réussit à capter le monde autour de cette statue et à nous le conter. Il nous livre des chapitres courts car ceux-ci sont des souvenirs de cette déesse statufiée.

Il évoque les travers du monde de l’art où un objet, pourtant témoin de notre Histoire, devient un vulgaire objet de commerce et de contrebande.

Il dira « cette statue monumentale témoigne des enjeux économiques, politiques et culturels dont elle a été victime (…). »

Un roman court mais particulièrement bien documenté et recherché. Pour cela, Philippe Hasard a pris le temps d’interviewer les employés du musée de Sicile, de rencontrer un guide au fait de l’histoire de cette statue. Il lit aussi de nombreux articles.

Un roman historico-archéologique mais un roman où nous devenons aussi, comme l’auteur, cette statue n’ayant pas prise sur le monde.

Philippe Hasard s’attelle déjà à son prochain roman. Son objet archéologique sera une amphore romaine.

Il développe aussi un concept intéressant de lecture pour adulte et enfant à travers un livre et un jeu.

https://sites. Google.com/view/unehistoireapartager

site de l’auteur : https://sites.google.com/view/philippe-hasard

interview sur RPH : htpps://youtube/2wEKOoB8QLc

Laetitia Cavagni

écrivaine et poète

Chronique de « Alice aux petites balles perdues » – Aurélie Lesage.

Rédigé par BIANCA BASTIANI

https://jdheditions.fr/produit/alice-aux-petites-balles-perdues/

« Mais je sais qu’un mardi, nous irons flâner au bord des rivières, il n’est pas encore temps. Mon coeur bat si fort, il voyage jusqu’aux profondeurs cachées de nos amours. Mon amour, tout n’est que ravissement, nous y serons bientôt. »

J’avoue que ce roman m’attirait depuis longtemps, et ce pour de nombreuses raisons. Déjà, il y avait cette superbe couverture dessinée par Yoann Laurent-Rouault, directeur littéraire et artistique de Jdhéditions. Ce dessin est une véritable œuvre d’art. J’aime exposer de beaux objets dans ma bibliothèque. Indéniablement, la couverture d’« Alice aux petites balles perdues » séduit et attise la curiosité. Ensuite, la personnalité sensible et sincère d’Aurélie Lesage avec laquelle j’échange régulièrement sur les réseaux sociaux. Et puis, je ne pouvais pas passer à côté d’un livre dont la critique sur les divers blogs littéraires était aussi élogieuse. J’ai quelque peu tardé à me l’offrir, car ma PAL était déjà bien remplie. Je l’ai lu avec un réel intérêt et c’est avec un énorme plaisir que je vous livre mon ressenti sur un premier roman totalement maîtrisé. Une grande auteure est née !

Alice est une adolescente différente et introvertie surnommée l’autiste. Elle s’est rapprochée d’une jeune fille superficielle qui sort avec tous les garçons du lycée. Leur relation s’est nouée autour des devoirs de math. Nikki est médiocre dans cette matière, alors Alice l’aide de son mieux. Il ne s’agit pas là d’une véritable amitié. Leurs caractères sont diamétralement opposés. Un soir, Nikki entraîne notre héroïne à une fête où cette dernière se rend en traînant les pieds. Sur place, elle accepte un pari stupide. Un garçon la met au défi de jouer à la roulette russe tous les jours pendant une semaine devant sa webcam. Il lui fournit une arme chargée. Nous suivrons donc Alice avec ce pistolet sur sa tempe… Elle fera une fugue et rencontrera de nombreux personnages tout au long de son errance. Elle se questionnera et nous poussera à réfléchir au sens de la vie, de l’amour, mais aussi de la mort durant sa quête initiatique. Son périple raconté de façon très poétique et sensible vous bouleversera. Tout au long du récit, une mystérieuse voix s’adresse à Alice et l’aide à acquérir plus de maturité. C’est peut-être la voix de sa conscience ou celle d’un ange gardien. Chaque lecteur en aura sa propre interprétation…

Ce conte urbain pourra en déstabiliser certains. Personnellement, j’ai beaucoup aimé. C’est très philosophique et la plume est remarquablement poétique. Les problèmes d’une jeunesse moderne en manque de repères sont décrits avec profondeur, tendresse et émotion dans ce roman d’une grande qualité littéraire.

Je tiens à ajouter qu’Aurélie Lesage est une artiste aux multiples talents puisqu’elle fait aussi de la musique (composition et chant). Un album verra bientôt le jour. Nous en reparlerons sur « À plumes d’elles »…

Sébastien Didier : plume de l’ombre mais écrivain de lumière

Dans une ville fort fort lumineuse tricotées de msytères italiens et d’austérité à la française, nacquit un auteur quelque part dans ce siècle alors encore existant, le 20 ème siècle.

Dans cette ville donc,située au fond de la baie des anges, Sébastien Didier vit le jour et pour notre plus grand plaisir de lectrices à A plumes d’elles, avec le talent de l’écriture.

Nous l’imaginons nourri d’images et de musiques, des histoires défilant déjà dans sa tête de futur créateur de livres à suspense. Un suspense que l’on pourrait même décrire comme atypique dans son dernier livre « Cequ’il nous reste de Julie » sorti le 1er avril de cette année.

Mais, n’allons pas trop vite dans la découverte de Sébastien Didier.

L’auteur encore enveloppé de sa chrysalide

Il se lance d’abord dans le mileu de la presse et de la publicité. Milieu qui, finalement, font de lui un bon communiquant sur ses réseaux sociaux actuels. https://www.facebook.com/sebastien.didier.7

https://www.instagram.com/sebastiendidierauteur/

Il débute l’écriture simplement en tentant des concours sur la plateforme fyctia (https://www.fyctia.com/ ). il arrive, l’air de rien, en finale d’un concours grâce à « Je ne t’oublie pas ». C’était en 2017. Ce même livre se verra aussi sélectionné au salon du livre de Paris lors d’un coucours de thriller.

Cela lui est insuffisant et il réitère son crime en 2018 en se présentant au concours du meilleur thiller VSD Michel Bussi avec son deuxième opus « Les yeux bleus ».

Nous le pensons bon communiquant et cela s’avère efficace notamment lorsqu’il décide d’auto-publier son premier livre « Je ne t’oublie pas ».

il a compris que même le talent doit se démontrer en se mettant soi-même en vitrine tout en gardant la pudeur appréciable et peu commune à nombre d’artistes.

Quelques mois plus tard, une maison d’édition le contacte et lui propose un (vrai) contrat de (grand) futur auteur qui petit à petit sème ses cailloux blancs et accrochent ses lecteurs par des histoires que l’on peut qualifier d’extraordinaire dans un monde ordinaire. La maison d’édition Hugo crée une nouvelle collection : Hugo Suspense.

Sébatien Didier a en fil rouge ceci : tout peut arriver à n’importe qui. Nous pourrions être le sauveur ou l’assassin.

Il retravaille « Les yeux bleus » et celui-ci est aussi publié dans la collection Hugo suspense en 2020. Et, encore, oui encore, il se rend coupable d’une écriture de talent car voilà « Les yeux bleus » parmi les 10 sélectionnés pour le Prix de L’évêché.

« Le Prix de l’Évêché–Polars du Sud est un prix littéraire créé en 2018, à l’initiative de diverses personnalités issues des instances de la Police Nationale, de deux clubs Rotary de la région de Marseille et de lecteurs passionnés de littératures policières.

Le prix a pour but de récompenser chaque année un ouvrage dont le scénario se déroule le grand sud de la France (du Languedoc-Roussillon aux Alpes-Maritimes, y compris les Alpes du sud et la Corse) et dont l’intrigue et la qualité de l’écriture sont particulièrement remarquables. »

https://www.bepolar.fr/Prix-de-l-Eveche-Polars-du-Sud-La-selection-2021

L’auteur enveloppé de l’homme

Nous l’imaginons solitaire, la plupart du temps, dans un vieux t-shirt d’un groupe de rock. Peut-être irlandais. Une bière belge posée près de ce qui lui sert de support d’écriture. Un ordinateur ? Un cahier ? Quelques stylos ? Un dictionnaire ?

Ne révélons pas tout de son intimité d’auteur.

Ce qu’il ne cache pas, est :

Son amour pour la musique qui rythme et fait chanter les mots de ses livres. Il aime le rock oui. Ce qui le transporte et que ses phrases sonnent bien à nos oreilles après avoir sonnées aux siennes. Parois, il gratte quelques morceaux et chante quelques titres.

Cet auteur malin a créé une playlist qui accompagnera notre lecture de « Ce qu’il nous reste de Julie ».

Nous avons aimé « Prepare to fall » de Amy Mac Donald. Elle chante :


Te sens-tu seul quand tu es entouré parle monde que tu connaisT’es-tu déjà senti dépriméComme si t’étais six pieds sous terre

Et, à ce moment-là, page 224, je lis «j’étais ému de le retrouver aussi. Beaucoup de pensées m’assaillirent alors. Et parmi celles-ci en surnageait une, poignante.

Qu’avais-je fait de ces années ? ».

A vous d’être des curieux intelligents en lisant la suite.

Son inspiration est multiple qu’elle vienne de la musique mais aussi du cinéma voire de ce qu’il observe du monde, des gens. Un détail. Un événement. Son imagination déroule des histoires alors qu’il vous parle du temps qu’il fait ou qui passe. Se demande-t-il ce que vous feriez si, par hasard, un inconnu vous appelait par erreur sans parler. La ligne se coupe soudainement mais vous avez pu entendre, au loin, un train.

Vous ouvrez le journal quelques jours plus tard, comme chaque matin, un café fumant et fort posé sur la table collante du petit-déjeuner de vos enfants.

Un cadavre a été retrouvé près d’une voie ferrée.

Que feriez-vous ? Coïncidence ou signe du destin ?

Voilà ce qu’il imagine en nous parlant.

Il écrit en construisant un pont entre ses histoires et les lecteurs. Il nous permet, avec simplicité et bienveillance, de nous aventurer sur ce pont sans crainte de ce genre que l’on dit à suspense. Il humanise son récit et le rend accessible même pour les pétochards.

On sent qu’il vit l’écriture de ses histoires. Il travaille sans plan. Il se surpend autant qu’il nous surprend. Mais, attention, c’est un auteur intelligent qui maîtrise son métier d’auteur. Ce n’est pas du free style. Il sait où il nous mène.

On imagine parfaitement ses récits sous forme de scénarii et on l’imagine même lui les écrire. Il a le rythme. Il a le style et il a l’amour de ce format d’art dont il nous parle avec générosité.

Il n’écrit pas du sensationnel, du trash qui tranche, du sang qui salit. Il évite les descriptions «m’as-tu-vu» qui restent à traîner dans nos mémoires par le malaise qu’elles provoquent. « je pense d’ailleurs qu’une phrase bien choisie vaut une page mal sentie », dit-il.

Il saupoudre son suspense d’émotions afin que nous nous attachions aux personnages et là, la mécanique de notre cœur, la mécanique de nos sens se laissent emporter par ses histoires si bien écrites.

L’auteur enveloppé de ses œuvres

« Je ne t’oublie pas » est le tout premier à naître de sa plume. Il nous raconte simplement la disparition d’une épouse, celle de Marc Vasseur. Ils vivent dans un lotissement luxueux mais surprotégé du monde extérieur. La police classe l’enquête et tamponne le dossier de la mention « abandon de domicile conjugal ». Mais, Sandra, l’épouse disparue, aurait-elle laissée sa fille Lisa ?

Trois mois s’écoulent. Marc reçoit une photo. Une jeune fille porte un médaillon. Celui de sa femme.

Dans ce livre, l’auteur pose déjà une écriture visuelle au plus proche de ses personnages avec cette impression d’écrire nous-même l’histoire au fur et à mesure des chapitres. On est embarqué d’un côté pour finalement être déposé ailleurs. Qui est le véritable monstre dans l’histoire ?

« La mémoire, sûrement le seul héritage digne de ce nom reçu de cette famille de dingue, pensa-t-elle. Cette faculté à conserver et compartimenter chaque visage, chaque accent, chaque intonation, chaque expression dans la grande bibliothèque de sa pensée et à pouvoir y retourner le moment venu pour en exhumer un ouvrage oublié. »

« Les yeux bleus » est l’horreur d’un assassinat familial. Père, mère et enfants. Cela se passe en 1986.

En 2018, un enfant est enlevé. Son grand-père est jalousé. On pense à l’enfant et l’on se glace. Jusqu’oû se permettra d’aller son père pour le retrouver ?

Il est puissant cet homme. Claude Cerutti. Il a aussi des secrets.

Le récit est construit avec logique et des rebondissements. Et une nouvelle fois, l’auteur ne nous donne que des directions que l’on suit avec confiance mais nous embarque sur un autre rivage. On cherche. On pense avoir compris mais « tel est pris qui croyait prendre ». Sa machination prend forme et on se laisse prendre jusqu’à la fin.

« – Tu vois , Joseph -Marie, l’homme est capable du plus beau , du plus incroyable, du plus irréel. Il construit des bâtiments qui touchent le ciel , il peut aller sur la lune , il soigne des maladies impensables .Mais il est aussi capable du pire . Parce que le pire , malheureusement, c’est souvent ce qu’il y a de plus facile. »

« Ce qu’il nous reste de Julie » est, à mon sens, son meilleur livre. On sent toujours l’efficacité de son écriture mais il y a mêlé sa sensibilité personnelle à la fluidité d’un suspens agréable à suivre. Encore et encore.

Il nous parle de Sébastien, auteur au succès relatif. Celui-ci a quitté sa ville natale, Sainte-Geneviève, au Sud de la France suite à la mort de Julie, son amour d’adolescent. Il ne peut l’oublier cette Julie.

Mais, quoique l’on fuit, quoique l’on tente d’oublier, la vie nous ramène toujours vers nos origines.

Sébastien, sur les conseils d’un libraire, dévore le livre d’une auteure vivant Outre-Manche. C’est l’histoire de Julie, sa Julie. Il ne comprend pas alors il cherche. Il enquête. Julie est-elle réellement morte ? Comment cette inconnue peut-elle décrire avec autant de détails ce que lui-même a vécu ?

C’est un livre que l’on dévore, dont on se remplit. Il nous tourne en tout sens. Il nous détourne pour mieux nous entourlouper. À la Agatha Christie, qu’il affectionne, il nous lance sur des pistes erronées avant de nous récupérer par la main avec humanité et nous fracasse contre la vérité. La seule. Celle de Julie.

Sébastien Didier, dans chacun de ses livres, nous donne cette leçon, cette bonne leçon : ne vous fiez jamais aux apparences de ses histoires mais aussi de ceux que vous côtoyez au quotidien.

Et nous, à A plumes d’elles, nous vous conseillons de la découvrir avec délectation cette écriture qui va du tac au tac sans essoufflement.

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Chronique « L’appel de Clara » de Cécile Ducomte.

Rédigé par BIANCA BASTIANI.

https://jdheditions.fr/produit/lappel-de-clara/

Cécile Ducomte nous livre un roman fantastique d’une grande sensibilité. Il s’agit là d’un ouvrage atypique comme vous n’en avez encore jamais lu. Son livre n’est pas banal. Personnellement, je suis conquise. Cette lecture fait un bien fou. Le message est positif écologiste et philosophique. J’ai lu son œuvre en pleine nature, entourée d’animaux à un moment de ma vie où je me trouvais en grande souffrance psychique. J’en ai retiré beaucoup d’apaisement et de sérénité. Si vous le pouvez, lisez « L’appel de Clara » dans une forêt, un parc ou sur une plage déserte. Il n’en aura que plus d’impact et de résonance.

Le 15 août 2018, au beau milieu d’un rêve, l’auteure reçoit l’appel de Clara, médium et messagère de Gaïa, la Déesse mère. Cécile voyage alors à destination d’un nouveau monde dans une étrange fusée en compagnie de 6 autres personnes toutes issues d’époques et de lieux différents. Ces hommes et ces femmes ont en commun un amour intense pour la nature ainsi qu’une perception extrasensorielle hors du commun. Ils n’ont pas été choisis par hasard… Ils atterrissent dans un univers d’une beauté inouïe et font connaissance les uns avec les autres. Ensuite, ils explorent ce monde inconnu à la recherche d’une grotte magique, guidés dans leur quête par une lumière bleue, un arbre millénaire et des animaux. Finalement, ils retrouvent Clara dans cette merveilleuse grotte où un message de la Terre leur sera délivré ainsi que bien des secrets…

Cécile Ducomte exerce le beau métier de musicienne tant au piano qu’à la flûte. Elle manie sa plume avec virtuosité comme si son récit était une partition, et ce pour notre plus grand plaisir. Depuis toujours, cette auteure hypersensible fait des rêves lucides qu’elle retranscrit sur papier. À l’aube de la quarantaine, cette maman a toujours vécu entourée d’animaux et en osmose avec la nature. Une belle personne et surtout un talent à découvrir de toute urgence ! Répondez donc vous aussi à « L’appel de Clara » ! Vous ne regretterez pas votre voyage.

Cécile Ducomte à la flûte traversière.

Chronique sur les œuvres de Vincent Blénet, auteur atypique.

Rédigé par Laetitia Cavagni et Bianca Bastiani.

Vincent Blenet a eu la gentillesse de nous remettre cinq de ses ouvrages dont le dernier sortira au mois d’avril « Mort sûre d’amours ».

Ce jeune auteur prolixe en écriture nous a permis de lire en autre et aussi ses quatre précédents ouvrages :
Gazhell, Carnets d’une décennie, 666 nuances de braises, De feux et d’encres.

Il a un style qui peut sembler hermétique et froid voire glacial car il ne « mâche pas ses mots » comme on peut le dire vulgairement. C’est donc un style qui peut déplaire mais au moins, il y met ses tripes, sa vision honnête du monde et même ses émotions.
Autant de générosité, ça se remarque et ça se respecte.
Il a, pourtant et malgré cette apparente dureté du verbe, une prose poétique. Il utilise souvent l’envolée poétique afin de décrire une scène ou un personnage. Cela donne un côté romantique à ses œuvres.
Nous retrouvons son engouement pour ce poète qu’était Charles Baudelaire dans sa vision crue et directe de son univers.
Dans ses livres, nous avons pu observer plusieurs thèmes qui semblent l’interpeller de façon presque obsessionnelle :
La religion, les anges, l’enfer et les femmes.
Tous ces thèmes se rejoignent en un mystère insoluble pour ce jeune auteur.
Au fond, n’est-il pas simplement un auteur à l’écriture gothique et noir donc ?
On y ressent une souffrance immense. Sa douleur, il nous la partage.
Vincent Blenet ne cache pas sa maladie. Sa pathologie psychiatrique. Il est bipolaire, schizophrène et vit avec des bouffées délirantes. Est-ce que cela explique cette noirceur romantique en lui en tant qu’auteur ?
Nous serions bien hypocrites de penser que cette noirceur n’a pas sa place dans le monde de la littérature. Le monde n’est pas recouvert de guimauves et d’odeur de roses.
Ecrire est une thérapie addictive pour lui. Nous pouvons déjà compter 17 recueils. Quelle énergie ! quelle soif de partager aussi ! Il pourrait décider de les garder et de nous éviter cette crudité mais il refuse de nous épargner et ce qu’il vit et ce que peut être aussi la réalité intérieure et extérieure.
Parfois, il nous a été difficile de poursuivre la lecture de certains paragraphes choquants pour nous qui ne connaissons pas les méandres de son écriture ni de ses souffrances. Mais, lorsque l’on réussit à surmonter ces tremblements de terre violents, nous avons la surprise de lire des poèmes érotiques. Tous sont dédiés à des femmes connues par l’auteur et avec grand respect. On sent, là aussi, une souffrance due à ces femmes qui ne lui jettent même pas un regard.
Il se met aussi à nu lorsqu’il raconte ce harcèlement scolaire subi du fait de sa différence. Il est malade, a de l’embonpoint et un look de gothique.
On peut le qualifier d’hypersensible frustré par le manque de lien social.
Et, soudainement, il écrit sur sa famille. Son écriture change. Elle devient élégante. On sent cet attachement entre lui et sa mère, entre lui et sa grand-mère.
Parfois, ses histoires nous paraissent décousues. Est-ce des effets de sa maladie ? Peu importe puisque Vincent Blenet à son lectorat.

A plumes d’elles, nous ne jugeons pas les auteurs mais leurs créations. Nous pensons aussi que l’empathie dans ce milieu de l’édition difficile est essentielle.
Qu’on l’aime ou qu’on le craigne, Vincent Blenet y a toute sa place. Il y a de la qualité dans ses livres lorsque l’on dépasse ce mouvement de recul que l’on peut avoir aux premières lignes.
Vous pouvez retrouver ses livres à la maison d’édition « La compagnie littéraire ».
https://www.compagnie-littéraire.com/

Le coeur du monstre de David Krampz.

Rédigé par Bianca Bastiani.

Le roman « Le coeur du monstre » de David Krampz est disponible sur Amazon et à La nouvelle librairie, 11 rue de Médicis, Paris.

https://www.amazon.fr/C%C5%92UR-DU-MONSTRE-DAVID-KRAMPZ/dp/B08S2VSZYD

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur de m’avoir envoyé son premier roman en Service Presse.
David Krampz est acteur. Il signe là une œuvre de fiction au thème contestable, mais néanmoins intéressante. Mon avis sur cette lecture sera mitigé. J’ai eu entre les mains un véritable OVNI littéraire tant par sa forme que par son propos.
Le livre est écrit à la manière d’une enquête reportage agrémentée de nombreux échanges de courriels, mais aussi de poésie, du slam. Les envolées lyriques sont superbes, une écriture à couper le souffle. Indéniablement, David est un auteur même s’il est plus connu en tant que comédien. J’ai adhéré à la narration sous forme de flash-back. Je ne me suis pas perdue dans le récit malgré les fréquents changements d’époque.
Ce roman est empreint de beaucoup de psychologie. Les événements sont présentés du point de vue du « délinquant ». Cela contribue à l’originalité de cette œuvre.
L’auteur nous conte les déboires judiciaires d’un « antihéros », Aryan, au Cambodge, mais aussi en France pour se disculper d’une accusation de viol sur sa fille adoptive Sreya âgée de huit ans. Il nous raconte l’enfer des geôles cambodgiennes, la corruption de tout un pays, police et ONG comprises et le business autour de la pédophilie dont les humanitaires sont complices.
Aryan m’a causé de nombreuses interrogations. Tout au long de l’intrigue, je ne cessais de me poser des questions sur ce « monstre » tellement humain. Son humanité me dérangeait à un point que je ne savais pas dans quel camp le ranger. Était-il un gentil ou un méchant ? Il aime sa fille. Il l’a sorti de la rue, de la mendicité. Il lui a offert un toit et une éducation. Très vite, l’on croit comprendre que les accusations de viol qui ne sont étayées d’aucune preuve sont fausses. Mais qu’est-ce qu’un viol au juste ?
Serya était encore vierge alors que son père a été inculpé. Sa virginité, elle l’a perdu au sein d’une ONG aux pratiques douteuses contre laquelle Aryan se bat bec et ongles. Il soulèverait des montagnes pour mettre la petite à l’abri de cette organisation et la protéger. Insoumis et provocateur, il bouillonne de colère. Don Quichotte des temps modernes, il se bat contre des moulins à vent. Il l’aime sa gamine, un peu trop même…
Je suis féministe et je le revendique. Certains passages m’ont mise mal à l’aise. Je me suis souvent dit, je ne peux pas cautionner de tels propos, même dans une œuvre de fiction, notamment sur la question du consentement… Ce roman aura au moins le mérite de nous faire réfléchir et il nous place dans le cœur du monstre. Je trouve que David Krampz a eu beaucoup de courage de nous livrer une telle œuvre qui sera certainement sujette à débat.

J’ajouterai que j’ai vécu avec un monstre. Il avait lui aussi un cœur, sinon, je n’aurais pas pu l’aimer, mais ça, c’est une autre histoire…
Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir » (autobiographie).

La chaîne YouTube du comédien David Krampz

https://www.youtube.com/DavidKrampZ

BRING ME YOUR LOVE

Charles Bukowski and Robert Crumb

Il s’appelait Charles. Il est né en Allemagne et mort quelque part sur terre mais ça on s’en fout comme il se foutait des convenances et des remarques sur sa grossièreté et… son inconvenance.

Tout ce pot-pourri exécrable a fait de lui le poète d’exception et l’auteur de génie.

Il s’appelait Bukowski. Il est né le 16 août 1920 et mort toujours par là et on s’en fout toujours autant.

Par contre, ce gaillard grassouillet ne pouvait vivre sans cette encre essentielle : l’alcool. « Je continue à lever mon verre, comme s’il se déversait dans un grand vide. J’admets qu’il y a une stupidité ancestrale en moi qui ne peut être résolue. Je continue de boire, de boire… »

Ce personnage inimaginable, presque sorti d’un livre, moi je dirais même de Zola. Bagarreur, vomisseur, sanguinolent. Aimant le sexe et les souillures. Se détruisant mais à coup de vie. Jamais à coup de mort. Il a vécu lui. Intensément. Fiévreusement.

Il semble assommer par la douleur et la mélancolie. Le hasard ? Peut-être pas. Lui qui a eu droit de vivre auprès d’un père violent et tyrannique et d’une mère soumise. Deux extrêmes. Jamais de milieu juste ou de juste milieu.

C’est à 10 ans que l’écriture le rencontre. C’était juste une rédaction dans laquelle il devait raconter la venue du président Hoover. Il invente. Il rapièce. Et, il se découvre.

Lui, l’enfant enfermé et frustré par un père qui a peur de l’échec qu’il se renvoie à lui-même mais le fait payer à son fils et son épouse.

Voilà ! Cela créera l’un des plus grands écrivains au monde qu’on l’aime ou le haisse. On ne le sait pas forcément mais il écrivait avec l’oreille caressée de musique classique. Finalement pas si indélicat le gars.

Et dans l’autre coin du ring ? Robert Crumb. Américain pur souche. Une histoire familiale lambda. Il commence à dessiner très jeune avec ses frères et sœurs. Des personnages à la Disney.

Il réalise des cartes de vœux en début de carrière. Des animaux dans des comics et change de voie en créant des parodies sexistes de bandes-dessinées ou des histoires dépravées.

Il se décrit lui-même dans ses bandes-dessinées. Infidèle, dépressif, obsédé sexuel.

Il refuse la complaisance. Il écrit et dessine sur l’aigreur, la frustration, les fantasmes noirs.

Il est obscène, virulent, mysogyne.

Il fallait alors qu’ils créent ensemble ces deux misanthropes. Et c’est un bijou ce petit livre, à l’air de rien, réédité aux éditions Au Diable Vauvert.

Format simple comme en carton qui ne vous coûtera que 9 balles. Mais putain, il dépote et par ces dessins illustrant parfaitement l’absurde du texte.

Je vous raconte ?

Harry visite une femme. Elle c’est Gloria. Gloire à Gloria, la folle.

Elle l’insulte et se frappe. Elle le rend dingue mais c’est elle qui est folle. C’est sa femme.

« Tu es un fourreur de pute, Harry. Tu fourres les putes. »

Il a été obligé de la faire interner car elle devenait dangereuse pour lui et pour elle.

Étrange scène où le psychiatre apparaît et où la gente dame s’adoucit exprimant son mieux-être.

«Oui, docteur Jensen, j’étais justement en train de dire à Harry à quel point je me sentais plus stable… » Certes.

Je vous laisse découvrir ce dessin incroyable de cette femme corpulente se mettant un gnon dans la tronche. Je vous jure que j’ai encore les côtes qui frétillent.

Alors oui, ces auteurs (et ce livre) ont un côté gnangnan à la « maman, un câlin s’il te plait. J’suis un pauv’e gars qui fait de son mieux. »

Mais, il y a un mais. Mais, il est drôle et surprenant.

Prenons Bukowski et Crumb pour ce qu’ils sont et laissons de côté les porcs.

Ils disent une vérité mais elle peut ne pas être la nôtre.

Ce livre vaut bien qu’on s’y arrête.

Parce qu’en plus ce pauvre bougre d’Harry est envahie par sa maîtresse. Il tente de la faire vibrer sous ses assauts d’homme en rut. Seulement, l’épouse n’est pas loin. Diablesse versatile tapie dans son ombre.

Et je me pose cette question à la fin du livre : est-elle internée par hasard ?

Je ne peux pas non plus m’empêcher de faire le lien avec une épouse de Charles Bukowski. Celle-ci est alccolique, suicidaire, nymphomane. Elle ne supportera pas qu’il écrive. Il devra la quitter pour retrouver sa plus fervente écarteuse de cuisses : l’écriture.

Ces deux auteurs se nourrissent du chaos mais avant tout, le leur.

Alors, en conclusion, juste ce petit mot. Ouvrez donc vos portes-monnaies ou sortez vos cartes bleues, platines…

Prêt ? Achetez-le et passez un moment…à vous de voir.

Moi ? Je me suis souvenue de cette conversation avec l’une de mes patientes. Celle-ci me dit : « j’adore les enfants. J’aimerais en avoir. Parfois, lorsque j’en croise, je voudrais les enlever mais je sais que c’est interdit par la loi. »

Laetitia Cavagni

auteure et poétesse

J’ai tangué sur ma vie de Maryssa Rachel.

Rédigé par Bianca Bastiani.



https://jdheditions.fr/produit/jai-tangue-sur-ma-vie/

Roman de 369 pages dans la collection Magnitude indice 7 pour lecteur informé.

Il est des lectures qui vous marqueront à tout jamais, dont vous ne ressortirez pas indemnes. « J’ai tangué sur ma vie » est de celles-ci. Un livre coup-de-poing, une claque, une cascade d’émotions brutes ! Malgré l’âpreté du sujet, ce roman se lit très facilement. Je n’ai pas pu le lâcher dès lors qu’il a été ouvert. Je l’ai dévoré en à peine quelques jours. J’ai vraiment adoré cet ouvrage .

L’auteure nous conte l’histoire de Dédé, un alcoolique maniaco-dépressif, mais aussi un mari et un père de famille aimant. Dès le départ, on comprend que notre antihéros n’a pas de chance et que pour lui, c’est foutu d’avance. Trop tôt marié à une femme qu’il a engrossée et qui ne l’aimera jamais, André souffrira toute sa vie durant de ce manque d’affection et de tendresse. Françoise est la femme de sa vie, son grand amour. Elle ne lui accordera que mépris et rancune. Après tout, il a gâché son avenir en la mettant enceinte. Dédé fait de son mieux pour être un bon père pour la petite Magali. Il travaille dur pour que sa famille ne manque de rien. C’est un bon élément alors son patron lui offre une promotion, un meilleur salaire et des responsabilités. Mais Dédé n’est pas à la hauteur pour diriger son équipe. Alors, il boit, il cache des bouteilles dans son casier à l’usine pour se donner du courage. Pour faire plaisir à Françoise, il achète une maison avec jardin. Mais sa femme n’est jamais satisfaite. Elle passe son temps à se plaindre. André préfère aller au café en compagnie de ses amis poivrots plutôt que d’entendre des jérémiades incessantes. Entre temps un autre enfant est né, Ludovic. Un pavillon de banlieue, un chien, deux gosses, une jolie femme et des fantômes qui rodent autour de Dédé. Sa maison est construite sur un ancien cimetière. Simone la vieille pute, sa compagne de beuverie le lui a raconté au café. Plus le temps passe, plus il s’abîme, s’écorche et dégringole. Les spectres l’engloutissent . Les angoisses l’étouffent. La bouteille est sa béquille, sa maîtresse et sa meilleure ennemie. Il vomit tripes et boyaux. Il se chie dessus. Il pue de la gueule. Nous assistons impuissants à sa déchéance. Et pourtant il est tellement attachant notre Dédé. Plusieurs fois, j’ai eu envie de le secouer. J’ai espéré en vain qu’il se ressaisisse. Il m’a bouleversée.
J’ai suivi son parcours de cure de désintoxication, en maison de repos et hôpital psychiatrique. Rien n’y fera, il continuera de se détruire en tanguant sur sa vie.

Le style de Maryssa Rachel est percutant, addictif et jalonné de nombreuses références musicales et poétiques. Malgré l’aspect dramatique, l’écriture nous plonge avec délice dans la nostalgie des années 70, 80 et 90. L’ensemble, très vivant et réaliste, ne donne pas dans le pathos. De petites touches d’humour et d’autodérision ont achevé de me séduire. Un très grand livre, sans aucun doute ! Après l’avoir lu, vous ne regarderez plus jamais un alcoolique de la même façon.

Bianca Bastiani Auteure.

Voici les vidéos de Maryssa avec extrait du livre et bande-annonce :

https://youtu.be/jGxSqlvpUTk

https://youtu.be/aFaZ6E-MHXg

Le monde dans le dos – Thomas Melle

Le monde dans le dos – Thomas Melle
Éditions Métailié

Rédigé par Bianca Bastiani

Le monde dans le dos de l’auteur allemand Thomas Melle est un roman singulier qui traite de la maladie de l’auteur, la bipolarité. Souffrant moi-même de ce trouble étrange, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt.


Ce récit autobiographique alternant avec quelques notes personnelles de Thomas et des articles de son blog pourra en déconcerter plus d’un, surtout ceux qui n’ont aucune notion de cette pathologie. Ce livre est à l’image du cerveau de son auteur, foisonnant, exalté, déstructuré. Thomas retranscrit ses émotions exacerbées telles qu’il les a vécues. Ça peut paraître fou, c’est pourtant formidablement bien écrit, sans pathos ni explications médicales inutiles et fastidieuses.

Ça m’a fait l’effet d’un road-movie déjanté. L’auteur raconte ses phases maniaques qui le projettent dans une dimension parallèle, un monde où les stars de la pop vivantes ou décédées lui font vivre des situations effarantes. Thomas est complètement paranoïaque. Il nage en plein délire et seuls ses amis, de plus en plus rares au fil des années qui passent et l’abîment, s’en rendent compte. Thomas allume la télévision et c’est à lui et à lui seul que le présentateur s’adresse. Il écoute une chanson de son groupe préféré et là encore, on parle de lui. S’il lit un bouquin, il y détecte des messages codés le visant. Dans les rues des villes qu’il arpente en tout sens, dans lesquelles il se perd, c’est encore pire… Le monde entier est un complot qui le vise. Il fera de nombreux séjours en hôpital psychiatrique, prendra des médicaments puis cessera son traitement brusquement. Il tombera aussi dans la dépression et tentera de se suicider.


L’auteur ne s’épargne pas. Il se livre à nous en toute sincérité et humilité. Son témoignage est poignant. Ce qui m’a le plus bouleversée, c’est sa dégringolade, son isolement social, son mal-être et les déboires administratifs et financiers qui en découlèrent.


J’espère que vous lirez ce roman et qu’il vous fera prendre conscience à quel point notre société est inadaptée et inhumaine pour les êtres différents, pour tous les Thomas en puissance. J’en fais malheureusement partie et je salue ici le courage de l’auteur. Merci Monsieur Melle d’écrire en notre nom, nous les malades psychiques.

Bianca Bastiani.