Tous les articles par Laetitia CAVAGNI

A propos Laetitia CAVAGNI

Nous sommes trois auteures alliant nos plumes à la découverte de la culture et du monde.

La femme libre sur un site de rencontre

(une tête ou un cul?)

Je tente une expérience qui m’interpelle à force d’en entendre causer par les célibataires de mon entourage.

Il y a ceux qui cherchent du sérieux. Ceux qui cherchent une discussion et de l’amitié. Et puis, il y a ceux qui cherchent une relation qu’on nomme casual.

Je veux comprendre pourquoi on ne se rencontre plus ailleurs que sur la toile. Pourquoi on ne se parle plus.

Je crée mon profil en passant par l’application Facebook Rencontres. Il y a déjà ma photo de profil (visiblement de bombasse) qui attire un nombre impressionnant de futurs prétendants si je puis les nommer ainsi.

Je ne mens sur aucune information. Il faut inscrire ce qui a de l’intérêt pour soi, si on fume et si on boit. Pourquoi ne pas demander si on se drogue ? Ha oui, et sa confession religieuse ou pas.

Évidemment, a t-on des enfants. Et les animaux ?

L’application nous dit de rajouter des photos. Allez, je m’y colle. Une sexy, la montagne, les livres.

Franchement, vais-je vraiment croire que les photos de la montagne intéressent ?

Et, je décide d’indiquer « relation casual ». Rien de sérieux.

Je ne veux pas blesser quelqu’un qui a une envie de tomber amoureux et d’être à deux.

Ce qui m’intéresse, c’est comment les hommes chassent les femmes dans ce contexte virtuel.

Parce que oui, ne nous leurrons pas, c’est de la chasse à cour.

Je ne suis pas juste. Je n’ai pas encore regardé du côté des femmes mais un homme m’avoue qu’il voit passer de nombreux faux profils féminins. Ce sont des asiatiques et elles ne cherchent clairement ni une aventure ni une relation honnête. Plutôt du cash, du flouze, du pèze.

Lui est dans une démarche sincère et pontentiellement amoureuse alors, mesdames, soyez pas des peaux de vache, bordel.

Je l’ai même rencontré loin de cette application. Il n’a jamais été question de sexe. Nous avons discuté. C’est donc en bonne voie pour une jolie amitié simple.

Je constate aussi ceci : beaucoup écrivent « amitié, discussion, relation casual, relation sérieuse. »

On est pourtant d’accord sur le fait qu’aucun de ces critères n’a le même sens. Tu veux discuter avec une pote, baiser la petite chaudasse qui passe ou te caser avec une femme bien pour toi ?

Ces différentes demandes ne donnent aucune envie de répondre positivement. Trop d’informations.

Faisons un arrêt sur image quant aux photos de profil. Je les regarde toutes. Celle du profil ne correspond malheureusement pas toujours à celles qui suivent. C’est fort dommage car être soi est pourtant ce qui fonctionne le mieux. Putain, mais on s’en fout de ceux qui jugent.

Par contre, messieurs, il y en a qui ne font aucun effort. Cessez de vous exposer avec vos supers bolides. On s’en bat les cacahuètes de ce qu’il y a sous vos capots.

Vous nous pensez réellement aussi vénales. Vous n’avez pas encore entendu parler de l’indépendance ?

Hé, j’ai un secret. Je bosse moi aussi.

Et, s’il vous plaît, un effort d’écriture que diable ! Plaire à l’autre n’est ce pas aussi démontrer que l’on peut aller plus loin plus haut ?

Naïve je suis, naïve je resterais.

Et pour moi ?

Les demandes affluent. Je supprimerais mon profil plusieurs fois pour le réactiver différemment et pourtant, les demandes ré-affluent. En montrer le plus de soi est ce qui attire.

Dernièrement, un auteur m’a appris quelque chose de juste et sensé : l’apparence prime sur le squelette de la personne.

Certains tentent et retentent. Allez savoir pourquoi alors que je dis non à plusieurs reprises. Visiblement, la notion de consentement n’est pas encore claire en virtuel.

Je me fais cette réflexion : une femme, une jolie femme de surcroît, c’est une aubaine pour ceux qui veulent tremper leur nouille. Ils pensent très sincèrement que femme libre signifie femme « open bar ».

Ho oui, vas-y Johhny fais glisser ton gourdin entre…Houla, je m’égare. Je vous prie de m’en excuser.

Indiquer « femme libre » attise l’agressivité chez certains mâles. Le refus est impossible à entendre et leur manière de s’adresser à moi est remplie de crudité. Il n’y a absolument aucune séduction ni même d’élégance. Je leur suis déjà acquise.

Il y a aussi tous ces jeunes coqs qui se pensent des hommes. Je vous relate cette conversation.

F., 25 ans, plutôt beau garçon est particulièrement direct. Je me permets de lui dire :

  • Je ne m’intéresse pas aux petits garçons. C’est certainement mon côté maternel qui ressort.
  • J’ai un diplôme supérieur et je bosse depuis longtemps maintenant.
  • Ta condition sociale et professionnelle ne font pas de toi un homme. C’est même arrogant de dire cela voire immature. Tu n’es pas encore un homme.

Et, il insiste le bougre. Il cherche une femme plus âgée pour l’expérience. J’hésite entre souffler d’agacement et rire.

Je mets fin à cette discussion stérile.

Pourtant, il refera une demande. Bref…

il y a aussi ces hommes qui s’affirment libertins et en couple libre. J’ai l’expérience du libertinage et de la liberté. Ce ne sont que des menteurs à eux-mêmes et à nous.

Ils n’ont jamais pris cette liberté mais 50 ans est arrivé soudainement. Ils veulent séduire sur la toile pour être plus discret ou se pensant plus discret.

Ils sont, malgré tout, plus subtils que leurs congénères plus jeunes.

Seront-ils vraiment capables d’assumer ces relations extra-conjugales ? Ont-ils conscience qu’ils entrent en relation avec quelqu’un qui n’est pas leur conjointe et qu’il va falloir cloisonner ces deux univers ?

Jeunes ou plus âgés, tous réclament des photos de corps nus. Je finis par demander à l’un d’eux s’il fait son marché et sa réponse est :

-je ne fais que commencer.

Que répondre à tant de délicatesse masculine.

Vous pourriez me dire qu’au fond, je sais où je mets les pieds. C’est que vous ne connaissez pas le monde libre. Il ne s’agit pas uniquement de sexe.

Les femmes et les hommes libres entretiennent aussi des relations avec ceux qui sont leurs amants et leurs amantes.

Le respect, le partage sont présents.

Le site de rencontre type « relation casual »

La relation casual est la relation occasionnelle mais pas forcément uniquement tournée vers le sexe. On peut aussi aller se balader, boire un verre, rire, voir un film et avoir de la tendresse. C’est une autre forme d’attachement et même d’amour. Cet amour n’entache en rien la relation inscrite que vous avez dans votre vie conjugale. Elle vous donne le droit, si vous tombez sur la ou les bonnes personnes, d’être qui vous êtes entièrement, pleinement et pour vous épanouir.

Ce n’est pas le coup d’un soir. On peut continuer à la nommer occasionnelle car jamais vous ne construirez un avenir ni ne vivrez ensemble.

Elle peut être belle. Parfois, elle se transforme en simple amitié.

Ce n’est pas la femme en petite tenue sur les réseaux sociaux qui expose clairement son envie. Et pourquoi pas me dire-vous ? Elle est tout aussi respectable.

La relation libre vous remplit de la différence de l’autre. Aucun n’est le même et aucun ne comble quelque chose. Le consentement est réel. Ce n’est pas jeu. C’est une relation adulte et non une tromperie.

Car oui, ce qui est moche, c’est d’être malhonnête avec celui ou celle qui a déposé toute sa confiance entre vos mains depuis si longtemps.

Soyez donc honnête et clair ou alors remontez vos petites culottes et vos caleçons.

Je n’ai pas joué avec les hommes avec lesquels j’ai discuté. J’en ai refusé la majorité pour discuter avec ceux qui me semblaient sains.

D’ailleurs Facebook, a fini par me dire « faites une pause » puisque je refusais 95% des demandes.

Cet exercice de pêche à la ligne est épuisant.

Une femme qui affirme et qui est ce qu’elle est dans la vie de tous les jours, partout, dans la rue, sur la toile n’est pas souvent considérée comme un être humain avec une tête. Désirer l’autre même sans vouloir construire quelque chose ensemble ne signifie pas être irrespectueux ni être une chienne.

Vous n’avez aucun droit de faire preuve d’autant de laideur car nous sommes libres.

Un site de rencontre n’est pas un lieu de consommation. Mais, je le croyais juste un lieu supplémentaire de rencontres.

On ne prône rien. Chacun se vit comme bon lui semble. Par contre, évitez de jouer avec celles et ceux qui ne vivent pas l’amour comme l’entend la morale sociale et religieuse.

Si vous ne pouvez assumer ce mode de vie et de pensée, laissez-nous donc en paix. À qui faisons-nous du mal ?

Ce que je crois sincèrement, c’est que vous nous jalousez ou que vous nous craignez car nous représentons tout ce qui vous frustre ou vous semble décadent.

Erreur.

La bien-pensance et la certitude sont des fléaux dans notre société.

Ma liberté m’appartient.

Je suis une bonne mère et une bonne compagne.

Tu es un bon père et un bon compagnon.

Peu m’importe le reste. Alors peu vous importe le reste.

Laetitia CAVAGNI

poétesse et écrivaine

Dis maman, c’est quoi? Mais c’est quoi être une femme?

Et tout débuta ainsi comme une discussion banale de mère et de fille mais aussi de mère et de fils.

L’un dit à l’autre qu’il a un pénis et « pas toi ». et l’autre dit à l’un « moi, je peux faire un bébé ».

Dans notre parole intra-familiale, vous n’entendrez jamais ceci «Moi, je suis un garçon. Je suis plus fort que toi. »

Cela aurait pu survenir évidemment.

Quand on est une fille, si on a les cheveux courts, on est un garçon et quand on est un garçon, porter du rose féminise. Les poupées ne se mélangent pas toujours aux voitures.

Ha et pleurer ! Pleurer n’est pas une fonction uniquement féminine. Des animaux pleurent parfois. Se posent-on la question de leur sexe ? Non, cela nous touche.

Un garçon qui pleure est apte à se défendre. Une fille qui pleure peut vous en coller quelques unes aussi.

Le pénis a, avant tout, une fonction biologique. Il ne définit pas de quoi nous serons capable. C’est donc exactement la même donne pour un vagin.

Tout milieu social, quelqu’il soit, familial, scolaire, amical, véhicule ce type de discours.

Tout lien social peut aussi, et se doit, de démonter les pensées pré-installées dans la tête des enfants.

Être une femme c’est être de chair et de sang. C’est respirer. C’est aimer et haïr. C’est réfléchir et dire. C’est se taire et penser.

C’est être comme les autres.

Être une femme, c’est ne pas attendre que l’on nous tienne une porte pour l’ouvrir. C’est l’ouvrir à soi-même et aussi aux autres.

Dis maman, c’est quoi le féminisme ? C’est que pour les filles ?

Non, le féminisme, bien que créé par les femmes, n’est pas une notion nécessaire uniquement aux femmes. C’est comme savoir réparer une roue. Y’a pas que les garçons qui ont besoin de l’apprendre.

Le féminisme, c’est être respectueux de l’autre en tant qu’être humain. C’est défendre. C’est combattre. C’est avoir et être une VOIX et une VOIE.

Le féminisme, c’est démontrer que chacune a sa place là où elle le souhaite quelques soient ses attributs physiques.

C’est exprimer clairement une égalité qui devrait être acquise et non imposée par une législation. N’y a t-il pas quelque chose d’infantilisant à devoir attendre une légifération pour signifier ses compétences et ses capacités ? Pour signifier une place due ?

Est ce à dire que sans les votes d’autres, principalement masculins, il ne nous est pas permis ou possible d’être, d’agir ?

Permission. N’est ce donc pas le but de ces lois ? Nous donner le droit de. Devons-nous être traîtées comme des criminelles ou des enfants car nous portons un vagin

et non un pénis ? « Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les reigles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faictes sans elles »

Michel de Montaigne

Essais III

Le féminisme, mon enfant, c’est ne pas patienter jusqu’à légifération de nos libértes.

C’est, avec nos convictions, nos actions personnelles à chacune, ne pas se soumettre aux bons vouloirs de la permission légale.

Et toi, qui n’est pas une fille mais un garçon, c’est porter ce message que la personne à côté de toi est une personne avant d’être une fille ou un garçon.

C’est ne pas avoir peur de proposer de lui porter son sac. On ne sait jamais si elle porte plainte pour harcèlement.

Car on l’entend si souvent cette frayeur masculine de ne plus pouvoir tenter une approche, même discrète, envers une femme.

Messieurs, je me permets cette remarque. Vous ne faites que supporter tous les à-prioris que nous subissons depuis notre naissance du fait justement de notre naissance. Alors, certes, pour nombre d’entres vous, c’est injuste. Je le reconnais. Seulement, il ne nous est guère possible de constamment séparer le bon grain de l’ivraie. Alors, un conseil, comme nous l’avons fait et le faisons toujours, ayez une VOIX et votre VOIE.

Sachez entendre. Sachez comprendre.

Nous, féministes, ne vous voulons aucun mal. Nous pouvons nous battre et même le préférons, avec vous à nos côtés. Contrairement à l’idée de certains, nous ne sommes pas des castratrices. Nous apprenons de vous comme vous avez à apprendre de nous.

Et comme dans chaque lutte humaine, la solidarité est le meilleur des boucliers.

C’est ne pas avoir peur de la laisser trouver ton chemin sur une carte qu’elle sait lire.

C’est ne pas avoir peur qu’elle prenne une place que tu considère absolument comme la tienne. C’est accepter avec moult intelligence et raison qu’une fille peut te dépasser sans te dévaloriser en tant que garçon.

En tant que parents, nous n’arrêtons pas d’apprendre des choses à nos enfants: ce qu’il faut ou ne faut pas faire, ce qui est important et ce qui l’est moins, l’image que l’on a de soi et du monde qui nous entoure. Parce que ces leçons finissent toujours par avoir un effet, aussi minime soit-il et même si on ne s’en rend pas compte, je crois qu’il est important de ne jamais perdre de vue nos propres idéaux, nos valeurs et nos objectifs, afin de montrer l’exemple.

Comme le disait si bien l’actrice Emma Watson, lors d’un discours aux Nations Unies, les discriminations ont aussi un impact sur les hommes.

Alors, nous devons lutter contre les stéréotypes, les préjugés auprès des enfants.

Nous, parents, devons ancrer les fondements du féminisme et de l’égalité des sexes à la maison afin que ces graines germent à l’extérieur. Ecoles, activités sportives et culturelles. Relations amicales et relations amoureuses.

L’idée principale du féminisme c’est l’égalité. Ce n’est pas la féminité. On s’en fout de votre sexe. On prône l’ouverture d’esprit et l’intellectualisation des situations afin de faire en sorte que notre Terre ronde ne tourne plus carré.

Le féminisme c’est aussi et malgré des avantages de vie que l’on peut avoir, continuer de se battre aux côtés de ceux qui n’ont pas les mêmes chances. Tout n’est pas acquis.

Évidemment que les hommes et les femmes ont de nombreuses différences. Nous sommes différents d’un individu à un autre.

Évidemment que physiologiquement et intellectuellement, des différences sont marquées mais pas innées d’un individu à l’autre. Un sexe ne définit pas la personne que l’on devient.

Les enfants, prenez la différence comme une chance et non une malédiction.

Découvrez les différences au lieu de tenter de les annihiler. Pourriez-vous vivre dans un monde avec un seul épisode de votre dessin-animé préféré ?

J’écris cet article assise confortablement sur mon lit, le nez sur l’écran et le bruit de la pluie battante à mes oreilles. Pendant ce temps, une cuillère mélange la soupe pour les enfants. Cette cuillère est tenue par le père de mes enfants. Mon époux.

Son statut sociaux-professionnel est largement plus élevé que le mien. Nous avons conscience, l’un comme l’autre, qu’au vu de son salaire, je pourrais ne plus travailler. Devenir un cliché ?

Mais, vous savez ce qu’il me dit lui « le fait que tu travailles, ça apporte le beurre sur nos épinards parce que sinon, ils seraient bien fades. »

Au-delà de la question financière, il y aussi l’épanouissement. Et de sa part, ce n’est pas de l’arrogance.

Un homme féministe sait qu’une femme féministe ne hait pas les hommes. Il sait, qu’avant tout, c’est dans son intimité et dans son éducation qu’il doit changer la couleur des choses.

L’égalité pour une féministe, c’est le respect dans son entièreté de l’autre quelqu’il soit dans sa liberté de vivre comme il l’entend et, non pas d’acquérir, mais d’avoir aussi, ce à quoi il a le droit de prétendre depuis sa naissance sans permission infantilisante.

Le féminisme, chez une femme ou chez un homme, c’est faire preuve de bon sens. C’est se regarder en face et reconnaître sa propre responsabilité et enfin changer.

Mais nous femmes

avons déposés les armes

pas les nôtres

les vôtres

nos attaques

ne sont pas empreintes de violences

nos frappes

ne sont pas des bombes d’indifférences (…)

A ceux qui nous pensent

des apparences

nous répondons

par nos évidences

nous écrivons

pleine de consistance

pour eux

nous débouchons nos stylos

grâce à eux

l’encre coule à flots

ailes déployées

poussez-nous dans le vide

nous n’avons jamais peur de vos haines

nous sommes déjà lointaine

article et poème de Laetitia CAVAGNI

écrivaine, poétesse et assistante sociale

Mathieu Coulon entre rage chantée, photographies osées et mots touchés…je suis coulée

Nous lançons, sur la toile bleue de Facebook, un deuxième salon du livre et celui-ci se pare de romance.

L’amour. Et pourtant. Oui, pourtant, des hommes toquent à notre messenger, dont Mathieu Coulon, pour y participer.

Il a à peine 40 petites années et, dans sa vie de tous les jours, il paysage les paysages tout en s’occupant de ses deux plus belles créations : ses enfants.

Cet auteur fait ses armes artistiques autour de cette magnifique ville qu’est Lyon (mais chut ! On ne vous dira pas où exactement).

Quelques indices ? Petite ville où les imprimeurs et éditeurs se réfugiaient afin de fuir la censure. À vous de chercher…

Mathieu, le chanteur

Comme beaucoup, il s’essaie aux reprises dans sa chambre d’adolescent en compagnie de son frère. Il martèle de son énergie sa batterie alors que son frère démonte les murs de la maison avec sa guitare sur du Deep Purple ou du AC/DC.

Je me demande si papa a pu faire sa sieste tranquille au moins une fois durant l’adolescence de ses garçons ?

Ces deux garçons sortent des murs familiaux pour monter un groupe en 2007 du nom de Mother and Pearl. Et pour accompagner ce chanteur non chevelu (oui, ça arrive), Olivier, Jean-François , Michel et Pierjan.

Il se catégorise dans le métal moderne et le groove métal.

Leurs textes questionnent l’être humain dans toute son ambivalence surtout au vu du contexte actuel.

« Un individu est un individu à cause des autres êtres humains, autrement dit mon humanité est inextricablement liée à ce qu’est la vôtre. » Nelson Mandela

Voilà, et si vous voulez en savoir plus, allez donc les écouter, bordel à cul ! Parce que…ça dépote !

Mathieu le photographe

Vu la qualité de ses photographies, on aurait pu penser qu’il la pratiquait depuis longtemps et non… Ce bougre photographie le monde depuis un an. Il a échangé sa batterie contre un appareil photo. Ce sont les voisins qui ont du apprécier ce changement.

Son appareil photo est un Canon 5D Mark VI.

Ses premières photos se font derrière chez lui sur une ancienne voie ferrée. La nature vivante, morte et nue.

Le corps. La femme. La couleur. Le noir et blanc.

Un grain de peau. Une osée ou une pudique.

On lui dit qu’elles sont belles. Il nous répondra « insatisfaisant ».

Mathieu l’auteur

Mais revenons à celui qui a attiré l’attention de A plumes d’elles lors de ce salon. Il y a ce côté doux décalé de celui qui chante dans un groupe au style pas du tout romance. Il nous dit, Mathieu, que les plus belles chansons d’amour viennent du rock, du métal et tout ça, tout ça. A t-il raison ou tort ? Ce qui est certain c’est que sa plume est amoureuse. Elle le représente parfaitement lui si avenant.

Dans cette écriture mélancolique et délicate, on sent un besoin vital de comprendre, d’oublier et puis ne pas oublier tout ce qu’il a pu ressentir lorsqu’il a aimé profondément, infiniment, à se laisser mourir…presque.

« La vie est belle quand on la torture. Comme le raisin qu’on presse pour en tirer le meilleur des nectars. »

Il se raconte comme étant explosé mais se reconstruisant par des pansements colorés et des bisous magiques. Il est l’antinomique de lui-même finalement.

Il définit l’écriture comme un exutoire. Un lieu, presque, où l’on peut exprimer tout ce qui n’est pas exprimable sur la place publique.

Il balance ses questions autour de la vie, tout ce qui n’est plus, l’autre.

Nous l’avons découvert à travers Ilona, son livre présenté sur le salon du livre de la romance à plumes d’elles.

Un homme. Un accident. Un coma. Une amnésie .

Et surtout cette femme qui lui parle de leur amour alors que cet homme ne s’en souvient pas.

Il y a cette petite fille qui l’accompagne dans sa convalescence. Qui est-elle ?

Ilona est là. Partout.

« Je dors à moitié quand j’entends la fillette arriver. Elle vient jusqu’à mon lit, je ne vois pas son visage. (…) Je lui prends la main, nous sortons de la chambre, puis de l’hôpital. Ses pieds ne touchent pas le sol… »

De sa plume surprenante et sombre, Mathieu Coulon nous entraîne sur ce chemin irréversible de la mort. Quelque chose le retient à la vie. Constamment. Entièrement.

Son personnage tente d’y revenir. Il lutte. Où sera t-il dans quelques pages ?

De sa plume tranchée et concise, l’auteur décide où il nous porte et ce n’est certainement pas là où je pensais.

Mathieu l’inspiré

il est muliple. Il est trois. Il a trouvé nombres de réponses dans la naissance de ses enfants. Il repousse ses limites humaines pour continuer sa quête de donner un sens ou du moins, un semblant de réponse à ce que l’on est, à pourquoi l’on est.

Il n’est pas que l’auteur passé par là sur le salon de la romance.

Et, il n’est pas là où je pensais le retrouver.

Il ouvrira, peut-être un jour, ce lieu culturel où il exposerait son regard sur nous, sur le monde par ses photos, ses mots et leurs chansons.

Il nous servira un whisky et nous observera avant de nous attraper dans ses filets délicats de ses multiples talents.

«Nous marchons depuis notre naissance

Debout très tôt pour cueillir l’horizon. »

https://www.facebook.com/coulonmath/

Laetitia Cavagni

poétesse et écrivaine

Salon du livre virtuel À PLUMES D’ELLES: la ROMANCE

Bonjour lecteurs et lectrices,
D’ici quelques jours, nous ouvrirons un nouveau bal littéraire virtuel sur le salon à plumes d’elles : celui de la ROMANCE.
Elle sera belle, sombre, aventureuse, fantastique et tant d’autres qualités.
Venez donc à la rencontre d’auteures et auteurs de romance afin d’égayer cet été à venir. Stand, jeux, gourmandises et rebondissements.
Plage, montagne Ou ville.
Découvrir est un désir de tous les instants.
Lire est un plaisir qui se transporte partout.
Nous accueillons nos premiers auteures et auteurs.
D’autres sont à venir derrière notre rideau…
N’hésitez pas à vous abonner sur la page Facebook.

L’équipe À PLUMES D’ELLES 🖤❤

Mémoires de déesse – Philippe Hasard

Philippe Hasard auteur discret de ce joli roman « Mémoires de déesse »

Notre auteur

Philippe Hasard est auteur depuis 10 ans entre les lignes de son beau métier de professeur des écoles.

Sur les bancs de l’école, il y a trouvé une première voie. Celle qui l’embarque vers l’archéologie et l’histoire de l’art. Ce chemin a son importance car il y étudie ce qui le fascine et ce qui fera son écriture.

 Né en 1965 dans les Ardennes, Philippe Hasard vit désormais à Montpellier. Passionné par l’Antiquité, l’archéologie et les voyages, il ramène de ses périples des idées de roman à partir d’un objet archéologique.

La poésie a, avant tout roman, jonché ses feuilles et coulé de son encre jusqu’à la découverte mystérieuse d’un tesson de céramique.

Il aime imaginer à partir d’un objet créé il y a longtemps de cela et inventer ainsi son histoire.

On le croit volontiers curieux de ce monde qui l’entoure cherchant constamment ce que celui-ci nous cache pour mieux nous l’écrire en délicatesse.

Cela fait de lui un voyageur et dans son sac, il nous ramène ses histoires.

On le sent homme serein d’où son intérêt pour ces objets qui nous survivent malgré l’agitation extérieure.

Il a une empathie d’écrivain. Il vit ses personnages. Il devient eux. Il regarde et voit comme eux. Il sent et ressent comme eux.

Son livre

Lorsque nous demandons à Philippe Hasard de nous raconter comment lui est venu l’idée de cette déesse traversant le temps et les vies, il évoque le site archéologique de Morgantina. Un site perdu en Sicile.

Il nous raconte aussi comment la statue ayant fait la richesse de cet endroit, statue exposée aux Etats-Unis, fut à l’origine de textes de lois régissant la protection des objets archéologiques et commandant la restitution d’objets à leur pays d’origine.

D’ailleurs, la statue dont il nous parle sera rendue à l’Italie.

Cette statue est l’incarnation de « « Mémoires de déesse ». Elle vit et est ballottée d’un pays à un autre, d’un temps à un autre.

Dans un exercice d’écriture peu évident, Philippe Hasard réussit à capter le monde autour de cette statue et à nous le conter. Il nous livre des chapitres courts car ceux-ci sont des souvenirs de cette déesse statufiée.

Il évoque les travers du monde de l’art où un objet, pourtant témoin de notre Histoire, devient un vulgaire objet de commerce et de contrebande.

Il dira « cette statue monumentale témoigne des enjeux économiques, politiques et culturels dont elle a été victime (…). »

Un roman court mais particulièrement bien documenté et recherché. Pour cela, Philippe Hasard a pris le temps d’interviewer les employés du musée de Sicile, de rencontrer un guide au fait de l’histoire de cette statue. Il lit aussi de nombreux articles.

Un roman historico-archéologique mais un roman où nous devenons aussi, comme l’auteur, cette statue n’ayant pas prise sur le monde.

Philippe Hasard s’attelle déjà à son prochain roman. Son objet archéologique sera une amphore romaine.

Il développe aussi un concept intéressant de lecture pour adulte et enfant à travers un livre et un jeu.

https://sites. Google.com/view/unehistoireapartager

site de l’auteur : https://sites.google.com/view/philippe-hasard

interview sur RPH : htpps://youtube/2wEKOoB8QLc

Laetitia Cavagni

écrivaine et poète

Elle en il

Je suis une fille par erreur
Il faut que je porte des soutifs
Alors que je veux qu’on me coupe les tifs

Je veux qu’on me regarde avec peur
Mais il faut que je sois douce
Que je sente bon la vanille en mousse

Je veux aimer une femme
En toute virilité
Sans cette féminité
À l’intérieur je suis vacarme

Laissez-moi donc vivre
Laissez-moi donc me choisir
Laissez-moi me choisir

Je ne suis pas un Pierre
Un Paul ou un Jacques
Il faut que je fasse mes prières
Que je ne fasse aucun drame

Je suis un futur ventre
Une grotte un antre
Mais moi je veux pas qu’on y entre

Je veux pas de vos hormones en X
Je veux du Y
Je veux pas d’hymen

Je veux plaire aux filles
Avec mes muscles et mes abdos
Même si je suis pas très beau

Je veux leur offrir des fleurs et des clichés
Peut-être que je serais démodée
Mais je les aimerais
Comme je voudrais qu’on m’aime

Je les aimerais
Car je saurais ce que sait
Lorsque le corps saigne
Que ça peut faire de moi une teigne
Ces cycles douloureux
Ces symptômes affreux

Je veux alourdir mes mains
Je veux le poil dru
Être chauve ou chevelu
Je veux gommer mes seins

Je deviens une femme
Voilà bien tout mon drame
Je suis une princesse
Je suis ce prince qu’on évince

Je n’ai pas de robustesse
Alors j’essaie
Je m’esquinte
Alors j’essaie

Cette silhouette je l’éreinte
Je veux pas qu’on l’étreigne
Je veux pas qu’on la retienne
Je veux qu’elle s’éteigne

Le temps a passé
Je n’ai jamais osé
Je suis restée elle
Alors que je voulais être il

On m’avait élevé en elle
Sans une porte en il
J’ai pas réussi à me faire la belle
J’étais jamais dans le mile

J’ai refusé qu’on me remplisse
J’attendais que ça se finisse
J’suis devenue la vieille dame
Voilà bien tout mon drame

Laissez-moi donc vivre
Laissez-moi donc me choisir
Laissez-moi me choisir

Je suis pas un Pierre
Un Paul ou un Jacques
Il faut que je fasse mes prières
Et je n’ai fait aucun drame

                                                30.05.2021

Laetitiacavagni@copyrighttousdroitsreserves2021

Journal d’une journée d’une assistante sociale

La réunion

« Cette réunion, comme c’était trop souvent le cas dans la profession, se révélait parfaitement inutile … »

Daniel Pennac

9h du mat, j’ai pas envie. Assise sur un fauteuil à distance (c’est déjà ça) de mes collègues, j’attends qu’une parole s’échange enfin.

N’avez-vous jamais vécu cette sensation de journée qui se répète indéfiniment. Est-ce parce que nous ne sommes jamais arrivés à la solution parfaite en réunion ?

Une seule minute suffit à mon esprit pour divaguer au loin vers des rivages translucides. « seule sur le sable, les yeux dans l’eau, mon rêve était trop beau… » Ha, ouiiiii !

Vous voyez, je divague juste en écrivant ce mot « réunion ». Action de réunir deux parties divisées. Je comprends le concept mais pourquoi donc aussi souvent, aussi longtemps ? Diantre !

Je me rappelle de ce service où la réunion du matin (heureusement, je n’y assistais pas car ne faisant pas partie de l’équipe éducative) avait pour enjeu de préparer l’ordre du jour de la réunion de l’après-midi.

Donc l’après-midi survenait et durant trois heures s’étirant à l’infini, heures saupoudrées de moults absurdités, je contenais mon impatience de tant de sottises humaines et professionnelles.

J’exagère quelque peu, soit. Mon tempérament du Sud. Il y avait aussi des analyses essentielles et intéressantes. L’essentiel n’était pas dans les excréments longuement discutés de telle personne mais plutôt le pourquoi du comment et comment on en fait pas « tout un fromage » de couleur marron.

Laissez-les donc vivre ces patients. Occupez-leur l’esprit à de jolies choses aussi. Ils vous le demandent et, à vrai dire, moi aussi.

Ne devrions-nous pas quitter ces réunions en ayant acté quelque chose ou, au moins, été informé d’éléments importants ?

Alors, et parce que je ne veux pas être targuée de mauvaise foi, il existe aussi des réunions ou la parole a du sens. Nous sommes au centre d’une situation compliquée, dramatique et, parfois, oui parfois, belle.

Il y a ces réunions où l’on plaisante de l’autre, de soi, où l’on partage son regard, où l’on fait partie d’un groupe, d’une équipe.

Ces réunions qui réunissent et non pas qui accentuent la division.

Les clans. Ils se représentent d’eux-mêmes en réunion. Les clans ne se mélangent pas. Ils s’adressent à vous comme si vous étiez nés de l’union d’une moule avec un escargot.

Social, médico-social, médical. Aucun milieu dans lequel j’ai exercé ne m’a épargné. N’a épargné aucun professionnel.

Ce temps est un temps de regroupement et de partage où l’on se dit ce que l’on n’ose pas se dire ailleurs, où l’on requiert un soutien, une écoute. C’est le moment de se dire l’insupportable de l’autre, d’une situation.

Au-delà de la carapace professionnelle, nous sommes des hommes et des femmes dont vos histoires peuvent faire écho à nos histoires. Nous sommes aussi des êtres de joies et de douleurs. Il peut arriver que nous devenions le miroir de vos histoires de vie et là, fracas, on explose. Oui, cela survient.

La discussion entre nous apaise et la réunion officialise. Se retrouver pour se resserrer. Cela aussi est l’objectif d’une réunion.

Bien sûr que les scissions sont visibles mais d’autres se referment.

Parfois, cela se passe et parfois cela nous lasse.

Je me pose ces questions en réunion. Que font-ils ceux qu’on laisse (tranquille) derrière la porte de nos réunions ?

Que pensent-ils de ces réunions ? En font-ils sur les professionnels qui les accompagnent? Ne serait-ce pas amusant d’entendre leur analyse sur nous, certainement souvent justes ?

En réunion, on prend soin de soi, de l’autre et de la vie de nos patients, nos usagers, nos pensionnaires.

On réfléchit. On propose. On tente. On transforme.

Toujours avec vous.

Bien à vous.

Laetitia Cavagni

parfois auteure et souvent assistante sociale

Chronique de « Alice aux petites balles perdues » – Aurélie Lesage.

Rédigé par BIANCA BASTIANI

https://jdheditions.fr/produit/alice-aux-petites-balles-perdues/

« Mais je sais qu’un mardi, nous irons flâner au bord des rivières, il n’est pas encore temps. Mon coeur bat si fort, il voyage jusqu’aux profondeurs cachées de nos amours. Mon amour, tout n’est que ravissement, nous y serons bientôt. »

J’avoue que ce roman m’attirait depuis longtemps, et ce pour de nombreuses raisons. Déjà, il y avait cette superbe couverture dessinée par Yoann Laurent-Rouault, directeur littéraire et artistique de Jdhéditions. Ce dessin est une véritable œuvre d’art. J’aime exposer de beaux objets dans ma bibliothèque. Indéniablement, la couverture d’« Alice aux petites balles perdues » séduit et attise la curiosité. Ensuite, la personnalité sensible et sincère d’Aurélie Lesage avec laquelle j’échange régulièrement sur les réseaux sociaux. Et puis, je ne pouvais pas passer à côté d’un livre dont la critique sur les divers blogs littéraires était aussi élogieuse. J’ai quelque peu tardé à me l’offrir, car ma PAL était déjà bien remplie. Je l’ai lu avec un réel intérêt et c’est avec un énorme plaisir que je vous livre mon ressenti sur un premier roman totalement maîtrisé. Une grande auteure est née !

Alice est une adolescente différente et introvertie surnommée l’autiste. Elle s’est rapprochée d’une jeune fille superficielle qui sort avec tous les garçons du lycée. Leur relation s’est nouée autour des devoirs de math. Nikki est médiocre dans cette matière, alors Alice l’aide de son mieux. Il ne s’agit pas là d’une véritable amitié. Leurs caractères sont diamétralement opposés. Un soir, Nikki entraîne notre héroïne à une fête où cette dernière se rend en traînant les pieds. Sur place, elle accepte un pari stupide. Un garçon la met au défi de jouer à la roulette russe tous les jours pendant une semaine devant sa webcam. Il lui fournit une arme chargée. Nous suivrons donc Alice avec ce pistolet sur sa tempe… Elle fera une fugue et rencontrera de nombreux personnages tout au long de son errance. Elle se questionnera et nous poussera à réfléchir au sens de la vie, de l’amour, mais aussi de la mort durant sa quête initiatique. Son périple raconté de façon très poétique et sensible vous bouleversera. Tout au long du récit, une mystérieuse voix s’adresse à Alice et l’aide à acquérir plus de maturité. C’est peut-être la voix de sa conscience ou celle d’un ange gardien. Chaque lecteur en aura sa propre interprétation…

Ce conte urbain pourra en déstabiliser certains. Personnellement, j’ai beaucoup aimé. C’est très philosophique et la plume est remarquablement poétique. Les problèmes d’une jeunesse moderne en manque de repères sont décrits avec profondeur, tendresse et émotion dans ce roman d’une grande qualité littéraire.

Je tiens à ajouter qu’Aurélie Lesage est une artiste aux multiples talents puisqu’elle fait aussi de la musique (composition et chant). Un album verra bientôt le jour. Nous en reparlerons sur « À plumes d’elles »…

Sébastien Didier : plume de l’ombre mais écrivain de lumière

Dans une ville fort fort lumineuse tricotées de msytères italiens et d’austérité à la française, nacquit un auteur quelque part dans ce siècle alors encore existant, le 20 ème siècle.

Dans cette ville donc,située au fond de la baie des anges, Sébastien Didier vit le jour et pour notre plus grand plaisir de lectrices à A plumes d’elles, avec le talent de l’écriture.

Nous l’imaginons nourri d’images et de musiques, des histoires défilant déjà dans sa tête de futur créateur de livres à suspense. Un suspense que l’on pourrait même décrire comme atypique dans son dernier livre « Cequ’il nous reste de Julie » sorti le 1er avril de cette année.

Mais, n’allons pas trop vite dans la découverte de Sébastien Didier.

L’auteur encore enveloppé de sa chrysalide

Il se lance d’abord dans le mileu de la presse et de la publicité. Milieu qui, finalement, font de lui un bon communiquant sur ses réseaux sociaux actuels. https://www.facebook.com/sebastien.didier.7

https://www.instagram.com/sebastiendidierauteur/

Il débute l’écriture simplement en tentant des concours sur la plateforme fyctia (https://www.fyctia.com/ ). il arrive, l’air de rien, en finale d’un concours grâce à « Je ne t’oublie pas ». C’était en 2017. Ce même livre se verra aussi sélectionné au salon du livre de Paris lors d’un coucours de thriller.

Cela lui est insuffisant et il réitère son crime en 2018 en se présentant au concours du meilleur thiller VSD Michel Bussi avec son deuxième opus « Les yeux bleus ».

Nous le pensons bon communiquant et cela s’avère efficace notamment lorsqu’il décide d’auto-publier son premier livre « Je ne t’oublie pas ».

il a compris que même le talent doit se démontrer en se mettant soi-même en vitrine tout en gardant la pudeur appréciable et peu commune à nombre d’artistes.

Quelques mois plus tard, une maison d’édition le contacte et lui propose un (vrai) contrat de (grand) futur auteur qui petit à petit sème ses cailloux blancs et accrochent ses lecteurs par des histoires que l’on peut qualifier d’extraordinaire dans un monde ordinaire. La maison d’édition Hugo crée une nouvelle collection : Hugo Suspense.

Sébatien Didier a en fil rouge ceci : tout peut arriver à n’importe qui. Nous pourrions être le sauveur ou l’assassin.

Il retravaille « Les yeux bleus » et celui-ci est aussi publié dans la collection Hugo suspense en 2020. Et, encore, oui encore, il se rend coupable d’une écriture de talent car voilà « Les yeux bleus » parmi les 10 sélectionnés pour le Prix de L’évêché.

« Le Prix de l’Évêché–Polars du Sud est un prix littéraire créé en 2018, à l’initiative de diverses personnalités issues des instances de la Police Nationale, de deux clubs Rotary de la région de Marseille et de lecteurs passionnés de littératures policières.

Le prix a pour but de récompenser chaque année un ouvrage dont le scénario se déroule le grand sud de la France (du Languedoc-Roussillon aux Alpes-Maritimes, y compris les Alpes du sud et la Corse) et dont l’intrigue et la qualité de l’écriture sont particulièrement remarquables. »

https://www.bepolar.fr/Prix-de-l-Eveche-Polars-du-Sud-La-selection-2021

L’auteur enveloppé de l’homme

Nous l’imaginons solitaire, la plupart du temps, dans un vieux t-shirt d’un groupe de rock. Peut-être irlandais. Une bière belge posée près de ce qui lui sert de support d’écriture. Un ordinateur ? Un cahier ? Quelques stylos ? Un dictionnaire ?

Ne révélons pas tout de son intimité d’auteur.

Ce qu’il ne cache pas, est :

Son amour pour la musique qui rythme et fait chanter les mots de ses livres. Il aime le rock oui. Ce qui le transporte et que ses phrases sonnent bien à nos oreilles après avoir sonnées aux siennes. Parois, il gratte quelques morceaux et chante quelques titres.

Cet auteur malin a créé une playlist qui accompagnera notre lecture de « Ce qu’il nous reste de Julie ».

Nous avons aimé « Prepare to fall » de Amy Mac Donald. Elle chante :


Te sens-tu seul quand tu es entouré parle monde que tu connaisT’es-tu déjà senti dépriméComme si t’étais six pieds sous terre

Et, à ce moment-là, page 224, je lis «j’étais ému de le retrouver aussi. Beaucoup de pensées m’assaillirent alors. Et parmi celles-ci en surnageait une, poignante.

Qu’avais-je fait de ces années ? ».

A vous d’être des curieux intelligents en lisant la suite.

Son inspiration est multiple qu’elle vienne de la musique mais aussi du cinéma voire de ce qu’il observe du monde, des gens. Un détail. Un événement. Son imagination déroule des histoires alors qu’il vous parle du temps qu’il fait ou qui passe. Se demande-t-il ce que vous feriez si, par hasard, un inconnu vous appelait par erreur sans parler. La ligne se coupe soudainement mais vous avez pu entendre, au loin, un train.

Vous ouvrez le journal quelques jours plus tard, comme chaque matin, un café fumant et fort posé sur la table collante du petit-déjeuner de vos enfants.

Un cadavre a été retrouvé près d’une voie ferrée.

Que feriez-vous ? Coïncidence ou signe du destin ?

Voilà ce qu’il imagine en nous parlant.

Il écrit en construisant un pont entre ses histoires et les lecteurs. Il nous permet, avec simplicité et bienveillance, de nous aventurer sur ce pont sans crainte de ce genre que l’on dit à suspense. Il humanise son récit et le rend accessible même pour les pétochards.

On sent qu’il vit l’écriture de ses histoires. Il travaille sans plan. Il se surpend autant qu’il nous surprend. Mais, attention, c’est un auteur intelligent qui maîtrise son métier d’auteur. Ce n’est pas du free style. Il sait où il nous mène.

On imagine parfaitement ses récits sous forme de scénarii et on l’imagine même lui les écrire. Il a le rythme. Il a le style et il a l’amour de ce format d’art dont il nous parle avec générosité.

Il n’écrit pas du sensationnel, du trash qui tranche, du sang qui salit. Il évite les descriptions «m’as-tu-vu» qui restent à traîner dans nos mémoires par le malaise qu’elles provoquent. « je pense d’ailleurs qu’une phrase bien choisie vaut une page mal sentie », dit-il.

Il saupoudre son suspense d’émotions afin que nous nous attachions aux personnages et là, la mécanique de notre cœur, la mécanique de nos sens se laissent emporter par ses histoires si bien écrites.

L’auteur enveloppé de ses œuvres

« Je ne t’oublie pas » est le tout premier à naître de sa plume. Il nous raconte simplement la disparition d’une épouse, celle de Marc Vasseur. Ils vivent dans un lotissement luxueux mais surprotégé du monde extérieur. La police classe l’enquête et tamponne le dossier de la mention « abandon de domicile conjugal ». Mais, Sandra, l’épouse disparue, aurait-elle laissée sa fille Lisa ?

Trois mois s’écoulent. Marc reçoit une photo. Une jeune fille porte un médaillon. Celui de sa femme.

Dans ce livre, l’auteur pose déjà une écriture visuelle au plus proche de ses personnages avec cette impression d’écrire nous-même l’histoire au fur et à mesure des chapitres. On est embarqué d’un côté pour finalement être déposé ailleurs. Qui est le véritable monstre dans l’histoire ?

« La mémoire, sûrement le seul héritage digne de ce nom reçu de cette famille de dingue, pensa-t-elle. Cette faculté à conserver et compartimenter chaque visage, chaque accent, chaque intonation, chaque expression dans la grande bibliothèque de sa pensée et à pouvoir y retourner le moment venu pour en exhumer un ouvrage oublié. »

« Les yeux bleus » est l’horreur d’un assassinat familial. Père, mère et enfants. Cela se passe en 1986.

En 2018, un enfant est enlevé. Son grand-père est jalousé. On pense à l’enfant et l’on se glace. Jusqu’oû se permettra d’aller son père pour le retrouver ?

Il est puissant cet homme. Claude Cerutti. Il a aussi des secrets.

Le récit est construit avec logique et des rebondissements. Et une nouvelle fois, l’auteur ne nous donne que des directions que l’on suit avec confiance mais nous embarque sur un autre rivage. On cherche. On pense avoir compris mais « tel est pris qui croyait prendre ». Sa machination prend forme et on se laisse prendre jusqu’à la fin.

« – Tu vois , Joseph -Marie, l’homme est capable du plus beau , du plus incroyable, du plus irréel. Il construit des bâtiments qui touchent le ciel , il peut aller sur la lune , il soigne des maladies impensables .Mais il est aussi capable du pire . Parce que le pire , malheureusement, c’est souvent ce qu’il y a de plus facile. »

« Ce qu’il nous reste de Julie » est, à mon sens, son meilleur livre. On sent toujours l’efficacité de son écriture mais il y a mêlé sa sensibilité personnelle à la fluidité d’un suspens agréable à suivre. Encore et encore.

Il nous parle de Sébastien, auteur au succès relatif. Celui-ci a quitté sa ville natale, Sainte-Geneviève, au Sud de la France suite à la mort de Julie, son amour d’adolescent. Il ne peut l’oublier cette Julie.

Mais, quoique l’on fuit, quoique l’on tente d’oublier, la vie nous ramène toujours vers nos origines.

Sébastien, sur les conseils d’un libraire, dévore le livre d’une auteure vivant Outre-Manche. C’est l’histoire de Julie, sa Julie. Il ne comprend pas alors il cherche. Il enquête. Julie est-elle réellement morte ? Comment cette inconnue peut-elle décrire avec autant de détails ce que lui-même a vécu ?

C’est un livre que l’on dévore, dont on se remplit. Il nous tourne en tout sens. Il nous détourne pour mieux nous entourlouper. À la Agatha Christie, qu’il affectionne, il nous lance sur des pistes erronées avant de nous récupérer par la main avec humanité et nous fracasse contre la vérité. La seule. Celle de Julie.

Sébastien Didier, dans chacun de ses livres, nous donne cette leçon, cette bonne leçon : ne vous fiez jamais aux apparences de ses histoires mais aussi de ceux que vous côtoyez au quotidien.

Et nous, à A plumes d’elles, nous vous conseillons de la découvrir avec délectation cette écriture qui va du tac au tac sans essoufflement.

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journal d’une journée d’une assistante sociale

Jour 93 440 

La gestion du temps « Que de temps perdu à gagner du temps »

Hmmm ! Maudit réveil ! Va falloir que je me lève. 6H27.

Mon agenda de la journée est la première image qui apparaît dans mon esprit. Putain ! Et pourquoi pas Keanu Reeves ou, à la limite, Sean Connery du temps de « appelez-moi Bond. James Bond ».

6h30. Cher journal, j’ai réussi à me lever à 6h30. Et ce maudit agenda qui ne me lâche pas.

Il faut dire que j’ai une secrétaire qui se persuade que je peux voir six patients en, exactement, 2h30. Oui, oui. Nous les assistantes sociales pouvons accueillir un patient, l’écouter, trouver une solution et appliquer la solution en 30 minutes.

On est un sacré service après-vente. Sauf que moi, je leur dis pas « tu viens plus aux soirées ? »

Remarque, mon journal, je vais éviter.

Il y a cette patiente, vois-tu, qui est persuadée que l’on taillera la bavette dans le thé ensemble et chez elle en plus. Ben ouais et tout cela en me contant combien elle admire Dexter Morgan, le médecin légiste qui découpe des gens, et ce tueur qui défonce la gueule d’un éducateur spécialisé dans un livre qu’elle adore.

Et sinon, le thé est sucré à ???? Bref !

Mais, je ne suis pas de très bonne humeur aujourd’hui. Je réfléchis. Je pense. Comment expliquer à ma secrétaire que je ne suis pas médecin et que je ne propose pas des consultations à bobos ?

À l’école, on nous apprend la diplomatie, la reformulation et surtout pas l’attaque frontale. On n’est pas des CRS.

Sur le terrain, on apprend ceci « ni bonne, ni nonne, ni conne ».

comment osciller entre ces deux notions de survie tout en restant souriante, lisse telle une future miss France ?

  • Bonjour B. comment vas-tu ?

Je fais un effort d’approche. Elle répond qu’elle va bien, l’insolente recouverte de son poncho d’une couleur grisâtre jamais lavé. Ils sont dans le sud-ouest et ils ont toujours froids ici… Je m’égare.

Elle me sourit aussi. Je sens un agacement contracter ma mâchoire. Elle dit :

  • Est ce que tu peux appeler Madame Trucmachinchose ? Elle a laissé plusieurs messages.
  • Il y t-il une urgence à ce que je la rappelle ce jour ?
  • Pour elle oui. Entre deux rendez-vous peut-être.

L’agacement se transforme en réel énervement. Ma bouche s’ouvre.

  • Laetitia, tu viens. La réunion va commencer.

Mon regard noir se pose sur ce psychiatre aux yeux bleus délavés. Il est sacrément beau. Il est drôle. Il est intelligent. Mais, là, je vais, lui aussi le ficeler, et le foutre dans le coffre de ma voiture.

Il me sourit. OK, OK. Je rends les armes…pour le moment.

Voilà, cher journal, comment j’ai dû assumer cet agenda qui ne correspond pas à mon métier…NON ! AGENDA DE MERDE !

Ha, tu crois que cela s’est fini ainsi. Tu me connais pourtant.

Quelques heures plus tard, décidant de partir plus tôt. Rasant les murs pour que cet autre patient cesse de venir me poser la même et sempiternelle question toutes les 15 minutes (malheureusement oui), je la croise, cette malheureuse pour laquelle j’ai nombre de desseins. Hache ? Couteau ? Pelle ?

  • Pourrais-je te dire un mot ?

Je sais être polie et avenante et souriante. Mary Poppins la drogue en moins.

  • Je suis assistante sociale. Je ne recevrais plus les patients en une demi-heure chacun. Il me semble bien l’avoir déjà expliqué. C’est assez contrariant de réitérer une explication à une personne sans pathologie…apparente (la diplomatie s’est perdue en chemin). L’urgence est une vision propre à chacun, vois-tu.

Vous avez vu comme je m’exprime bien.

  • Oui mais tu comprends…blabla et blablabla.

Je n’ai pas écouté l’oeuf kinder derrière son plexiglas.

  • Alors, je vais te le dire autrement. Ne gère plus mon emploi du temps. La prochaine fois, je te l’expliquerai en te donnant les coordonnées d’un dentiste et en devant instruire une demande d’aide exceptionnelle à la sécu pour que tu bénéficies d’un dentier adapté à ta nouvelle face.

Bon, ben, elle a pas tout compris. Elle s’est offusquée. Comprend pas. On ne peut plus rien dire de nos jours. Bordel à cul.

Haaaa, ! Cher journal ! Qu’on est bien dans son lit à te raconter cette douce journée.

Ha zut ! Il faut que je me lève afin de couvrir d’une couverture chaude ma secrétaire bâillonnée dans le grand coffre de ma voiture. Je ne vais pas l’enterrer morte, que diable ! le terreau serait moins fertile pour mes futures plantations.

Pour nous, les assistantes sociales, le travail doit être minutieux…dans le temps aussi.

Et ce n’est pas ce beau gars aux yeux bleus délavés qui viendra te sauver.

Lui et moi devrons discuter, dès demain, de la pâte à tartiner à la pistache avec laquelle il a tenté de m’empoisonner.

L’été va être si agréable dans un jardin aussi bien nourri.

Bonne nuit, mon journal.

Aucun patient n’a été blessé lors de cette journée.