C’est la fin du siècle des lumières, Vive le siècles des luminaires!

De l’éclaircissement à la lampe de poche

18ème siècle, siècle des lumières où l’on combat l’obscurantisme, la superstition. La recherche de la connaissance et de l’élévation intellectuelle prime sur le souci de l’apparence et des potins. La raison éclaire les hommes et les femmes. Les intellectuel(le)s se questionnent et questionnent leurs propres interrogations. Ils questionnent leur société.

L’Encyclopédie d’ailleurs rédigée, en grande partie, lors de ce magnifique siècle des lumières par Denis Diderot et Jean le Rond D’Alembert. Diderot sera même emprisonné quelques mois car il mettra la connaissance à la portée de chacun.

Houlala, pas bien Denis, c’est dangereux de faire ça !

Des lieux de critiques publiques se créent par l’entremise d’une société cosmopolite et d’expériences diverses.

Et puis…

21ème siècle, siècle du culte absolu de la perfection du corps et de la crasse intellectuelle.

L’ObsCUL-rantisme reprend le dessus. Sus aux Encyclopédies !

  • OK Gogole, dis-moi si je suis la plus belle.
  • Alexa, c’est quoi un dictionnaire ?

Ce siècle des lumières tentant d’enrayer l’ignorance et la bêtise. Cette bêtise empêchant le commun des mortels d’avoir une pensée propre a failli aux portes de ce nouveau siècle.

En effet, qui se targue de zieuter Le dessous des cartes ? Karambolage ?

Qui ne préfère pas un bon petit Marseillais mixé aux 10 couples parfaits ? (Veuillez excuser la pauvreté de mes exemples mais j’ai arrêté là ma recherche. Il m’a fallu subir une trépanation. J’en fais encore des cauchemars, frère.)

A quoi nourrissons-nous nos générations en cours de développement ?

  • Chipper, arrête de chipper !

Dora, arrête de te droguer.

Un juste milieu est nécessaire entre la culture et la « cultivation » de notre bêtise qui nous ramène à des moments de légèreté.

M’enfin, comme dit Gaston, si on vous demande qui était Zola, pourriez-vous répondre :

Auteur et journaliste dépeignant la société durant le second empire par sa dureté, ses exploits politiques et la vie du peuple. Celui-ci imprégnait ses romans d’une multitudes de recherches, toujours en quête d’une vérité.

Et non pas :

Zola, joueur de football italien devenu entraîneur d’hommes qui courent après une balle ronde etc etc

(Ou Kévin Zola, l’aspirateur de mon boulot mais ça c’est une autre histoire)

Je n’ai rien contre ce monsieur qui m’est inconnu mais, est-il un élément de notre culture française, de notre histoire française ?

De la lampe de poche au puits…pas de lumière

Allons plus avant dans notre réflexion. Je tiens juste à ne pas présenter mes excuses à ceux qui se sentent jugés par mes propos. Évidemment, que je juge vos choix. Je suis apeurée, effrayée, abasourdie par ces jeunes représentés dans nos médias et réseaux sociaux ne sachant toujours pas faire la différence entre ça et sa. Frère, merde !

Évidemment qu’il faut de tout pour faire un monde. D’ailleurs, ce monde en est bien la preuve qu’il y a de tout pour satisfaire chacun.

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils n’en ont ». Descartes commence le Discours de la méthode par le constat que nul ne se plaindra de sa bêtise.

En effet, on se plaint souvent de son manque de ressources, de beauté, de cheveux, du poids en trop mais d’un manque de connaissances ou d’intelligence, jamais. Que nenni !

Nous avons tous lu un conte (ou du moins, pour certains, vu un disney). Un seul personnage a t-il réclamé plus d’intelligence voire de sagesse ?

La bêtise est, de toute façon, toujours le défaut d’un autre et non le sien. D’ailleurs, puis-je être idiote seule ? Ais-je besoin de la reconnaissance de mes pairs pour m’identifier bête ?

On n’imagine pas la bêtise durer indéfiniment et pourtant…

On peut reconnaître ceci à chacun, le niveau social et d’études ne nous protège pas de la bêtise. Cela arrive. Mais, il y a celle que l’on fait et celle dans laquelle on s’englue par des certitudes absurdes et une irrépressible envie de réussir sa vie le plus vite possible par tous les réseaux sociaux et médias possibles.

Si je parle fort ou si je porte un jeans déchiré, je peux être tout aussi intelligent et cultivé que le cadre supérieur faisant une faute d’orthographe par ligne dans ses mails.

Je suis un peu plus sceptique donc quant à la représentation d’une certaine tranche de notre jeune société par des Mallory et des JC aux formes plus qu’avantageuses sauf cet organe essentiel à notre survie qu’est le cerveau.

Hé, oui ! Le botox ne s’injecte pas dans celui-ci.

Le manque d’intelligence ou de jugement ne signifie pas une absence complète de ceux-ci: toute personne fait preuve de lucidité dans un contexte donné. La connaissance peut se perfectionner et donc, ainsi, l’intelligence peut s’améliorer ou du moins trouver des solutions à sa faiblesse.

Et j’en fais quoi alors de mon intelligence ?

Alors que l’intelligence est inventive, stimulée par la nouveauté qu’elle est elle-même capable de créer par ailleurs, la bêtise est stagnante, elle s’englue dans les choses. Elle est la pensée devenue mécanique. Le comique l’a parfaitement saisi ce mécanisme. Il est l’art plaqué sur le vivant.

La bêtise est à l’aise dans l’immobilisme. L’autre, le différent est une menace. Alors, elle l’agresse. D’où ces nombreux cris dans ces émissions de télé-réalité et jusqu’à ce que l’autre, cet insensé à la pensée différente, se range du côté de la bêtise.

C’est une expérience à visionner une fois dans sa vie mais juste une fois.

La bêtise réfute la singularité. Elle ne veut rien savoir des autres et du monde qui n’est pas le sien.

« On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. »

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

La bêtise s’enfile des tonnes de compléments alimentaires pour paraître. Elle ne muscle pas ce qui ferait sa raison mais plutôt son image.

L’individualisme est passé par là, avec ses deux pathologies grandissantes : l’égocentrisme et le narcissisme. Ne plus pouvoir s’intéresser à autre chose qu’à soi-même, ne plus pouvoir avoir d’autre objet d’amour que soi-même : voilà assurément le cadre psychique à l’intérieur duquel la bêtise actuelle peut se déployer tout à son aise.

La bêtise tient chaud à l’abri du groupe et, de plus, elle est jouissive car elle est signe de force, de toute-puissance.

Pourtant, si je regarde en-dehors de moi-même, le monde implose et même si je tente de freiner, je vais, moi aussi et malgré moi, dans le mur.

Que peut valoir l’intelligence dès lors qu’elle ne protège ni de l’inculture ni de la vulgarité, ni même, comme on l’a vu, de la bêtise ? 

La bêtise de la « prose du monde » comme disait Hegel, philosophe idéaliste, est inquiétante. Elle a la force des techniques d’armement, de surveillance et de contrôle les plus puissantes, celle des mathématiques financières.

La Bêtise, avec intelligence ou non, nous mène au jugement définitif.

« A l’école, Charlemagne, Charles de Gaulle, tous les Charles…ça ne m’intéressait pas. »

Nabila

Laetitia CAVAGNI

écrivaine et poétesse

3 commentaires sur « C’est la fin du siècle des lumières, Vive le siècles des luminaires! »

  1. Je pense de plus en plus que l’élection du président de la république est une vaste connerie, à cause de tout ce que tu viens de dire. Quand je vois que nombre de personnes que j’ai pu côtoyer ont le même pouvoir que Christian BOBIN, alors que dépourvues de la moindre capacité de réflexion…
    Merci pour ton article Laetitia.
    Je t’embrasse.

    Aimé par 1 personne

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