je raconte: l’hypersensibilité

par Angélique Rolland, hyper auteure et hyper sensible

L’hypersensibilité c’est un vaste sujet, un océan de beauté et de fausse vérité car c’est aussi à la mode selon moi.

Beaucoup utilisent ce terme pour essayer de rentrer dans une case, d’avoir une étiquette collée au front.

Être hypersensible ce n’est pas forcément pleurer devant un couché du soleil, ou devant un bon film.

C’est un peu cela, mais pas que !

C’est une façon de voir la vie autrement, c’est vivre différemment.

Me concernant, je me suis toujours sentie différente.

À l’école, j’avais beaucoup de mal à me mélanger aux autres élèves, et je ne riais pas des mêmes choses qu’eux. Je ne comprenais pas l’humour des enfants de mon âge, en l’occurrence je me sentais sécurisée avec un adulte. J’aimais être dans mon petit monde à moi. J’étais imaginative, je me fabriquais tout un univers de créatures, je voyais en chaque fleur une fée, en chaque caillou un lutin transformé, en chaque arbre un être appart. On me trouvait bizarre, je ME trouvais bizarre ! J’étais sensible à toutes remarques, bonnes ou mauvaises. Si un instituteur me félicitait, je me sentais détestée par les autres et trop regardée, et quand les camarades étaient difficiles, je n’encaissais les choses que quelques semaines plus tard.

Très modestement, j’ai toujours eu de bonnes notes. Mes professeurs parlaient de  » précocité »,  » d’hypersensibilité », etc… Le terme haut potentiel n’est venu que vers mes 20 ans et il n’est à ce jour pas encore diagnostiqué.

À l’adolescence j’étais comme une adulte de 25 ans dans le corps d’une gamine de 15 ans. J’étais incapable de me mêler aux jeunes de mon âge.

J’étais vite dépassée par les modes technologiques, je préférais encore mon cocon, ma féerie. Je pleurais souvent devant de beaux paysages,  en écoutant de belles musiques. J’écrivais un peu des textes de temps en temps, et j’avais l’impression de vivre une explosion de saveur quand je lâchais ma créativité sur papier. À 15 ans ce n’est pas le terme que j’avais en tête, mais aujourd’hui, avec le recul ( et je reprends les mots d’une psychologue qui m’a suivi) je le reçois comme un  » orgasme cérébral ». C’était jouissif d’être moi-même.

Parce que je me sentais trop sensible pour la moyenne, dans ma bulle, et je me forçais souvent à être une adolescente ordinaire. Quand j’écrivais j’étais authentique, je lâchais prise.

En entrant dans l’âge adulte, et maintenant en avançant à petit pas vers  la trentaine, je revendique mon hypersensibilité.

Elle est là, je la perçois physiquement dans mon corps et mon esprit. Elle est palpable pour moi, et pour les autres.

Je prends les choses très et trop à cœur. Je réfléchis trop. Mon cerveau est un passoir ! Aucune idée ne passe inaperçue. Ça ne s’arrête jamais ! Mes proches ont même du mal à me comprendre et je suis régulièrement obligée de prendre des distances pour ne pas déborder dans mes émotions. Beaucoup me demandent d’être une autre, mais demandons-nous à un hétérosexuel de devenir homosexuel ? Demandons-nous à un homme de devenir une femme ? Demandons-nous à un sage de devenir un bandit ? Je suis née hypersensible, aucun évènement n’a forcé ces émotions à être à des décibels plus élevées que les autres, c’est ma personnalité et je pense ma force aujourd’hui. Les larmes d’un hypersensible sont à mon sens de jolies perles pleines de sincérité. Et leurs chaines tintent des bruits magiques et ne trainent pas comme des fardeaux froids et lourds. Je n’ai pas ces sensations me concernant en tout cas. Je sais par contre que l’on me pense fragile et vulnérable mais en réalité c’est un volcan d’ambition et de force dans mes tripes.

Je pense que ces personnes vivent des émotions très fortes. Il y a donc très peu de juste milieu. Le sourire et la joie sont aussi forts que la tristesse et la frustration.

Je suis souvent émue et j’écris régulièrement des livres pour laisser mes émotions sortir.

Je maîtrise mieux mon hypersensibilité parce que j’ai mis un mot dessus, en revanche elle est de plus en plus forte avec les années et les expériences. Mais je l’aime, cette partie de moi n’est pas à vendre.

Concernant le haut potentiel c’est en suspens dans ma tête. Je passe les tests prochainement, après 5 psychologues qui m’ont déposé ce terme dans la tête, il est grand temps que je sache si oui ou non je le suis.

Un Haut Potentiel peut être hypersensible, mais pas toujours ! Alors pour le moment j’avance en étant qui je suis, toujours dans mon monde qui n’appartient qu’à moi.

Angélique Rolland

Un commentaire sur « je raconte: l’hypersensibilité »

  1. Je connais très bien tout cela, me reconnaissant dans la quasi totalité des critères, mais surtout je le sais depuis longtemps.
    Cela a été ravivé par mes enfants tous les deux haut potentiel. Mon ainée le gère bien. Pour mon second, il a rencontré deux types de soucis (dysgraphie et rejet de l’école où les profs rabâchent pour ceux qui ont des difficultés, alors que lui pige très vite) qui nous l’ont fait diagnostiquer. À noter que nous en avons parlé à ces profs, et que seulement très rarement, des actions ont été mises en place pour lui. Nous avons bien senti que, d’une manière générale, les profs étaient démunis, et que d’autre part, ce n’était absolument pas un sujet pour l’éducation nationale.

    Merci Angélique pour ce texte. Belle journée.
    Coucou et bises à Laetitia.

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