Dis maman, c’est quoi? Mais c’est quoi être une femme?

Et tout débuta ainsi comme une discussion banale de mère et de fille mais aussi de mère et de fils.

L’un dit à l’autre qu’il a un pénis et « pas toi ». et l’autre dit à l’un « moi, je peux faire un bébé ».

Dans notre parole intra-familiale, vous n’entendrez jamais ceci «Moi, je suis un garçon. Je suis plus fort que toi. »

Cela aurait pu survenir évidemment.

Quand on est une fille, si on a les cheveux courts, on est un garçon et quand on est un garçon, porter du rose féminise. Les poupées ne se mélangent pas toujours aux voitures.

Ha et pleurer ! Pleurer n’est pas une fonction uniquement féminine. Des animaux pleurent parfois. Se posent-on la question de leur sexe ? Non, cela nous touche.

Un garçon qui pleure est apte à se défendre. Une fille qui pleure peut vous en coller quelques unes aussi.

Le pénis a, avant tout, une fonction biologique. Il ne définit pas de quoi nous serons capable. C’est donc exactement la même donne pour un vagin.

Tout milieu social, quelqu’il soit, familial, scolaire, amical, véhicule ce type de discours.

Tout lien social peut aussi, et se doit, de démonter les pensées pré-installées dans la tête des enfants.

Être une femme c’est être de chair et de sang. C’est respirer. C’est aimer et haïr. C’est réfléchir et dire. C’est se taire et penser.

C’est être comme les autres.

Être une femme, c’est ne pas attendre que l’on nous tienne une porte pour l’ouvrir. C’est l’ouvrir à soi-même et aussi aux autres.

Dis maman, c’est quoi le féminisme ? C’est que pour les filles ?

Non, le féminisme, bien que créé par les femmes, n’est pas une notion nécessaire uniquement aux femmes. C’est comme savoir réparer une roue. Y’a pas que les garçons qui ont besoin de l’apprendre.

Le féminisme, c’est être respectueux de l’autre en tant qu’être humain. C’est défendre. C’est combattre. C’est avoir et être une VOIX et une VOIE.

Le féminisme, c’est démontrer que chacune a sa place là où elle le souhaite quelques soient ses attributs physiques.

C’est exprimer clairement une égalité qui devrait être acquise et non imposée par une législation. N’y a t-il pas quelque chose d’infantilisant à devoir attendre une légifération pour signifier ses compétences et ses capacités ? Pour signifier une place due ?

Est ce à dire que sans les votes d’autres, principalement masculins, il ne nous est pas permis ou possible d’être, d’agir ?

Permission. N’est ce donc pas le but de ces lois ? Nous donner le droit de. Devons-nous être traîtées comme des criminelles ou des enfants car nous portons un vagin

et non un pénis ? « Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les reigles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faictes sans elles »

Michel de Montaigne

Essais III

Le féminisme, mon enfant, c’est ne pas patienter jusqu’à légifération de nos libértes.

C’est, avec nos convictions, nos actions personnelles à chacune, ne pas se soumettre aux bons vouloirs de la permission légale.

Et toi, qui n’est pas une fille mais un garçon, c’est porter ce message que la personne à côté de toi est une personne avant d’être une fille ou un garçon.

C’est ne pas avoir peur de proposer de lui porter son sac. On ne sait jamais si elle porte plainte pour harcèlement.

Car on l’entend si souvent cette frayeur masculine de ne plus pouvoir tenter une approche, même discrète, envers une femme.

Messieurs, je me permets cette remarque. Vous ne faites que supporter tous les à-prioris que nous subissons depuis notre naissance du fait justement de notre naissance. Alors, certes, pour nombre d’entres vous, c’est injuste. Je le reconnais. Seulement, il ne nous est guère possible de constamment séparer le bon grain de l’ivraie. Alors, un conseil, comme nous l’avons fait et le faisons toujours, ayez une VOIX et votre VOIE.

Sachez entendre. Sachez comprendre.

Nous, féministes, ne vous voulons aucun mal. Nous pouvons nous battre et même le préférons, avec vous à nos côtés. Contrairement à l’idée de certains, nous ne sommes pas des castratrices. Nous apprenons de vous comme vous avez à apprendre de nous.

Et comme dans chaque lutte humaine, la solidarité est le meilleur des boucliers.

C’est ne pas avoir peur de la laisser trouver ton chemin sur une carte qu’elle sait lire.

C’est ne pas avoir peur qu’elle prenne une place que tu considère absolument comme la tienne. C’est accepter avec moult intelligence et raison qu’une fille peut te dépasser sans te dévaloriser en tant que garçon.

En tant que parents, nous n’arrêtons pas d’apprendre des choses à nos enfants: ce qu’il faut ou ne faut pas faire, ce qui est important et ce qui l’est moins, l’image que l’on a de soi et du monde qui nous entoure. Parce que ces leçons finissent toujours par avoir un effet, aussi minime soit-il et même si on ne s’en rend pas compte, je crois qu’il est important de ne jamais perdre de vue nos propres idéaux, nos valeurs et nos objectifs, afin de montrer l’exemple.

Comme le disait si bien l’actrice Emma Watson, lors d’un discours aux Nations Unies, les discriminations ont aussi un impact sur les hommes.

Alors, nous devons lutter contre les stéréotypes, les préjugés auprès des enfants.

Nous, parents, devons ancrer les fondements du féminisme et de l’égalité des sexes à la maison afin que ces graines germent à l’extérieur. Ecoles, activités sportives et culturelles. Relations amicales et relations amoureuses.

L’idée principale du féminisme c’est l’égalité. Ce n’est pas la féminité. On s’en fout de votre sexe. On prône l’ouverture d’esprit et l’intellectualisation des situations afin de faire en sorte que notre Terre ronde ne tourne plus carré.

Le féminisme c’est aussi et malgré des avantages de vie que l’on peut avoir, continuer de se battre aux côtés de ceux qui n’ont pas les mêmes chances. Tout n’est pas acquis.

Évidemment que les hommes et les femmes ont de nombreuses différences. Nous sommes différents d’un individu à un autre.

Évidemment que physiologiquement et intellectuellement, des différences sont marquées mais pas innées d’un individu à l’autre. Un sexe ne définit pas la personne que l’on devient.

Les enfants, prenez la différence comme une chance et non une malédiction.

Découvrez les différences au lieu de tenter de les annihiler. Pourriez-vous vivre dans un monde avec un seul épisode de votre dessin-animé préféré ?

J’écris cet article assise confortablement sur mon lit, le nez sur l’écran et le bruit de la pluie battante à mes oreilles. Pendant ce temps, une cuillère mélange la soupe pour les enfants. Cette cuillère est tenue par le père de mes enfants. Mon époux.

Son statut sociaux-professionnel est largement plus élevé que le mien. Nous avons conscience, l’un comme l’autre, qu’au vu de son salaire, je pourrais ne plus travailler. Devenir un cliché ?

Mais, vous savez ce qu’il me dit lui « le fait que tu travailles, ça apporte le beurre sur nos épinards parce que sinon, ils seraient bien fades. »

Au-delà de la question financière, il y aussi l’épanouissement. Et de sa part, ce n’est pas de l’arrogance.

Un homme féministe sait qu’une femme féministe ne hait pas les hommes. Il sait, qu’avant tout, c’est dans son intimité et dans son éducation qu’il doit changer la couleur des choses.

L’égalité pour une féministe, c’est le respect dans son entièreté de l’autre quelqu’il soit dans sa liberté de vivre comme il l’entend et, non pas d’acquérir, mais d’avoir aussi, ce à quoi il a le droit de prétendre depuis sa naissance sans permission infantilisante.

Le féminisme, chez une femme ou chez un homme, c’est faire preuve de bon sens. C’est se regarder en face et reconnaître sa propre responsabilité et enfin changer.

Mais nous femmes

avons déposés les armes

pas les nôtres

les vôtres

nos attaques

ne sont pas empreintes de violences

nos frappes

ne sont pas des bombes d’indifférences (…)

A ceux qui nous pensent

des apparences

nous répondons

par nos évidences

nous écrivons

pleine de consistance

pour eux

nous débouchons nos stylos

grâce à eux

l’encre coule à flots

ailes déployées

poussez-nous dans le vide

nous n’avons jamais peur de vos haines

nous sommes déjà lointaine

article et poème de Laetitia CAVAGNI

écrivaine, poétesse et assistante sociale

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