Sébastien Didier : plume de l’ombre mais écrivain de lumière

Dans une ville fort fort lumineuse tricotées de msytères italiens et d’austérité à la française, nacquit un auteur quelque part dans ce siècle alors encore existant, le 20 ème siècle.

Dans cette ville donc,située au fond de la baie des anges, Sébastien Didier vit le jour et pour notre plus grand plaisir de lectrices à A plumes d’elles, avec le talent de l’écriture.

Nous l’imaginons nourri d’images et de musiques, des histoires défilant déjà dans sa tête de futur créateur de livres à suspense. Un suspense que l’on pourrait même décrire comme atypique dans son dernier livre « Cequ’il nous reste de Julie » sorti le 1er avril de cette année.

Mais, n’allons pas trop vite dans la découverte de Sébastien Didier.

L’auteur encore enveloppé de sa chrysalide

Il se lance d’abord dans le mileu de la presse et de la publicité. Milieu qui, finalement, font de lui un bon communiquant sur ses réseaux sociaux actuels. https://www.facebook.com/sebastien.didier.7

https://www.instagram.com/sebastiendidierauteur/

Il débute l’écriture simplement en tentant des concours sur la plateforme fyctia (https://www.fyctia.com/ ). il arrive, l’air de rien, en finale d’un concours grâce à « Je ne t’oublie pas ». C’était en 2017. Ce même livre se verra aussi sélectionné au salon du livre de Paris lors d’un coucours de thriller.

Cela lui est insuffisant et il réitère son crime en 2018 en se présentant au concours du meilleur thiller VSD Michel Bussi avec son deuxième opus « Les yeux bleus ».

Nous le pensons bon communiquant et cela s’avère efficace notamment lorsqu’il décide d’auto-publier son premier livre « Je ne t’oublie pas ».

il a compris que même le talent doit se démontrer en se mettant soi-même en vitrine tout en gardant la pudeur appréciable et peu commune à nombre d’artistes.

Quelques mois plus tard, une maison d’édition le contacte et lui propose un (vrai) contrat de (grand) futur auteur qui petit à petit sème ses cailloux blancs et accrochent ses lecteurs par des histoires que l’on peut qualifier d’extraordinaire dans un monde ordinaire. La maison d’édition Hugo crée une nouvelle collection : Hugo Suspense.

Sébatien Didier a en fil rouge ceci : tout peut arriver à n’importe qui. Nous pourrions être le sauveur ou l’assassin.

Il retravaille « Les yeux bleus » et celui-ci est aussi publié dans la collection Hugo suspense en 2020. Et, encore, oui encore, il se rend coupable d’une écriture de talent car voilà « Les yeux bleus » parmi les 10 sélectionnés pour le Prix de L’évêché.

« Le Prix de l’Évêché–Polars du Sud est un prix littéraire créé en 2018, à l’initiative de diverses personnalités issues des instances de la Police Nationale, de deux clubs Rotary de la région de Marseille et de lecteurs passionnés de littératures policières.

Le prix a pour but de récompenser chaque année un ouvrage dont le scénario se déroule le grand sud de la France (du Languedoc-Roussillon aux Alpes-Maritimes, y compris les Alpes du sud et la Corse) et dont l’intrigue et la qualité de l’écriture sont particulièrement remarquables. »

https://www.bepolar.fr/Prix-de-l-Eveche-Polars-du-Sud-La-selection-2021

L’auteur enveloppé de l’homme

Nous l’imaginons solitaire, la plupart du temps, dans un vieux t-shirt d’un groupe de rock. Peut-être irlandais. Une bière belge posée près de ce qui lui sert de support d’écriture. Un ordinateur ? Un cahier ? Quelques stylos ? Un dictionnaire ?

Ne révélons pas tout de son intimité d’auteur.

Ce qu’il ne cache pas, est :

Son amour pour la musique qui rythme et fait chanter les mots de ses livres. Il aime le rock oui. Ce qui le transporte et que ses phrases sonnent bien à nos oreilles après avoir sonnées aux siennes. Parois, il gratte quelques morceaux et chante quelques titres.

Cet auteur malin a créé une playlist qui accompagnera notre lecture de « Ce qu’il nous reste de Julie ».

Nous avons aimé « Prepare to fall » de Amy Mac Donald. Elle chante :


Te sens-tu seul quand tu es entouré parle monde que tu connaisT’es-tu déjà senti dépriméComme si t’étais six pieds sous terre

Et, à ce moment-là, page 224, je lis «j’étais ému de le retrouver aussi. Beaucoup de pensées m’assaillirent alors. Et parmi celles-ci en surnageait une, poignante.

Qu’avais-je fait de ces années ? ».

A vous d’être des curieux intelligents en lisant la suite.

Son inspiration est multiple qu’elle vienne de la musique mais aussi du cinéma voire de ce qu’il observe du monde, des gens. Un détail. Un événement. Son imagination déroule des histoires alors qu’il vous parle du temps qu’il fait ou qui passe. Se demande-t-il ce que vous feriez si, par hasard, un inconnu vous appelait par erreur sans parler. La ligne se coupe soudainement mais vous avez pu entendre, au loin, un train.

Vous ouvrez le journal quelques jours plus tard, comme chaque matin, un café fumant et fort posé sur la table collante du petit-déjeuner de vos enfants.

Un cadavre a été retrouvé près d’une voie ferrée.

Que feriez-vous ? Coïncidence ou signe du destin ?

Voilà ce qu’il imagine en nous parlant.

Il écrit en construisant un pont entre ses histoires et les lecteurs. Il nous permet, avec simplicité et bienveillance, de nous aventurer sur ce pont sans crainte de ce genre que l’on dit à suspense. Il humanise son récit et le rend accessible même pour les pétochards.

On sent qu’il vit l’écriture de ses histoires. Il travaille sans plan. Il se surpend autant qu’il nous surprend. Mais, attention, c’est un auteur intelligent qui maîtrise son métier d’auteur. Ce n’est pas du free style. Il sait où il nous mène.

On imagine parfaitement ses récits sous forme de scénarii et on l’imagine même lui les écrire. Il a le rythme. Il a le style et il a l’amour de ce format d’art dont il nous parle avec générosité.

Il n’écrit pas du sensationnel, du trash qui tranche, du sang qui salit. Il évite les descriptions «m’as-tu-vu» qui restent à traîner dans nos mémoires par le malaise qu’elles provoquent. « je pense d’ailleurs qu’une phrase bien choisie vaut une page mal sentie », dit-il.

Il saupoudre son suspense d’émotions afin que nous nous attachions aux personnages et là, la mécanique de notre cœur, la mécanique de nos sens se laissent emporter par ses histoires si bien écrites.

L’auteur enveloppé de ses œuvres

« Je ne t’oublie pas » est le tout premier à naître de sa plume. Il nous raconte simplement la disparition d’une épouse, celle de Marc Vasseur. Ils vivent dans un lotissement luxueux mais surprotégé du monde extérieur. La police classe l’enquête et tamponne le dossier de la mention « abandon de domicile conjugal ». Mais, Sandra, l’épouse disparue, aurait-elle laissée sa fille Lisa ?

Trois mois s’écoulent. Marc reçoit une photo. Une jeune fille porte un médaillon. Celui de sa femme.

Dans ce livre, l’auteur pose déjà une écriture visuelle au plus proche de ses personnages avec cette impression d’écrire nous-même l’histoire au fur et à mesure des chapitres. On est embarqué d’un côté pour finalement être déposé ailleurs. Qui est le véritable monstre dans l’histoire ?

« La mémoire, sûrement le seul héritage digne de ce nom reçu de cette famille de dingue, pensa-t-elle. Cette faculté à conserver et compartimenter chaque visage, chaque accent, chaque intonation, chaque expression dans la grande bibliothèque de sa pensée et à pouvoir y retourner le moment venu pour en exhumer un ouvrage oublié. »

« Les yeux bleus » est l’horreur d’un assassinat familial. Père, mère et enfants. Cela se passe en 1986.

En 2018, un enfant est enlevé. Son grand-père est jalousé. On pense à l’enfant et l’on se glace. Jusqu’oû se permettra d’aller son père pour le retrouver ?

Il est puissant cet homme. Claude Cerutti. Il a aussi des secrets.

Le récit est construit avec logique et des rebondissements. Et une nouvelle fois, l’auteur ne nous donne que des directions que l’on suit avec confiance mais nous embarque sur un autre rivage. On cherche. On pense avoir compris mais « tel est pris qui croyait prendre ». Sa machination prend forme et on se laisse prendre jusqu’à la fin.

« – Tu vois , Joseph -Marie, l’homme est capable du plus beau , du plus incroyable, du plus irréel. Il construit des bâtiments qui touchent le ciel , il peut aller sur la lune , il soigne des maladies impensables .Mais il est aussi capable du pire . Parce que le pire , malheureusement, c’est souvent ce qu’il y a de plus facile. »

« Ce qu’il nous reste de Julie » est, à mon sens, son meilleur livre. On sent toujours l’efficacité de son écriture mais il y a mêlé sa sensibilité personnelle à la fluidité d’un suspens agréable à suivre. Encore et encore.

Il nous parle de Sébastien, auteur au succès relatif. Celui-ci a quitté sa ville natale, Sainte-Geneviève, au Sud de la France suite à la mort de Julie, son amour d’adolescent. Il ne peut l’oublier cette Julie.

Mais, quoique l’on fuit, quoique l’on tente d’oublier, la vie nous ramène toujours vers nos origines.

Sébastien, sur les conseils d’un libraire, dévore le livre d’une auteure vivant Outre-Manche. C’est l’histoire de Julie, sa Julie. Il ne comprend pas alors il cherche. Il enquête. Julie est-elle réellement morte ? Comment cette inconnue peut-elle décrire avec autant de détails ce que lui-même a vécu ?

C’est un livre que l’on dévore, dont on se remplit. Il nous tourne en tout sens. Il nous détourne pour mieux nous entourlouper. À la Agatha Christie, qu’il affectionne, il nous lance sur des pistes erronées avant de nous récupérer par la main avec humanité et nous fracasse contre la vérité. La seule. Celle de Julie.

Sébastien Didier, dans chacun de ses livres, nous donne cette leçon, cette bonne leçon : ne vous fiez jamais aux apparences de ses histoires mais aussi de ceux que vous côtoyez au quotidien.

Et nous, à A plumes d’elles, nous vous conseillons de la découvrir avec délectation cette écriture qui va du tac au tac sans essoufflement.

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