Le confort de l’autruche de Martine Magnin

26 Novembre 2020

Rédigé par Bianca Bastiani

LE CONFORT DE L’AUTRUCHE, Martine Magnin – livre, ebook, epub

« Tu sais, Jenny, derrière ces murs, on enferme les petites filles qui parlent trop. » Petite fille docile et sensible, Jenny passe les sept premières années de sa vie dans le mensonge et la doule…

Le confort de l'autruche - Roman autobiographique de Martine Magnin
Le confort de l'autruche - Roman autobiographique de Martine Magnin

Le confort de l’autruche – Roman autobiographique de Martine Magnin

Je remercie Martine Magnin pour avoir eu la gentillesse de m’offrir son roman autobiographique Le confort de l’autruche, un récit poignant sur le douloureux sujet de la pédophilie. Tout d’abord, laissez-moi vous dire que ce témoignage est pudique. Il n’en a que plus d’intérêt à mes yeux. Au lieu de dévoiler les agissements du prédateur sexuel, l’auteure s’attache à brosser le portrait d’une mère qui ferme les yeux pour préserver son confort personnel, une mère autruche. Elle nous décrit aussi le comportement passif de la grand-mère complice. Dans cette famille, le silence est d’or. Ces femmes censées protéger l’enfant s’engluent dans les non-dits et refusent de voir l’innommable.

Dans le Montmartre de l’après-guerre, fort bien décrit d’ailleurs, Jenny, petite-fille de deux ans et demi, voit ses parents se séparer au cours d’une violente dispute. Désemparée, l’enfant sensible pleure. Sa mère n’a que vingt ans. Bientôt la grand-mère emménage dans ce petit appartement parisien. Du père, on effacera toute trace, allant même jusqu’à mentir à Jenny en lui disant qu’il est mort. Plus un mot ne sera jamais prononcé sur cet absent. Alors que l’enfant n’a que cinq ans, sa jeune mère se met en ménage avec un homme d’une cinquantaine d’années, sinistre et autoritaire mais riche. La grand-mère cède la place à ce providentiel bienfaiteur couvrant sa fille de cadeaux. Monsieur possède une galerie d’art et une belle traction Citroën noire dont il est très fier. Commence alors le calvaire de Jenny. Ce beau-père n’est que laideur, méchanceté, malfaisance et perversité. L’enfant devient une « petite fille en chiffon » entre ses mains malsaines. Où est la mère ? Que fait la mère ? Elle s’absente souvent livrant Jenny à ce monstre. Elle fait l’autruche. La petite perd l’appétit, maigrit, vomit mais ne dit rien. Je ne dévoilerai pas la suite afin de ne pas gâcher l’intrigue.

Le mécanisme de sidération de la victime est très bien décrit. Je me suis attachée au personnage de Jenny tout au long de l’histoire. J’ai éprouvé beaucoup d’empathie pour elle, un immense dégoût pour son prédateur ainsi que du mépris envers sa mère et sa grand-mère. L’écriture est fluide et surtout tout est raconté avec une grande pudeur et beaucoup de psychologie. C’est en cela que réside le talent de Martine Magnin. Heureusement, le récit réserve aussi des moments joyeux au cours desquels je me suis réjouie pour la petite fille. Je salue le courage de l’auteure qui nous offre avec ce roman un formidable exemple de résilience. Merci Martine d’avoir osé briser le silence !

Bianca Bastiani, auteure de « Cendrillon du trottoir ».

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