Enki Bilal se met à nu dans une toile de Picasso

8 Novembre 2020

Rédigé par Laetitia Cavagni

Enki Bilal se met à nu dans une toile de Picasso
Enki Bilal se met à nu dans une toile de Picasso

Nu avec Picasso de Enki Bilal

éditions Stock et dans la collection ma nuit au musée

Nous les connaissons tous.

Le peintre aux modèles coulants. Ces corps qui se distordent. Où est le bout ? Où est sa fin ? Où est son commencement ?

Pablo Picasso, que l’on ne présente plus mais cela nous intéresse t-il réellement de savoir où il est né (Malaga) et où il a cassé son pinceau (Ben en France, pardi!).

Peintre, oui, mais pas que… dessinateur, sculpteur et graveur.

L’homme au béret à la française. On le dit fondateur du cubisme avec quelques couleurs plongées dans le surréalisme.

Très encouragé par ses parents à poursuivre sa peinture dès l’âge de 8 ans. Le génie, ça se travaille.

Nous avons tous en tête ces visages déformés, trop carrés, trop rectangles, trop triangles. un visage qui se dédouble. un nez qui devient un autre objet comme ces nuages que l’on observe, allongé dans l’herbe. 

L’auteur de bande-dessinés de science-fiction aux dessins si réels dont les thèmes du temps et de la mémoire sont imprégnés. Il interroge alors l’obscurantisme religieux et même le changement climatique.

Enki Bilal, originaire de Yougoslavie, il rejoindra son père avec sa mère et sa sœur demandant l’asile à la France. Un déraciné enraciné.

Illustrateur pour certains cinéastes comme Alain Resnais et Mickael Mann.

Créateur de mondes pour quelques opéras.

Photographe aussi parfois. Il expose même au musée du Louvre.

Et cette nuit qu’il passera, dans son imaginaire avec Picasso. Goya qui passait par là.

Il sera nu. De son lit, on le projettera sur un pauvre lit de camp mais au musée du Louvre.

Il y croisera des minotaures , des chevaux et des humains déformés.

Dans ma lecture, je suis nue à ses côtés. Modèle comme lui.

Mes sens s’ouvrent et se fondent dans les peintures décrites par Enki Bilal. J’erre dans cette obligation que m’impose Picasso de trouver la pose parfaite. Elle est douloureuse et cruelle. Je ne sais plus où se trouve ma tête. Je perd mon tronc.

Combien sommes-nous à fantasmer sur cette chance d’un jour déambuler dans un musée vide, la nuit ? Chercher du regard ce détail que le bruit alentour nous empêche de découvrir ? Devenir soi-même une muse ?

Enki Bilal a osé. Il l’a écrit. Il se met à nu. Son corps s’étire, façonné par Pablo Picasso. Pas de bonnet. Il n’est pas celui qui croque. Il est le croqué.

Il souffre et s’oublie pour devenir l’oeuvre de ce peintre.

Il écrit un livre d’une rare poésie dont la beauté m’a émue. Touchée au cœur. Son écriture, saupoudrée d’un peu de fantastique, nous absorbe. Je suis peinture. Je suis pinceau. Je suis modèle. J’en redemande même si ça fait mal.

L’histoire est sensuelle. Plaisir dans la douleur artistique. Nos secrets sont dévoilés. Je ne peux rien cacher à ce peintre talentueux. C’est Picasso.

Enki Bilal m’a conquise. Je l’ai lu si vite que je n’ai pas vu arriver sa dernière page.

Découvrons-le ensemble. Devenons de nouveaux modèles pour Pablo Picasso.

Laetitia CAVAGNI

écrivaine et poétesse

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