Avec Bacon…Francis de son prénom

8 Novembre 2020

Rédigé par Laetitia Cavagni

Avec Bacon...Francis de son prénom
Avec Bacon...Francis de son prénom

Au détour d’une librairie, mon regard se laisse attirer par la couverture simple mais si élégante d’un livre édité par Gallimard « Avec Bacon » écrit par Franck Maubert. C’était l’année dernière.

Je l’ai lu une fois puis deux puis trois fois.

Franck Maubert…jamais entendu parler. Et pourtant. Essayiste sur l’art principalement la peinture. Romancier titré par le prix Médicis et le prix Renaudot nous parle, tel un enfant, de sa rencontre extraordinaire, magique, merveilleuse, unique avec Francis Bacon. Ce peintre décalé, à la marge de toute règle de la société. Merde, encore un punk ! It’s a joke !

Un punk dandy vêtu d’un costume né à Dublin le 28 octobre 1909. Evidemment, il est mort depuis bien longtemps. 1992.

Artiste, drogué, alcoolique, joueur et homosexuel. Rien pour plaire à ses parents. Il sera rejeté par son père et sa mère daignera lui accorder une pension pour lui permettre de vivre.

Saviez-vous qu’il était peintre-décorateur entre Berlin et Paris ?

Sa première exposition se tiendra dans son atelier de Londres où il s’installera en tant que décorateur.

Il sera un artiste autodidacte inspiré par Pablo Picasso et Diego Velasquez. Deux peintres. Deux ambiances. Le dessin des corps de Bacon trouve son origine dans le dessin des corps de Alberto Giacometti, peintre et sculpeur.

Le cinéma sera sa plus grande influence artistique notamment en découvrant les films de Luis Bunuel. Je vous les conseille. Viridinia et le Chien Andalou. Les plus connus.

Il était libre dans sa peinture. Les choix de ses matériaux. Il n’était d’aucune école.

L’auteur, Franck Maubert, m’apprend que Francis Bacon pouvait intégrer la poussière trouvée dans son atelier à sa peinture pour créer des textures.

«  il a su, habité de ses démons, charger ses peintures du tragique de sa vie, de ses drames, de ses sentiments. »

il le suit dans ses virées nocturnes où l’alcool les saoule. Il aura cette chance de visiter son atelier fermé au commun des mortels. Nous, les badauds.

Cet homme élégant sentant la térébenthine et l’eau de Cologne. Dépensier sans compter. Peu matérialiste vivant dans un appartement quelque peu miteux avec une baignoire au milieu de sa cuisine.

Des dessins épinglés négligemment au-dessus de sa gazinière. Un génie qui se questionne. Doutes et réflexions.

Francis Bacon est gentil, cordial. Il prépare le thé. Et dans cette conversation, il dira qu’il aime avant tout« la poésie parce que c’est ce qu’on nomme en anglais shorthand, c’est à dire concentré. Peu de moyens pour dire beaucoup. »

Et puis, sans rien demander, Francis Bacon, dans un geste généreux, ouvre la porte de son antre. Cette scène de théâtre jonchée de photos, coupures de journaux, des livres, des chiffons froissés. Ce chaos le stimule. De la couleur partout.

Ils se rencontreront à plusieurs reprises. L’auteure vivra des moments de la vie du peintre. Il écrira sur ces moments avec amour, admiration et humilité.

Qu’on aime ou que l’on déteste les œuvres de Francis Bacon, nous sommes tous assommés par la violence directe de sa peinture. Il peignait avec instinct ses tourments intérieurs, les excès de sa vie. Les chairs à vif. Les corps malmenés.

Francis Bacon nous rappelle que, bien que cela soit actée dans la définition de l’art moderne, la peinture et la littérature n’ont jamais divorcé. Peinture et littérature touchent directement le système nerveux.

Franck Maubert est dans sa cuisine. Il se prépare des œufs au bacon. Son téléphone sonne. Une voix féminine lui apprend la mort du peintre. Il ne dira que ceci avant de raccrocher «  c’est dingue, je suis en train de faire cuire des œufs au bacon. »

Avec Bacon écrit par Franck Maubert aux éditions Gallimard.

Lisez-le tout aussi humblement qu’il a été écrit. Cet auteur, malgré ses prix, nous dévoile ses émotions avec pudeur face à de grands artistes.

Vous pourrez ensuite vous lancer dans ce magnifique ouvrage paru en 2005, Gainsbourg for ever  aux éditions CALI.

« Prendre rendez-vous avec Gainsbourg, c’était rayer une journée de son agenda. »

Il connaissait l’heure du rendez-vous posé rue de Verneuil mais quand rentrerait-il chez lui ?

Laetitia CAVAGNI

auteure et poétesse

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